Prime Minister of the French Republic

03/27/2026 | Press release | Distributed by Public on 03/28/2026 18:10

Réunion sur les finances publiques

Le Premier ministre a salué le travail accompli par le Gouvernement pour assurer un déficit public moins élevé qu'attendu, dû à la stabilité gouvernementale.


Il a également rappelé que la trajectoire budgétaire devait être maintenue « pour tenir compte du contexte géopolitique et donc de ses impacts macroéconomiques ».

Garder la prudence et la solidité de ces prévisions me semble absolument clé (...). La stabilité politique crée mécaniquement des recettes (...). Et ce soir, les ministres seront amenés à prendre la parole sur des mesures d'accompagnement de filières.

Sébastien Lecornu

  • Bercy, le 27 mars 2026

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Source : Service d'information du Gouvernement

Propos introductifs de Sébastien Lecornu, Premier ministre, en réunion à Bercy sur les finances publiques.

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Sébastien LECORNU

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs les directeurs,

Merci de vous être rendus disponibles pour cette réunion, à vrai dire qui était prévue de longue date, mais qui se conjugue avec effectivement la sortie de l'INSEE ce matin sur le solde du déficit public pour l'année dernière. On va y revenir dans un instant. C'est un des éléments de contexte, évidemment, de cette réunion. Et je remercie Fabrice LENGLART, le directeur général de l'INSEE et les équipes pour le travail important qui a été accompli ces derniers jours pour finaliser, évidemment, la cible.

Cette réunion, on l'a déclenchée initialement, évidemment, pour tenir compte du contexte géopolitique et donc de ses impacts macroéconomiques. On va dire que ce qui se passe au Moyen-Orient, évidemment, est plus préoccupant, je n'y reviens pas, je me suis exprimé à de nombreuses reprises cette semaine à l'Assemblée nationale et au Sénat.

Enfin, surtout, on a des crises qui se succèdent, mais qui se cumulent en même temps, puisque tout ça, évidemment, n'écarte pas notre drame ukrainien. Tout cela n'écrase pas non plus le débat sur les droits de douane, autre sujet que nous avons à connaître et eu à connaître, évidemment, tout au long de l'année 2025. Et donc, évidemment, les éléments de contexte pèsent largement sur les perspectives de finances publiques. Et à cela évidemment le défaut de majorité à l'Assemblée nationale crée quelques contraintes supplémentaires. Juste peut-être pour réagir sur 2025, et ayant eu, avec les ministres successifs, l'honneur de diriger, de piloter cette affaire, en tout cas pour la fin de l'année, septembre à décembre, et à travers ce chiffre, je veux aussi avoir une pensée pour François BAYROU et pour l'ensemble des ministres qui nous ont précédés.

Au fond, comment on arrive à ce résultat-là et quels en sont les ingrédients ? De manière un peu principielle, je pense que c'est évidemment intéressant. On a connu le « quoi qu'il en coûte ». Je crois qu'on peut dire que la maîtrise des finances publiques en transparence doit se faire quoi qu'il arrive désormais. Et le « quoi qu'il arrive », il a énormément de valeur parce que l'année dernière a déjà été marquée par des bosses de choc.

Je parlais des droits de douane. Rappelez-vous l'impact que ça a eu de manière considérable. Et au fond, le dialogue au sein des ministères, entre les ministères, et je vais y revenir, avec la sécurité sociale et le monde des collectivités locales, ce pilotage en transparence, il est absolument clé. Et ça, j'ai bien vu, moi, sur les relevés mensuels septembre, octobre, novembre, décembre, pour ce que j'ai eu à connaître, que cette transparence-là, elle est absolument clé.

Donc, moi, je vous propose évidemment qu'on ne change pas de méthode. On le fait déjà depuis le mois de janvier, mais c'est absolument évident. La deuxième des choses, et ça, je vous en remercie, Monsieur le ministre de l'Économie et des Finances, avec vos équipes, et les équipes, évidemment, du ministre du Budget, c'est que les prévisions initiales sont prudentes, initialement prudentes. Ça ne veut pas dire qu'elles sont dures, ça ne veut pas dire qu'elles sont frugales, ça ne veut pas dire qu'elles sont fausses, ça veut dire qu'on fait tout pour qu'elles soient vraies et qu'elles soient justes. Et comme il n'y a pas beaucoup de bonnes nouvelles extérieures, je pense que ces bases prudentes sont absolument indispensables. Et au risque d'avoir une bonne surprise comme ce matin, enfin ce sont des bonnes surprises qu'il faut relativiser quand on est encore à 5,1 % de déficit, aucune raison de se satisfaire ou de s'auto-congratuler.

