03/04/2026 | News release | Distributed by Public on 03/04/2026 09:48
« Le recours à la force pour résoudre les différends et régler les conflits ne doit pas devenir la norme », a déclaré la Haute-Commissaire adjointe de l'ONU aux droits de l'homme, Nada Al-Nashif, devant le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, à Genève.
Ces propos interviennent alors que le conflit déclenché par l'offensive israélo-américaine contre l'Iran s'étend au Moyen-Orient au cinquième jour de cette guerre.
« A première vue, notre discussion d'aujourd'hui peut sembler quelque peu ironique (…). Malheureusement, au moment même où nous parlons, tout le Moyen-Orient est plongé dans le chaos, avec des conséquences imprévisibles qui se répercuteront bien au-delà de la région », a dit Mme Al-Nashif, rappelant les propos du Haut-Commissaire Volker Türk sur « un monde sens dessus dessous ».
Au-delà de cette région, elle a décrit une fragmentation plus large du monde. Selon le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme (HCDH), « la division est omniprésente ».
Au Soudan, les discours haineux alimentent les crimes atroces et les crimes contre l'humanité. L'invasion russe de l'Ukraine a déchiré des familles et la société. Et Gaza illustre « les résultats de décennies de déshumanisation et de violence persistante ».
Au-delà de ces exemples, elle a dressé le constat d'une dérive plus globale. Un monde teinté par « la militarisation des sociétés, l'armement des civils et le recrutement des enfants ».
Un constat qui s'impose au fil des travaux du Conseil des droits de l'homme. Le forum des droits humains a ainsi consacré beaucoup de son temps « à certaines des violations les plus flagrantes des droits humains commises dans plus de 60 conflits armés qui font rage à travers le monde ».
Dans ce contexte, Mme Al-Nashif a mis en garde contre les limites du tout-militaire. « Des solutions militarisées peuvent s'avérer nécessaires. Mais elles ont un coût humain et financier énorme », a-t-elle affirmé.
Selon une étude, le taux de résolution des conflits violents est aujourd'hui plus faible qu'il ne l'a jamais été au cours des 50 dernières années. Les guerres se soldant par une victoire décisive sont passées de 49 % dans les années 1970 à seulement 9 % dans les années 2010.
Un constat chiffré qui renforce son plaidoyer. Mais selon la cheffe adjointe des droits de l'homme de l'ONU, la militarisation et la haine n'ont jamais rendu personne plus sûr.
Devant le Conseil des droits de l'homme, Mme Al-Nashif a ainsi défendu des approches fondées sur la prévention et les droits humains, notamment l'alerte précoce, qui « permet d'agir rapidement ». Dans les régions marquées par des violences récurrentes, elle contribue à briser le cycle.
Pour le HCDH, dans des pays aussi divers que la Sierra Leone, la Colombie, la Gambie, le Costa Rica et le Timor-Leste, le fait de placer les droits humains au centre de la justice transitionnelle a aidé les sociétés à instaurer une paix durable.
Un exemple concret de cette approche réussie est celui de la Colombie, avec les accords de paix de 2016. « Notre présence de longue date et notre coopération avec la société civile nous ont permis de faciliter la participation directe des victimes », a-t-elle fait valoir, rappelant l'importance de la coopération avec la société civile, qui a permis de faciliter la participation directe des victimes aux négociations.
En conclusion, Mme Al-Nashif a appelé à une réponse plus unie face à un monde où certains États puissants affaiblissent le système multilatéral.
« Dans ce contexte, la grande majorité des nations doit faire preuve d'encore plus d'audace et s'engager à nouveau à mettre fin à la guerre en tant qu'instrument des relations internationales », a-t-elle insisté. « Les Etats doivent s'exprimer d'une seule voix, claire, en faveur de la Charte des Nations Unies, du droit international et d'une culture de la paix ».