04/02/2026 | Press release | Distributed by Public on 04/03/2026 18:02
L'objectif de ce déplacement était d'entrer, au cours d'une table ronde, en discussion avec des maires de communes rurales et urbaines de Gironde, permettant aux ministres de présenter en détail les dispositions des projets de loi dits « Ripost » et « Polices municipales », en réponse à l'évolution de la délinquance.
(La) délinquance (...) est en train de muter, de s'adapter avec un haut du spectre qui correspond à une criminalité organisée particulièrement professionnalisée.
Sébastien Lecornu
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AutoriserPrésentation à Bordeaux des projets de lois pour la sécurité du quotidien
Sébastien LECORNU, Premier ministre
(…) votre accueil. Permettez-moi de vous féliciter, une nouvelle fois, pour cette élection, pour cette invitation.
Je salue évidemment l'ensemble des parlementaires, la presse, les autorités civiles et militaires et judiciaires pour ce déplacement qui vient lancer pour nous une séquence importante en matière de sécurité publique.
Je l'ai dit : une mobilisation des pouvoirs publics, du législateur, de l'autorité judiciaire, des forces de l'ordre, des élus locaux très, très importantes ces dernières années sur la lutte contre les différents trafics de drogue, beaucoup de thématiques aussi liées évidemment à la lutte contre l'immigration. Mais enfin on le voit bien, on a des gros sujets de souveraineté à traiter en ce moment : énergie, sujets militaires, on ne peut pas déconnecter évidemment la vie du pays du contexte international. On a des préoccupations de la vie quotidienne qui apparaissent très, très nettement.
Nous sommes, avec les ministres, revenus sur la question du logement, de l'accès aux soins et inévitablement la campagne des élections municipales a fait ressortir la question de la sécurité.
On en discutait tout à l'heure avec le directeur général de la Police nationale, la Gendarmerie nationale, Monsieur le procureur de Bordeaux : on voit, au fond, une délinquance qui est en train de muter, de s'adapter avec un haut du spectre qui correspond à une criminalité organisée particulièrement professionnalisée. C'est l'ensemble de toute l'actualité qu'on a pu connaître avec une judiciarisation massive, avec différentes initiatives autour évidemment du narcotrafic, plus généralement les trafics de drogue, et plus une délinquance de la vie quotidienne qui, elle, évidemment, n'a jamais disparu, mais mute aussi parce qu'elle n'est pas sans lien, évidemment, avec aussi la délinquance du haut du spectre.
Et donc ici, Bordeaux est un peu aussi le témoignage, la vitrine aussi, de ce qui s'est passé ces dernières semaines avec une population locale qui s'est exprimée très fortement pour un réassort en quelque sorte de sécurité avec des initiatives qui ont été proposées par le nouveau maire en matière de lutte contre la délinquance, de prévention, mais aussi de répression de police municipale. Et c'est pour ça que nous avons choisi avec les ministres de nous rendre ici aujourd'hui pour détailler les différents textes de loi qui sont sur la table. Certains sont déjà dans la navette parlementaire - le texte pour la Police municipale. D'autres, au contraire, viennent d'être présentés au Conseil des ministres. D'autres vont venir également en matière de procédures pénales ou de politiques pénales menées par le garde des Sceaux. Et la table ronde que nous avons eue avec un panel très représentatif, je le crois, et politique et géographique des maires de Gironde nous a permis aussi d'enrichir le texte et de faire en sorte qu'on ait un travail parlementaire qui permette de faire émerger un compromis, tant avec le Sénat qu'avec l'Assemblée nationale, dans une Assemblée nationale particulière, vous le savez, et dans laquelle, évidemment, il est de bon ton de s'appuyer sur l'expérience locale. Ça facilite les différents compromis à l'échelle nationale.
Voilà de manière très introductive ce que je pouvais dire. Je ne vais pas être trop long puisque je suis déjà bien revenu sur le fond de ces différents textes pendant la table ronde. Et je vous propose, sauf si Monsieur le ministre de l'Intérieur a une motion d'ordre, de répondre à vos questions.