En tout cas, si ce matin l'INSEE nous avait dit que le déficit n'était pas à 5,4 mais à 5,5 ou 5,6, je ne doute pas des réactions sur les marchés financiers, sur également aussi les chaînes info ou, en tout cas, dans le monde politique. Garder la prudence et la solidité de ces prévisions me semble absolument clé.

Et le troisième point, je le dis sans en abuser mais il faut quand même le souligner, la stabilité politique crée mécaniquement des recettes, voilà. Je crois que quand on regarde bien la manière dont le chiffre se construit sur l'ensemble de l'année 2025, on l'a bien vu également sur les spreads avec les différents moments dans lesquels les motions de censure ont pu être déposées et autres, à un moment donné, et d'ailleurs on l'a ressenti nous-mêmes dans la vie du pays, le fait que le bateau repartait et que ça refonctionnait, a recréé des perspectives qui nous permettaient évidemment d'avoir des recettes qui rentrent. Donc ça, c'est clé. Donc, je pense que le trio maîtrise les dépenses en transparence quoi qu'il arrive, quelles que soient les crises internes ou externes et à cela une sincérité dans les prévisions initiales et, évidemment, la question de la stabilité, nous amène à mon avis à pouvoir expliquer ce pourquoi ce matin c'est 5,1 % de déficit et pas 5,4 %.

Maintenant, évidemment, j'ai souhaité cette réunion. Merci de m'accueillir à Bercy. C'est un moyen de soutenir aussi les équipes, parce que moi je n'aime pas beaucoup le Bercy-bashing qu'on peut entendre ici ou là, parce qu'à la fin des fins, il y a des parlementaires qui votent ou pas des lois de finances ou des lois de financement pour la sécu. Il y a des ministres qui endossent, donc la fonction publique, par définition, fait son travail. Peut-être qu'il faut le rappeler dans des moments où certains veulent remettre en cause, et vous l'avez rappelé ce matin, Monsieur le ministre, la probité, la qualité même de ceux qui rendent le service public dans les collectivités territoriales. Et donc je voulais le dire quand même au passage.

Pour 2025-2026, la transition de 2025 vers 2026, cette réunion va nous permettre de documenter un peu l'impact macroéconomique éventuel, enfin, éventuel, l'impact macroéconomique de ce qui se passe au Proche et au Moyen-Orient, et éventuellement, en fonction des scénarios, l'intensité soutenue, plus soutenue, ou de durabilité, évidemment, de cette crise. Et ce sera intéressant, évidemment, de le confronter avec ce que font nos services de renseignement par ailleurs.

2) de faire un point sur le premier trimestre, car nous sommes à la fin du premier trimestre, et donc déjà commencer un tout petit peu à se donner des points de visibilité. Et moi j'aimerais bien qu'on affine évidemment le pilotage sécu. Je pense que la ministre de la Santé et le ministre des Solidarités sont ici. On a déjà tenu une réunion il y a de ça quelques jours. Sur les arrêts maladie, on voit bien que là, on a un agrégat macro. Je ne parle pas des situations individuelles, évidemment, des Françaises et des Français qui sont touchés par la maladie. Enfin, en macro, on a une dérive très préoccupante sur le terrain budgétaire des arrêts maladie. Ça fait partie des points, si on les traite trop tard dans l'année, on ne pourra pas avoir d'action possible, utile et efficace. Donc ça, c'est évidemment des points sur lesquels je veux revenir.

Puis les collectivités locales, selon le travail de Françoise GATEL, municipales, élections sénatoriales. Il faut être clair, on a épargné clairement les collectivités locales et singulièrement les communes. C'est un choix qui a été fait. Donc, on a quand même un tendentiel qui continue d'augmenter pour les collectivités locales. Donc, ça évidemment aussi il faut se projeter, parce que ça veut donc dire au fond que c'est l'État qui fait l'essentiel des économies. Le pilotage, on l'a fait durement sur la sécu, mais dans les limites du périmètre politique que nous connaissions sur le vote du PLFSS. Les collectivités locales, en lien avec nos amis du Sénat, on a fait très attention à ce qu'elles ne soient pas sollicitées. Ce qui, du reste, pour nos affaires de crise énergétique du moment, vont permettre aussi de protéger les collectivités, n'en déplaise à ce que certains ont pu raconter ces derniers jours.

Mais enfin, ça veut donc dire aussi que l'État consent, de toute façon on ne ferait pas 5,1 ce matin si l'État ne faisait pas beaucoup d'économies. Et ça c'est aussi un des points où il faut quand même bien le dire, parce qu'il y a du gras à certains endroits, mais enfin à d'autres endroits, pour bien connaître un certain nombre de ministères, on est déjà au bout de ce qu'on peut demander. Donc ça, ça pose la question, et David AMIEL a commencé à le faire, de comment on bâtit le projet de loi de finances pour 2027, comment on pilote cette affaire en amont, et ça c'est évidemment pour moi un sujet absolument clé dans la réunion de ce matin pour se donner de la visibilité et aller chercher des voies de compromis, de discussion, en transparence évidemment avec le Parlement.

