02/16/2026 | Press release | Distributed by Public on 02/16/2026 12:36
Aujourd'hui s'est ouverte la session du Comité spécial de la décolonisation, organe subsidiaire de l'Assemblée générale qu'on appelle aussi « Comité spécial des Vingt-Quatre » et qui incarne la raison d'être des Nations Unies, selon sa Présidente. Des résultats tangibles de ces travaux sont attendus, ont averti quelques délégations, dans le contexte géopolitique actuel tout à fait « inédit ».
Le nom complet de cet organe est « Comité spécial chargé d'étudier la situation en ce qui concerne l'application de la Déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et aux peuples coloniaux » et son mandat est d'examiner les progrès des situations des 17 territoires non autonomes inscrits à son ordre du jour.
Sa session annuelle se déroulera principalement en juin, du 15 au 26, et sera précédée du séminaire régional des Caraïbes, qui se tiendra à Managua, capitale du Nicaragua, du 25 au 27 mai 2026. Ce séminaire sera l'occasion d'accélérer le processus de décolonisation, a promis le Représentant permanent du Nicaragua, exprimant la fierté de son pays d'organiser cette rencontre 10 ans après la dernière organisée sur son sol.
Le coup d'envoi de cette session a été donné par M. Courtenay Rattray, Chef de Cabinet du Secrétaire général de l'ONU qui, d'emblée, a regretté que l'héritage du colonialisme ait laissé des blessures profondes, aujourd'hui encore enracinées dans des mécanismes d'exploitation économique prenant la forme de racisme, d'inégalités et d'exclusion persistantes.
Il a souligné les trois priorités qui doivent désormais guider les travaux de l'instance. La première consiste à instaurer un dialogue inclusif entre les territoires non autonomes, les puissances administrantes et les États Membres, en se fondant sur les aspirations et les besoins spécifiques de chacun de ces territoires qui soit mené au cas par cas.
La deuxième priorité concerne le rôle central des jeunes, qui doivent être pleinement associés aux discussions et aux décisions relatives à l'avenir de leurs territoires.
Enfin, le Chef de cabinet a insisté sur l'urgence de renforcer l'action climatique, étant donné que la majorité de ces territoires sont de petites îles particulièrement vulnérables à l'élévation du niveau de la mer, à l'érosion des zones côtières et aux événements climatiques extrêmes, lesquels causent des dégâts considérables.
S'il a reconnu des améliorations dans ces processus, il a exhorté à continuer « ensemble, à œuvrer pour faire avancer la cause de la décolonisation au bénéfice de tous ».
Les défis qui nous attendent sont bien réels, mais la clarté morale de notre mandat l'est tout autant, a abondé Mme Menissa Rambally, Représentante permanente de Sainte-Lucie reconduite à la présidence du Comité pour 2026.
Pour elle, la cause de la décolonisation n'est pas simplement une obligation institutionnelle, elle est une expression fondamentale de la raison d'être des Nations Unies. Elle incarne notre foi commune en la dignité et l'égalité. « Alors que nous entamons la seconde moitié de la quatrième Décennie internationale de l'élimination du colonialisme, nous devons redoubler d'efforts, et non les réduire »
Pays engagé en faveur de la cause de la décolonisation, l'Indonésie y a vu « un impératif, conformément aux principes de la Conférence de Bandung ». Son représentant a plaidé pour que les travaux aboutissent à « des résultats tangibles ».
Mais, a averti le Venezuela, au nom du Groupe des Amis pour la défense de la Charte des Nations Unies, « nous ne pouvons espérer de résultats différents ni de progrès en matière de décolonisation si nous persistons dans notre approche habituelle ». D'autant, ont renchéri les Fidji, que le contexte géopolitique actuel est tout à fait inédit.
De fait, a appuyé Cuba, fustigeant les nouvelles politiques coloniales découlant de la « doctrine Monroe » qui ciblent la région d'Amérique latine. La délégation a pointé, à cet égard, le Gouvernement des États-Unis qui tente d'imposer par la force et la coercition ses exigences colonialistes sur Cuba.
L'occasion pour le Groupe des Amis pour la défense de la Charte des Nations Unies de s'enquérir auprès du Comité spécial des Vingt-Quatre des progrès accomplis à ce jour et d'annoncer son intention de présenter un nouveau projet de résolution à l'examen du Comité spécial lors de sa prochaine session de fond, en juin 2026. Un texte qui sera spécifiquement consacré aux programmes de travail constructifs pour les territoires non autonomes, conformément aux mandats existants de l'Assemblée générale.
Par ailleurs, dans une lettre adressée le 10 février 2026 à la présidence du Comité spécial, le Représentant permanent de l'Équateur a informé de la décision de son gouvernement de se retirer, à compter de cette même date, de sa qualité de membre du Comité spécial. L'Équateur entend toutefois continuer à participer aux travaux du Comité en qualité d'observateur, ce dont le Comité a pris note.
Au cours de cette séance d'organisation, le Comité spécial a élu son bureau, qui est composé de trois Vice-Présidents, respectivement les Représentants permanents de Cuba, M. Ernesto Soberón Guzmán, de l'Indonésie, M. Umar Hadi et de la Sierra Leone, M. Michael Imran Kanu. M. Ibrahim Olabi, Représentant permanent de la République arabe syrienne, a été élu Rapporteur.
Le Comité spécial se réunira à nouveau le 16 mars pour examiner les orientations et les règles de procédure de son séminaire régional prévu à Managua en mai prochain.
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