UNOG - United Nations Office at Geneva

03/16/2026 | News release | Distributed by Public on 03/16/2026 13:49

Dans un Moyen-Orient en guerre, l’ONU accroît son assistance humanitaire

Alors que la guerre au Moyen-Orient entre dans sa troisième semaine, les combats se poursuivent dans toute la région et les besoins humanitaires augmentent. Le prix du pétrole se maintient au-dessus de 100 dollars le baril, tandis que les perturbations du transport maritime et les suspensions temporaires de vols affectent les déplacements et les chaînes d'approvisionnement.

Face à cette situation périlleuse, les agences des Nations Unies intensifient leur aide d'urgence.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) prévient que la guerre exerce une pression supplémentaire sur des systèmes alimentaires déjà fragiles. Les déplacements de population, la perturbation des routes commerciales et la hausse du prix du carburant font grimper le coût du transport des denrées alimentaires.

Les primes d'assurance contre les risques de guerre et les tarifs de fret ont bondi de 15 à 20 %, indique l'agence, ce qui augmente le coût de l'acheminement de l'aide humanitaire.

Le PAM intensifie ses opérations

Malgré ces difficultés, le PAM intensifie ses opérations d'urgence pour soutenir les familles vulnérables au Liban, à Gaza, en Afghanistan et dans d'autres zones touchées par la crise.

Une analyse publiée le 11 mars par le PAM révèle que les marchés libanais commencent à connaître des perturbations localisées dans les zones touchées par le conflit, mais restent globalement fonctionnels à l'échelle nationale.

Au sud du fleuve Litani, les marchés sont pour la plupart à l'arrêt : de nombreux commerces sont fermés et les livraisons sont interrompues. Parallèlement, les marchés des zones accueillant des familles déplacées - notamment à Beyrouth et au Mont-Liban - connaissent une forte hausse de la demande et une augmentation des prix.

Le PAM prévient que les prix des denrées alimentaires pourraient encore grimper dans les semaines à venir en raison de la hausse des coûts du carburant et du transport, elle-même liée à l'aggravation de la crise.

Les Casques bleus de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) ont acheminé plus de 13 tonnes de vivres et de matériel de secours pour soutenir les familles déplacées par les combats dans le sud du Liban.

© World Vision
De la fumée s'élève à Beit Mery, près de la capitale libanaise, Beyrouth, à la suite d'une frappe aérienne.

Hausse des arrivées en Syrie

Cette aide est fournie alors que l'escalade des hostilités le long de la Ligne bleue - qui sépare le Liban et Israël - continue de provoquer des déplacements massifs de population. Les autorités libanaises estiment que des centaines de milliers de personnes ont fui leurs foyers dans le sud du pays depuis début mars.

Le HCR, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés, a également signalé une forte hausse des arrivées en Syrie en provenance du Liban. Entre le 2 et le 13 mars, environ 118 500 personnes sont entrées en Syrie, la grande majorité étant des Syriens rentrant chez eux, même si certains ressortissants libanais figuraient parmi les personnes ayant franchi la frontière.

Le HCR, en collaboration avec le PAM et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), a renforcé son aide d'urgence aux points de passage frontaliers.

Des Casques bleus visés

Les Casques bleus de la FINUL continuent de signaler de nombreux tirs de roquettes et de projectiles du Liban vers Israël et d'Israël vers le Liban. D'importantes frappes aériennes sont toujours signalées en territoire libanais, causant de nouvelles victimes, des déplacements de population et des destructions.

Les Casques bleus de la FINUL signalent des concentrations de troupes israéliennes dans au moins six endroits près de la Ligne bleue, en territoire libanais. Ils signalent également des affrontements aux alentours de Khiam et d'Al Adeisse, dans le secteur Est, et ont observé des incursions terrestres de l'armée israélienne jusqu'à cinq kilomètres au nord de la Ligne bleue.

La FINUL a soutenu le transport de nombreux civils, dont des enfants, des personnes âgées et des personnes handicapées, vers des zones sûres depuis plusieurs villages libanais.

Dimanche, des Casques bleus ont essuyé des tirs à trois reprises alors qu'ils patrouillaient autour de leurs bases de Yatar, Deir ez-Kéfa et Qallawiyah. Aucun Casque bleu n'a été blessé.

FINUL
Des Casques bleus de la FINUL en patrouille dans le sud du Liban (photo d'archives).

Énergie et engrais : un choc mondial

La guerre au Moyen-Orient a engendré un choc majeur pour les systèmes mondiaux de l'énergie, des engrais et de l'agroalimentaire, selon un rapport publié par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Le rapport révèle qu'au début du mois de mars, les prix de l'urée granulée au Moyen-Orient - l'urée étant un composant clé des engrais - ont augmenté de près de 20 % par rapport aux niveaux de fin février, tandis que les prix d'autres engrais, tels que le phosphate diammonique, ont également progressé.

Étant donné que la production d'engrais azotés repose fortement sur le gaz naturel en tant que matière première, la hausse des prix de l'énergie a encore amplifié les coûts de production. On estime que les prix mondiaux des engrais pourraient être en moyenne supérieurs de 15 à 20 % au cours du premier semestre de cette année si cette crise persiste.

Parallèlement, la FAO a indiqué que la hausse des prix de l'énergie entraîne une augmentation des coûts tout au long des chaînes d'approvisionnement agricoles.

La FAO note également que ce conflit pourrait engendrer des effets économiques plus vastes, au-delà des seuls marchés des produits de base, dans la mesure où les économies du Golfe accueillent des millions de travailleurs migrants originaires d'Asie du Sud, d'Asie du Sud-Est et d'Afrique, qui envoient chaque année des milliards de dollars sous forme de transferts de fonds vers leur pays d'origine.

Si le conflit perdure, les flux de transferts de fonds pourraient diminuer considérablement, réduisant ainsi les revenus des ménages dans de nombreuses économies en développement et aggravant l'impact de la hausse des prix des produits alimentaires et de l'énergie.

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