07/07/2026 | News release | Distributed by Public on 07/07/2026 13:44
Le cinquième Sommet des chefs de police des Nations Unies (UNCOPS 2026) rassemble des ministres, des directeurs de police et de gendarmerie ainsi que de hauts responsables internationaux afin d'examiner la manière dont les forces de police nationales et la Police des Nations Unies (UNPOL) peuvent mieux répondre ensemble aux défis sécuritaires actuels et émergents.
« La sécurité fait partie intégrante de la paix », a déclaré lundi le Conseiller de la Police des Nations Unies, Faisal Shahkar, lors d'un point de presse au siège des Nations Unies, à la veille de l'ouverture du sommet.
Selon lui, pour les populations vivant dans des pays touchés par les conflits, la paix ne signifie pas seulement le silence des armes, mais aussi la possibilité de rentrer chez soi, d'envoyer ses enfants à l'école, de signaler des violences, d'avoir accès à la justice et de faire confiance aux institutions chargées de les protéger.
Les quelque 4.500 policiers de l'ONU, issus de 77 pays, sont actuellement déployés dans les opérations de paix pour protéger les civils, renforcer l'Etat de droit et accompagner les autorités nationales dans le développement de services de police professionnels et responsables. Ces policiers sont déployés en République démocratique du Congo (MONUSCO), en République centrafricaine (MINUSCA), à Chypre (UNFICYP), au Kosovo (MINUK), au Soudan du Sud (MINUSS), au Sahara occidental (MINURSO) et à Abyei (FISNUA).
Pour le Secrétaire général adjoint aux opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, le sommet doit permettre de mieux préparer ces forces à un environnement sécuritaire en constante évolution.
« Les défis d'aujourd'hui dépassent de plus en plus les frontières et exigent des réponses collectives », a-t-il souligné lors du point de presse conjoint avec M. Shakar.
Les discussions porteront notamment sur l'avenir des opérations de paix, l'utilisation des nouvelles technologies dans les activités de police et le renforcement de la coopération internationale face à des menaces telles que la criminalité organisée, la cybercriminalité ou les violences sexuelles et fondées sur le genre.
Les responsables onusiens ont rappelé que les policiers de l'ONU jouent déjà un rôle déterminant dans plusieurs missions.
En République démocratique du Congo, ils participent à la protection des civils grâce à des patrouilles conjointes et soutiennent la police nationale dans les zones les plus exposées.
En République centrafricaine, ils ont accompagné les autorités dans la préparation d'élections sûres et sécurisées.
À Abyei, territoire disputé entre le Soudan et le Soudan du Sud, la police de proximité, la médiation et le dialogue ont contribué à réduire les tensions communautaires et à favoriser la participation des femmes aux dispositifs locaux de sécurité.
Les responsables de l'ONU ont toutefois averti que ces résultats sont fragilisés par les difficultés financières que traverse l'Organisation.
Jean-Pierre Lacroix a rappelé que les opérations de paix ont dû fonctionner ces derniers mois avec des ressources réduites en raison des problèmes de liquidités de l'ONU.
Ces restrictions ont eu des conséquences concrètes : diminution des patrouilles dans les zones à haut risque, délais d'intervention plus longs lors des crises et réduction des formations destinées aux forces de police nationales appelées à prendre progressivement le relais.
S'il s'est félicité de l'adoption récente du budget des opérations de paix, le chef des opérations de paix a insisté sur la nécessité pour les États membres de verser rapidement leurs contributions obligatoires afin de permettre aux missions de remplir pleinement leur mandat.
Au-delà des questions budgétaires, l'ONU espère que le sommet marquera le début d'une vaste consultation avec les États membres, les organisations régionales, les centres de recherche et les universités afin d'élaborer une nouvelle vision stratégique pour la Police des Nations Unies, appelée à évoluer dans un contexte où les besoins augmentent alors que les ressources se raréfient.