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02/27/2026 | Press release | Distributed by Public on 02/27/2026 16:09

Le Secrétaire général dénonce la déshumanisation des migrants et réfugiés dans le débat public et appelle à accélérer la marche vers des migrations sûres, ordonnées et régulières

On trouvera, ci-après, le discours du Secrétaire général de l'ONU, M. António Guterres, prononcé devant l'Assemblée générale concernant le rapport sur le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, à New York, aujourd'hui:

La mobilité humaine façonne profondément notre monde.

Or, plutôt que de donner lieu à une coopération, la mobilité suscite bien trop souvent à travers le monde des réactions motivées par la peur, la division et un opportunisme abject.

Sur tous les continents, les migrants sont instrumentalisés à des fins politiques, ce qui emporte son lot de conséquences humaines dévastatrices.

Ils sont déshumanisés dans le débat public.

Et on leur refuse les droits et la dignité qui reviennent à chaque être humain, malgré l'énorme contribution qu'ils apportent aux économies et aux sociétés.

Les filières sûres et régulières deviennent de plus en plus restrictives, d'autant plus pour les familles et les travailleurs à faibles revenus qui se heurtent aux obstacles les plus infranchissables.

Si les filières sont bloquées, les migrants ne disparaissent pas pour autant.

Ils sont précipités vers le danger et l'exploitation, et mettent leur sort entre les mains des passeurs.

Cela me brise le cœur de voir des migrants exposés à la maltraitance, à la violence et à la mort le long d'itinéraires à risques.

Il est moralement scandaleux que des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants meurent ou disparaissent chaque année faute de filières de substitution sûres.

Les migrants ne sont pas des criminels. Ce sont des victimes.

Les véritables criminels sont ceux qui exploitent la vulnérabilité humaine.

Les véritables criminels sont les réseaux impitoyables de trafic et de traite.

Ils profitent du désespoir, exploitent l'absence d'autres filières sûres et prospèrent lorsque la coopération échoue.

Ils doivent être recherchés et traduits en justice.

Le rapport dont vous êtes saisis aujourd'hui met à nu une vérité:

La migration n'est pas une crise.

C'est notre incapacité à gérer ce phénomène ensemble qui génère une crise.

Le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières part du principe qu'aucun pays ne peut gérer les migrations à lui seul.

Ni les pays d'origine, ni les pays de transit, ni les pays de destination.

Et encore moins dans un monde aux prises avec l'accélération des effets des changements climatiques, les changements démographiques et les transformations économiques.

Depuis l'adoption du Pacte mondial sur les migrations, de nombreux États Membres ont pris des mesures qui vont dans le bon sens:

En élargissant les filières régulières. En renforçant les initiatives en faveur de la mobilité de la main-d'œuvre. En améliorant les opérations de recherche et de sauvetage. En affinant les systèmes de données. Et en favorisant un retour et une réintégration plus sûrs.

Les municipalités et les autorités locales montrent la voie et sont un exemple de courage, souvent en première ligne et avec des moyens limités.

Les organisations de travailleurs, les communautés de la diaspora et la société civile apportent idées, expertise et solutions.

De son côté, le système des Nations Unies se mobilise, par l'intermédiaire du Réseau des Nations Unies sur les migrations, pour fournir un appui coordonné.

Pourtant, les progrès sont inégaux à l'échelle du globe, et bien en deçà de ce qu'exigent les réalités d'aujourd'hui.

En effet, celles-ci exigent une gouvernance des migrations fondée sur les droits, qui tienne compte des questions de genre et des intérêts de l'enfant.

Elles exigent en outre une gouvernance des migrations qui respecte la souveraineté des États et privilégie la dignité humaine, que ce soit sur le marché de l'emploi ou encore dans les systèmes de santé, l'éducation, la protection sociale et les secours en cas de catastrophe.

Pour que nos actions portent leurs fruits, nous devons agir sur deux fronts.

Premièrement, il nous faut élargir et simplifier les filières migratoires régulières.

Et deuxièmement, veiller à ce que la coopération au service du développement se traduise par des investissements concrets dans l'éducation, les compétences et la création d'emplois décents dans les pays d'origine.

Le temps est venu de passer de la réflexion à l'action et d'accélérer la marche vers des migrations sûres, ordonnées et régulières.

En approfondissant la coopération pour sauver des vies et consolider les communautés.

En démantelant les réseaux de trafic et de traite, et en faisant du recrutement équitable et éthique la norme, grâce à la suppression des frais de recrutement et à la protection des employés domestiques et des auxiliaires de vie, qui sont pour la plupart des femmes.

En développant des solutions fondées sur les droits pour tous et toutes et en abolissant la détention des enfants migrants.

En reliant action climatique et mobilité humaine en vue de protéger les personnes les plus vulnérables.

En faisant un usage éthique et responsable de la technologie.

En validant les qualifications des personnes migrantes, en alignant leurs compétences sur les besoins du marché du travail et en réduisant les frais d'envoi de fonds, afin de faire régner la prospérité tant dans les pays d'origine que de destination.

En opposant aux discours toxiques l'évidence des faits, la vérité et l'humanité.

Enfin, en misant sur la cohésion sociale, qui revient à accepter pleinement la diversité pour ce qu'elle est: une richesse et non une menace.

Le prochain Forum d'examen des migrations internationales doit permettre au monde d'aller plus loin, vers une action décisive et mesurable - pour toutes les routes migratoires et dans toutes les régions.

Une gouvernance des migrations fondée sur l'humanité et la coopération n'est pas seulement possible - elle est indispensable à un monde stable, pacifique et prospère.

Les migrations font partie - depuis toujours - de l'histoire humaine: une histoire de courage, de résilience et de bénéfices mutuels.

Notre tâche est de veiller à ce qu'elle ne se transforme jamais en une histoire de mort et de désespoir.

Faisons le choix de la coopération contre le chaos, et de la dignité contre la discrimination.

Faisons du Pacte mondial une réalité - dans chaque région, sur chaque route, pour chaque migrant.

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