04/14/2026 | Press release | Archived content
Après trois ans de guerre, le Soudan connaît désormais la plus grande crise humanitaire au monde, avec 34 millions de personnes qui ont besoin d'aide, 21 millions qui n'ont pas accès aux services de santé, et des attaques répétées paralysant un système médical déjà affaibli par un afflux de patients malades et dénutris.
Si la situation s'améliore dans certains États, la crise sanitaire s'aggrave dans les zones où les combats continuent. Alors que le nombre de flambées épidémiques et de cas de malnutrition augmente, la population a moins accès aux services de santé et les financements sont insuffisants.
« La guerre au Soudan dévaste des vies et prive les populations de leurs droits les plus fondamentaux, notamment la santé, l'eau, l'alimentation et la sécurité. Le système de santé a été mis hors d'usage, privant des millions de personnes de soins essentiels », a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l'OMS. « Les médecins et les professionnels de santé peuvent sauver des vies, mais ils doivent pour cela disposer de lieux de travail sûrs et des médicaments et fournitures nécessaires. En fin de compte, le meilleur remède est la paix ».
Selon les estimations, plus de 4 millions de personnes seraient en situation de malnutrition aiguë en 2026 (Alerte IPC, 5 février 2026), ce qui les rend vulnérables aux complications médicales et aux maladies.
Les flambées épidémiques sont nombreuses : le paludisme, la dengue, la rougeole, la poliomyélite (PVDCc2), l'hépatite E, la méningite et la diphtérie ont été signalés par plusieurs États, parmi lesquels Al Jazirah, Darfour, Guedaref, Khartoum, Kordofan, Nil et Nil Blanc.
Dans les 18 États du Soudan, 37 % des établissements de santé ne sont toujours pas opérationnels. Les établissements de santé, les ambulances, les patientes et patients et les personnels de santé subissent régulièrement des attaques, ce qui réduit encore l'accès aux soins de santé, en particulier dans les zones touchées par les conflits où les hôpitaux sont partiellement opérationnels ou sont fermés suite à la destruction des installations et équipements.
L'OMS a confirmé 217 attaques contre les services de santé depuis le 15 avril 2023, faisant 2 052 morts et 810 blessés.
Dans les régions du Grand Darfour et du Kordofan, les combats ont forcé les populations à quitter leur domicile et ont considérablement restreint l'acheminement des fournitures humanitaires. On citera par exemple la récente attaque contre l'hôpital universitaire El Daein au Darfour oriental, qui a encore aggravé la crise, tuant 64 personnes, dont des enfants et des agents de santé, et mettant l'hôpital hors d'état de fonctionner. Il s'agissait d'un hôpital de recours essentiel pour des centaines de milliers de personnes dans tout le Darfour oriental.
« Trois années de conflit ont fait du Soudan la plus grande crise sanitaire en cours dans le monde, avec une propagation des maladies, une augmentation de la malnutrition et un déclin rapide de l'accès aux soins de santé », a déclaré la Directrice régionale de l'OMS pour la Méditerranée orientale, la Dre Hanan Balkhy. « Avec des millions de personnes privées de soins médicaux de base, confrontées à la faim et au risque de maladie, la crise sanitaire du Soudan ne cesse de s'aggraver, soulignant la nécessite d'apporter d'urgence une aide humanitaire et des solutions à long terme. Nous réaffirmons notre engagement envers le peuple soudanais.
Avec la suspension des services, les patients ayant un besoin urgent de soins sont contraints d'entreprendre de longs et dangereux périples pour atteindre les établissements de santé opérationnels les plus proches. Les attaques répétées visant les services de santé dans les Kordofans ont également détruit des établissements de santé, blessant et tuant des patients, y compris des enfants.
« L'OMS est sur le terrain depuis le début du conflit et se charge de l'approvisionnement en fournitures, de la surveillance des maladies ainsi que de la formation et la coordination », a déclaré le Dr Shible Sahbani, représentant de l'OMS au Soudan. « À mesure que l'accès à certaines zones s'ouvre, nous intensifions les efforts pour aider au relèvement et au redressement rapides du système de santé parallèlement à l'action humanitaire ».
L'OMS soutient la chaîne d'approvisionnement pour les médicaments essentiels et les fournitures et équipements médicaux, renforce les personnels de santé et a contribué au rétablissement des principaux services de santé publique, y compris les laboratoires de référence publics et nationaux. Depuis avril 2023, l'OMS a livré plus de 3 300 tonnes de médicaments et de fournitures médicales, notamment pour le choléra, le paludisme, la nutrition et les soins de traumatologie.
Les services soutenus par l'OMS ont contribué à fournir des soins de santé essentiels à plus de 4,1 millions de personnes par l'intermédiaire de centres de soins primaires, de dispensaires mobiles et d'hôpitaux. L'OMS a également financé le traitement de plus de 118 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère avec complications, ainsi que des campagnes de vaccination, atteignant plus de 46 millions d'enfants et d'adultes avec des vaccins contre le choléra, la poliomyélite, la diphtérie, la rougeole et la rubéole. Des vaccins antipaludiques ont également été mis en place ; le Soudan est le premier pays de la région à inclure ce type de vaccin dans le programme de vaccination systématique.
L'OMS a travaillé en étroite collaboration avec les Ministères de la santé au niveau fédéral et au niveau des États et leurs partenaires pour contenir deux épidémies de choléra. La plus récente a été déclarée terminée en mars 2026, à l'issue d'une riposte soutenue qui a duré plus d'un an, incluant des campagnes de vaccination orale contre le choléra qui ont atteint 24,5 millions de personnes.
L'OMS salue le soutien financier des donateurs et des partenaires de développement, dont la générosité a permis la livraison de fournitures et d'équipements médicaux ainsi que la fourniture d'un soutien opérationnel et d'une assistance technique.
L'OMS réaffirme son engagement en faveur de la santé de toutes et de tous, partout au Soudan. Pour ce faire, l'OMS appelle à un accès sûr et sans restriction à toutes les régions du Soudan, à la protection des soins de santé, ainsi qu'à un financement de l'action humanitaire durable et à long terme.
La paix est attendue depuis longtemps au Soudan. Sans la paix, on ne peut atteindre la santé.
Note aux rédactions :
Des modifications rédactionnelles ont été apportées à ce communiqué de presse le 15 avril 2026. Le contenu du communiqué, y compris les chiffres, n'a pas changé.