WHO - World Health Organization

09/25/2026 | Press release | Archived content

Allocution du Directeur général de l’OMS lors de la réunion de haut niveau sur la prévention, la préparation et la riposte en cas de pandémie – 25 septembre 2026

Monsieur le Président de l'Assemblée générale, Dr Khalilur Rahman,

Monsieur le Président de l'ECOSOC, Amar Bendjama,

Madame la Vice-Secrétaire générale, Amina Mohamed, ma sœur,

Madame Helen Clark,

Excellences, chers collègues et amis, chères collègues et amies,

Peu après mon élection au poste de Directeur général en 2017, j'ai été invité à prendre la parole lors d'une rencontre à l'Université de Columbia, ici à New York, pendant l'Assemblée générale.

Cette rencontre avait pour thème : le monde est-il prêt pour la prochaine pandémie ?

J'avais répondu non.

Un peu plus de deux ans après, la COVID-19 est arrivée et, en effet, le monde n'était pas prêt.

La pandémie de COVID-19 a été la plus grave crise sanitaire mondiale depuis un siècle. Elle a provoqué une surmortalité de plus de 20 millions de décès et a coûté plus de 10 000 milliards de dollars des États-Unis à l'économie mondiale.

Elle a mis en lumière et aggravé les failles de la sécurité sanitaire mondiale.

Pendant et après la pandémie, l'OMS a mis en place 10 initiatives pour rendre le monde plus sûr face aux futures épidémies et pandémies, dans cinq domaines clés. La plupart de ces initiatives font suite aux recommandations du groupe dirigé par la Présidente Ellen Sirleaf et l'ancienne Première Ministre Helen Clark :

pour renforcer les capacités nationales, le Fonds de lutte contre les pandémies a été créé avec la Banque mondiale et l'examen universel de l'état de santé et de préparation a été mis en place ;

pour améliorer la surveillance mondiale et l'alerte rapide, le Centre d'information de l'OMS sur les pandémies et les épidémies à ouvert à Berlin ;

pour rendre l'accès aux vaccins et aux autres outils plus équitable, le Dispositif pour accélérer l'accès aux outils de lutte contre la COVID-19 et le COVAX ont été créés ; le Réseau intérimaire de contre-mesures médicales a été mis en place ; le Programme de transfert de la technologie à ARNm a été créé en Afrique du Sud et l'Initiative pour la formation des personnels dans le domaine de la biofabrication a vu le jour en République de Corée ;

Pour favoriser le partage international d'échantillons d'agents pathogènes, le BioHub de l'OMS a été créé en Suisse.

Et pour renforcer les capacités internationales de riposte, le Corps mondial pour l'action sanitaire d'urgence a été créé.

Les États ont renforcé tous ces éléments de la sécurité sanitaire mondiale, mais aussi le cadre juridique international qui régit la prévention, la préparation et la riposte en cas de pandémie.

Il y a deux ans, ils ont adopté un ensemble d'amendements au Règlement sanitaire international, qui sont entrés en vigueur en septembre dernier.

Et ils ont adopté l'Accord de l'OMS sur les pandémies à l'Assemblée mondiale de la Santé de l'année dernière. C'est historique.

Dans un monde divisé et conflictuel, les pays ont trouvé un terrain d'entente autour d'un objectif commun. Vous avez prouvé que le multilatéralisme fonctionne toujours, et qu'il est bien vivant.

La dernière pièce du puzzle est le Système d'accès aux agents pathogènes et de partage des avantages découlant de leur utilisation, que les pays continuent de négocier.

Bien que des divergences subsistent, je suis convaincu que les pays trouveront un terrain d'entente, tout comme ils l'ont fait pour l'Accord lui-même.

Il est essentiel qu'ils y parviennent, afin que le processus de ratification puisse commencer et que l'Accord entre en vigueur dans le cadre du droit international.

Mais je tiens à vous dire clairement que l'Accord de l'OMS sur les pandémies et le RSI ne portent atteinte en aucun cas - je le répète, en aucun cas - à la souveraineté nationale.

Au contraire, ces textes ont été négociés et adoptés par des États souverains, qui ont ainsi fait acte de souveraineté,

car ils savent bien que les pandémies ne respectent pas les frontières - je pense que nous avons toutes et tous répété la même chose - et que la meilleure défense, ce n'est pas l'isolement mais la coopération.

La prévention, la préparation et la riposte en cas de pandémie ne sont pas seulement une noble aspiration, mais aussi un bien public mondial.

Dans le discours que j'ai prononcé à l'université de Columbia il y a neuf ans, j'ai utilisé pour la première fois une expression que j'ai appris à employer bien plus souvent pendant la pandémie.

J'avais dit que personne n'est en sécurité tant que tout le monde n'est pas en sécurité.

C'est l'esprit de la déclaration que vous avez devant vous aujourd'hui.

Je félicite les États Membres pour le sérieux et l'endurance dont ils ont fait preuve pendant les négociations.

Je remercie en particulier les co-facilitateurs, Son Excellence l'Ambassadeur Ngoga, du Rwanda, et Son Excellence l'Ambassadeur Hovhannisyan, d'Arménie.

Je salue également Son Excellence Annalena Baerbock, d'Allemagne, pour les efforts qu'elle a déployés en vue de faire avancer ces travaux pendant son mandat de Présidente de l'Assemblée générale.

Je sais que les négociations n'ont pas été faciles, et que les différends demeurent.

Mais vous avez convenu d'engagements importants pour des actions concrètes, mesurables et urgentes afin de combler les lacunes :

vous vous êtes engagés à renforcer les capacités locales et nationales ;

vous vous êtes engagés à investir dans des systèmes de santé résilients ;

vous vous êtes engagés à donner davantage confiance dans les systèmes et les institutions de santé publique ;

vous vous êtes engagés en faveur de la mobilisation communautaire ;

et vous vous êtes engagés en faveur de la solidarité et de l'équité d'accès aux produits, aux outils et aux ressources.

Nous saluons la déclaration politique et nous attendons avec impatience son adoption.

Excellences,

Comme l'a déclaré la Vice-Sécrétaire générale, Amina Mohamed, la flambée de maladie d'Ebola qui touche actuellement la République démocratique du Congo rappelle que les épidémies et les pandémies sont des menaces constantes, non seulement pour les communautés locales, mais aussi pour le monde entier.

Il est peu probable que la maladie d'Ebola provoque une pandémie, mais la question n'est pas de savoir s'il y aura une prochaine pandémie, mais de savoir quand elle surviendra.

Alors, aujourd'hui, je vous adresse une seule demande - une seule : terminez l'annexe PABS, dès que possible. Achevez les négociations dès que possible.

Les nouveaux retards n'auront pas uniquement une incidence sur la procédure ou le processus. Ils coûteront cher à tous les pays quand la prochaine pandémie surviendra.

Nous ne pourrons jamais dire que le monde est suffisamment prêt. La menace évolue, et nous devons en faire autant.

Mais le monde est-il mieux préparé qu'avant la pandémie de COVID-19 ? Oui et non.

Mais si vous respectez les engagements que vous prenez aujourd'hui, la réponse sera oui.

Je vous remercie.

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