Dernier point, tout ça ne vaut pas, si en même temps on ne fait pas quelques réformes structurelles au passage. Certaines sont en préparation pour les collectivités locales, d'autres sont sorties du conseil des ministres cette semaine, liées notamment aux discussions entre partenaires sociaux. Je pense très fort à l'assurance chômage, et bravo aux ministres pour le dialogue et la fluidité avec laquelle tout ça est permis. Je rappelle juste quand même, parce qu'il faut que les choses soient dites, la suspension de la réforme des retraites s'est faite aussi pour permettre un dialogue social qui était complètement bloqué depuis maintenant deux ou trois années, deux ou trois années, de repartir. Bon, l'assurance chômage, en année de croisière, c'est pratiquement 900 millions d'euros d'économies. C'est du structurel, les marchés financiers le voient.

Ce ne sont pas les grands soirs que certains vont appeler de leur vœu, mais ça tombe bien, pour les grands soirs, il y a une élection présidentielle. En tout cas, nous, pour l'instant, on voit bien qu'on est capable de délivrer. La semaine prochaine, le Parlement reprend le texte auquel je crois beaucoup, sur les fraudes sociales et fiscales, dans lequel il y a des milliards d'euros potentiels à aller chercher, là aussi, en vitesse de croisière. Tout ça sont des réformes structurelles, donc il faut également être capable de les piloter, en parallèle, au fond, de la construction budgétaire pour l'année prochaine.

Ceci étant dit, les ministres s'exprimeront ce soir sur les sujets plus énergétiques. J'ai déjà vu, ici ou là, certains dire qu'il y aurait une cagnotte, etc. Non, quand on est à 5,1 % de déficit, il n'y a pas de cagnotte. Donc on a déjà eu quelques mensonges absolument ahurissants en disant que l'État s'enrichirait à la faveur d'une crise énergétique. Ce serait bien la première fois de l'histoire. Donc je dis : non. Je pense qu'on a passé notre semaine à l'expliquer. Maintenant, on va avoir les mêmes, peut-être d'ailleurs, ou pas toujours, enfin en tout cas leurs cousins, nous expliquer que parce qu'on est à 5,1 % de déficit, il y a des marges de manœuvre. Bon, tout ça est complètement stupéfiant. Enfin, on a plutôt l'habitude d'avoir affaire à un débat politique qui est un peu stupéfiant. Ce qui d'ailleurs peut expliquer aussi ce pourquoi les finances publiques en sont là, parce que celles et ceux qui parfois nous ont fait la leçon sur le déficit à l'automne dernier sont les premiers cette semaine à nous demander des chèques à l'aveugle, etc. Et parfois pas forcément dans les formations politiques auxquelles, on pourrait s'y attendre. Donc ça, moi, je veux qu'on garde justement ce pilotage quoi qu'il arrive. Et ce soir, les ministres seront amenés à prendre la parole sur des mesures d'accompagnement de filières et qui justement ont été bâties pour être en fait des plans de soutien à l'activité. Certainement pas des choses complètement irréalistes ou qui ne seraient d'ailleurs pas efficaces.

Au fond, c'est de se dire sur certaines filières : pêcheurs, agriculteurs, transporteurs, parfois dans des zones géographiques particulières, l'insularité, la Corse ou les outre-mer, au fond comment on fait pour que l'activité ne s'arrête pas ? Et je pense que c'est aussi une des leçons des travaux qui ont été faits pour 2025. C'est aussi l'activité et la croissance qui permettent quand même malgré tout de tenir. Et donc, ça va être fait ce soir sur des aides, je le dis tout de suite, qui seront donc sectorielles, qui seront ciblées et qui seront par définition mensuellement renouvelables, mais avec un pilotage très fin parce qu'au fond, cette guerre peut s'arrêter vite, comme elle peut aussi durer longtemps. Et donc, il va falloir faire preuve de créativité dans la manière d'accompagner ces différentes filières et s'y prendre un peu autrement. Voilà.

En tout cas, merci à toutes et tous par la mobilisation et le travail accompli. Je remercie la presse pour permettre de mener cette réunion. Merci infiniment.

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Prime Minister of the French Republic published this content on March 27, 2026, and is solely responsible for the information contained herein. Distributed via Public Technologies (PUBT), unedited and unaltered, on March 29, 2026 at 00:10 UTC. If you believe the information included in the content is inaccurate or outdated and requires editing or removal, please contact us at [email protected]