02/12/2026 | Press release | Distributed by Public on 02/12/2026 22:55
Un nouveau rapport du Forum sur l'information et la démocratie alerte sur un danger majeur : la désinformation climatique et environnementale. Reporters sans frontières (RSF) salue ce rapport, qui, dans ses recommandations, réaffirme avec force l'urgence de protéger les journalistes environnementaux et de soutenir un journalisme indépendant et de qualité, condition indispensable d'une action climatique efficace.
Intitulé Dix priorités pour lutter contre la désinformation climatique,ce rapport est l'aboutissement d'un an de travaux menés dans le cadre de l'Axe de travail sur l'intégrité de l'information relative au climat et à l'environnement, coprésidé par les gouvernements du Brésil et de l'Arménie. Il propose une feuille de route concrète à destination des États pour faire face à la manipulation de l'information sur le climat.
RSF, qui a initié le Forum sur l'information et la démocratieen 2019, afin de mettre en place des garanties démocratiques dans l'espace numérique a contribué à ce dernier rapport, pour documenter les exactions commises contre les journalistes environnementaux à travers le monde.
Le rapport souligne que les écosystèmes informationnels mondiaux sont aujourd'hui marqués par une combinaison toxique de désinformation climatique, de pressions économiques et de répression croissante des journalistes, notamment celles et ceux qui enquêtent sur les atteintes à l'environnement, les industries extractives ou l'écoblanchiment (greenwashing).
Pour RSF, ce constat fait écho à une réalité documentée depuis plusieurs années : les journalistes environnementaux figurent parmi les plus exposésaux menaces, aux procédures-bâillons, aux violences et au harcèlement, physiques et en ligne. Dans de nombreuses régions du monde, enquêter sur le climat et les ressources naturelles revient à risquer des représailles de puissants intérêts politiques et économiques.
"RSF se félicite que le rapport identifie explicitement la protection des journalistes et des défenseurs de l'environnement comme un pilier central de la lutte contre la désinformation climatique. Il souligne que sans médias libres, pluralistes et économiquement viables, aucune gouvernance climatique crédible ne peut voir le jour. En tant que directeur général de RSF et président du Forum sur l'information et la démocratie, j'appelle les décideurs publics du monde entier à se saisir de ces solutions et à les mettre en œuvre dans les meilleurs délais. L'urgence démocratique rejoint ici l'urgence écologique."
Le rapport appelle notamment à :
Mené avec près de 100 experts issus de 30 pays, le travail du Forum sur l'information et la démocratie s'inscrit dans une dynamique internationale plus large, notamment à la suite de la Déclaration sur l'intégrité de l'information sur les changements climatiques, impulsée avec RSF lors de la COP30 au Brésil et signée par une vingtaine de pays.
2026 : des échéances clés pour la protection du journalisme environnemental
À l'approche de la COP17 sur la biodiversité - qui se tiendra en Arménie en octobre 2026 - et de la COP31 sur le climat - qui se tiendra en Turquie en novembre 2026 -, RSF appelle tous les États à traduire sans délai ces engagements en politiques publiques concrètes, notamment avec des mécanismes de protection des journalistes, un soutien accru aux médias indépendants et une régulation ambitieuse des plateformes numériques.
Ces dernières années, RSF a dénoncé de nombreuses exactions visant les journalistes environnementaux, soulignant que celles et ceux qui enquêtent sur des sujets écologiques sont régulièrement menacés, agressés ou empêchés de travailler, voire tués, dans des pays comme le Ghana, le Burundi, l'Inde, le Cambodgeou encore le Brésil(notamment en Amazonie). Des cas qui révèlent l'ampleur des violences et des intimidations qui pèsent sur cette profession à travers le monde.