09/08/2026 | Press release | Distributed by Public on 09/08/2026 10:35
La Présidente de l'Assemblée générale, Mme Annabelle Baerbock, a fait part ce matin de « sentiments contrastés » alors que s'achève, ce matin, la quatre-vingtième session et que s'ouvre dans la foulée la quatre-vingt-unième session que dirigera M. Khalilur Rahman. Avec la franchise qui la caractérise -« je n'aime pas la langue de bois »- elle n'a pas fait mystère de la force des « vents contraires » qu'elle a dû affronter, lesquels, de son propre aveu, pourraient encore gagner en vigueur. M. Rahman a prêté serment ce matin avant de s'exprimer l'après-midi.
La Présidente sortante s'est dite fière du travail accompli et plus convaincue que jamais de la nécessité de « nos Nations Unies ». « Imaginez un seul instant un monde sans ONU. » Malgré les défauts de l'ONU, pas un seul pays serait mieux loti sans elle. Elle a regretté que les exemples d'action positive reçoivent six fois moins de clics que les contenus haineux. « La guerre qui n'a pas eu lieu grâce aux efforts de consolidation de la paix de l'ONU ne fera jamais la une des journaux, ni la famine évitée grâce l'action du Programme alimentaire mondial. »
Mme Baerbock a dit sa fierté de s'être opposée, dès le début de son mandat, aux « cyniques », au manque de consensus et à la montée d'un monde où la force l'emporte et ce, afin que l'ONU ne soit pas paralysée. Elle a évoqué « l'éléphant dans la pièce », à savoir la question du consensus et s'il fallait permettre l'introduction d'un veto de facto au sein de l'Assemblée. « Après les leçons douloureuses mais utiles de l'automne, la vaste majorité des membres a donné une réponse claire afin que le compromis ne devienne pas une compromission. »
Si la recherche du consensus doit rester notre ambition, elle ne doit, en effet, pas se faire au détriment du progrès ou des principes de la Charte, a averti la Présidente. Lors de cette session, qui a vu l'adoption de 317 résolutions, un petit nombre seulement de processus intergouvernementaux s'est conclu par consensus, a-t-elle relevé. « Mais cela ne veut pas dire que l'Assemblée a été aussi polarisée ou fragmentée que certains le prédisaient. »
Bien au contraire, nombre de votes, avec moins d'une poignée, voire une seule voix, contre, ont montré que les jeux de pouvoir et les attaques directes contre « notre chère institution » ont eu pour effet de réunir une vaste majorité des membres de cette Assemblée, s'est-elle félicitée.
Pour Mme Baerbock, cette quatre-vingtième session a également montré clairement que, sans de profondes réformes, cette Organisation « ne pourra pas perdurer. »
Si nous ne parvenons pas à libérer l'Organisation du chevauchement des structures et des mandats, ainsi que d'une lourde mentalité bureaucratique, elle finira par s'éroder avec le temps, a-t-elle mis en garde, avant de saluer l'Initiative ONU80 et de passer en revue les différentes initiatives prises durant sa présidence pour « abandonner ce qui ne nous est plus utile et opérer les changements, difficiles mais nécessaires, pour mieux servir les populations ».
De même, elle a salué la capacité de réaction de l'Assemblée, qui a agi lorsque le Conseil en était incapable avec la tenue de deux débats sur l'exercice du veto relatif à Gaza et au Moyen-Orient et la convocation de réunions d'urgence sur l'Ukraine.
S'agissant de la sélection du ou de la prochain(e) Secrétaire général(e), elle a indiqué avoir veillé à la transparence de ce processus, tout en reconnaissant les divergences qui existent avec le Conseil de sécurité. Le rôle de l'Assemblée est de ne jamais perdre de vue qui ce processus doit servir, a-t-elle dit, en rappelant l'expression « Nous, peuples des Nations Unies » de la Charte. « La personne choisie devra être la gardienne de ses principes », a-t-elle souligné, en estimant qu'il s'agira là d'un véritable test pour la crédibilité de l'ONU.
La Présidente sortante a par ailleurs invité ceux qui viendraient à prétendre « une fois de plus », lors de la prochaine session, que les droits humains ou les droits des femmes relèvent du « wokisme », ou de la nouveauté, à parcourir les images d'archives en noir et blanc.
« Ces images soulignent que les droits humains, le droit au développement et, bien entendu les femmes -ces trois piliers interdépendants- étaient présents dès la première seconde », a-t-elle affirmé.
En début de séance, le Secrétaire général, M. António Guterres, a rendu un vibrant hommage au leadership de Mme Annalena Baerbock. « Elle a été une formidable championne de notre document fondateur, la Charte de l'ONU. » En ce quatre-vingtième anniversaire de notre Organisation, elle a profité de chaque occasion pour rappeler aux États Membres qu'ils ne peuvent choisir les aspects de la Charte qui les arrangent, a-t-il déclaré.
M. Guterres a estimé que le leadership de Mme Baerbock a rendu l'ONU plus efficace, responsable et redevable. Alors que nous clôturons cette session et nous préparons à ouvrir la suivante, restons fidèles à l'esprit de collaboration et à l'idéal commun qui animent l'Organisation depuis le début, a-t-il dit. « Et ne doutons jamais de ce que nous pouvons accomplir lorsque nous sommes unis. »
Une minute de silence consacrée à la prière ou à la méditation a ensuite été observée, avant que le Président élu de la quatre-vingt-unième session ne prête serment et se voit remettre le marteau de l'Assemblée.