04/30/2026 | Press release | Archived content
Brazzaville, 30 avril 2026 - Et si un nouveau tournant venait enfin changer le cours de la lutte contre le paludisme au Congo ? Face à une maladie qui continue de tuer et d'affaiblir des milliers de familles chaque année, les autorités sanitaires et leurs partenaires ont engagé, ce 30 avril à Brazzaville, une étape décisive : poser les bases de l'introduction du vaccin contre le paludisme dans le Programme élargi de vaccination (PEV).
Réunis au Bureau pays de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS)en République du Congo, membres du Comité scientifique national, experts et partenaires ont examiné les conditions techniques, opérationnelles et stratégiques pour intégrer ce nouvel outil dans la riposte nationale. L'enjeu est de taille. En 2025, le Congo a enregistré près de 1,4 million de cas de paludisme et 2 250 décès, avec une incidence encore élevée. À l'échelle mondiale, plus de 569 000 personnes sont décédées du paludisme en 2023, dont 95 % en Afrique.
Dans son intervention, le Dr Mbemba Guy Michel, Conseiller en charge de la santé de la reproduction, a au nom du Représentant de l'OMS au Congo, souligné l'importance de cette réflexion scientifique. « Les vaccins antipaludiques recommandés par l'OMS ont démontré leur sécurité et une efficacité significative. Ils ne remplacent pas les interventions existantes, mais constituent un outil additionnel puissant pour réduire les formes graves et la mortalité », a-t-il indiqué, saluant l'engagement des experts mobilisés.
Deux vaccins sont aujourd'hui au cœur des discussions : RTS,S/AS01 et R21/Matrix-M. Ciblant le parasite « Plasmodium falciparum », responsable des formes les plus sévères, ils sont déjà introduits dans plusieurs pays africains. Leur déploiement vient compléter les stratégies éprouvées, telles que l'utilisation des moustiquaires imprégnées, le diagnostic rapide, le traitement efficace et la lutte antivectorielle.
Représentant le Ministre de la Santé et de la Population, le Dr François Libama, Conseiller et Coordonnateur de l'Unité de coordination des projets, a insisté sur l'urgence d'agir. « À 54 mois de l'échéance de 2030, notre pays doit accélérer la mise en œuvre de toutes les interventions à fort impact pour réduire significativement la charge du paludisme et tendre vers l'objectif de zéro décès », a-t-il déclaré.
Il a également rappelé les orientations nationales visant à renforcer la prévention, notamment à travers la sensibilisation des populations à la destruction des gîtes larvaires, véritables foyers de reproduction des moustiques. L'introduction du vaccin s'inscrit ainsi dans une approche intégrée, combinant prévention, traitement et innovation.
Les travaux de cette session ont permis d'identifier les prérequis pour une intégration réussie du vaccin, notamment l'adaptation au contexte épidémiologique national, le renforcement des capacités du système de santé et la mobilisation des ressources nécessaires. L'objectif est d'aboutir à une feuille de route claire et consensuelle pour guider les prochaines étapes.
L'OMS a réaffirmé son engagement à accompagner le Congo tout au long de ce processus, en mettant à disposition son expertise technique et son appui stratégique. La participation d'experts du Bureau régional de l'OMS pour l'Afrique ainsi que de pays voisins, tels que le Gabon et la République démocratique du Congo, a enrichi les échanges par des retours d'expérience concrets.
Au-delà des discussions techniques, cette rencontre marque une volonté collective d'intensifier la lutte contre le paludisme et de mieux protéger les populations les plus vulnérables, notamment les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes.
L'introduction du vaccin contre le paludisme représente ainsi une opportunité historique pour le Congo : celle d'accélérer les progrès, de sauver des vies et de rapprocher le pays de l'objectif d'un avenir sans paludisme.