Jefferson DESPORT
Bonjour Monsieur le Premier ministre. Jefferson DESPORT pour Sud-Ouest. Vous avez dit lors de cette table ronde de vouloir vous mouiller pour faire avancer les textes en attendant ce qui arrive, notamment la sécurité. On pourrait parler de la LPM et d'autres. Vous avez évoqué la justice. Est-ce que vous considérez que les 3 à 4 prochains mois qui arrivent seront décisifs, déterminants, cruciaux, peut-être pour éviter une fin de quinquennat inutile ?
Sébastien LECORNU
Oui. Alors, je crois qu'on est loin de la fin de quinquennat inutile, parce que de toute façon, le contexte géopolitique, il impose de toute façon à l'exécutif, à l'ensemble de la classe politique, d'apporter des réponses urgentes. C'est la première des choses. La deuxième des choses, peu importe la situation à l'Assemblée nationale, ça n'empêche pas l'avis du pays. On n'a pas empêché les élections municipales. Et la première année du mandat municipal pour l'ensemble des maires de France, c'est maintenant. Et soit l'État et les pouvoirs publics et donc aussi le Parlement et les forces politiques à l'Assemblée nationale et au Sénat répondent présents dès maintenant aux sollicitations qui viennent du terrain, soit ces sollicitations seront déçues. En tout cas, ce n'est pas du côté du Gouvernement qu'il y aura de l'inaction ou qu'il y aura un manque de mobilité et d'investissement. Et vous voyez en peu de temps ce qui a été fait sur l'énergie. On a bien fait de sortir la programmation pluriannuelle pour l'énergie avant la crise énergétique, ce qu'on fait en matière de réarmement régalien, justice intérieure, mais également évidemment militaire, le plan de relance sur le logement. Bref, au contraire, moi je m'inscris dans une autre logique. C'est parce qu'il reste peu de temps. Je n'ai pas de majorité. Une situation de finances publiques très dégradée et j'ai peu de temps. La situation est donc idéale. C'est le moment dans lequel au contraire, il faut faire preuve de créativité. Je n'ai rien à perdre, nous n'avons rien à perdre et au fond le Gouvernement s'inscrit dans une logique très pragmatique. Il y a des grands débats, ils devront être tranchés par l'élection présidentielle. Ce n'est pas la peine de faire de l'agitation avant. Ça serait mentir aux Françaises ou aux Français. Et il y a d'autres débats, comme l'invitation de Thomas aujourd'hui, qui disent : « on ne va pas attendre 2027 ou 2028 pour faire ce qu'on doit faire sur les polices municipales, sur les rodéos, enfin contre les rodéos, contre les rave-party inégales, contre le protoxyde d'azote ». Donc au fond, c'est toujours la même ligne de partage que la mienne depuis le début, depuis six mois. La question budgétaire était particulière. C'est de se dire qu'est-ce qui peut attendre et qu'est-ce qui ne pourra pas attendre. Après, j'aurais aimé avoir et du temps et une majorité et plus d'argent, mais ça, il faudra que je repasse.
Magali BOISSIN
Bonjour, Magali BOISSIN, France 2. Je voudrais vous parler sécurité du pays. Vous avez dit qu'effectivement, ça restait quand même un sujet. Avec cette nouvelle alerte sur la banque américaine Goldman Sachs ce matin, deux banques américaines qui confirment que, par ailleurs, elles demandent à leurs salariés du télétravail obligatoire pour des questions de sécurité. Donc, ma première question, c'est est-ce que, Monsieur le Premier ministre, l'inquiétude grandit sur l'état de cette menace en France ? 2) Y a-t-il des indications que cette nouvelle affaire a des liens avec l'Iran et le conflit au Moyen-Orient ? 3) peut-être pour le ministre de l'Intérieur, plutôt. Communiquez-vous des chiffres sur le nombre de sites surveillés actuellement, aujourd'hui ?
Sébastien LECORNU
Les enquêtes sont en cours. Après, je pense qu'il faut être très direct. Il ne faut rien cacher aux Françaises et aux Français. Les deux conflits que nous connaissons, l'un en Ukraine, l'autre au Moyen-Orient, ont un impact sur la sécurité nationale. Soit déjà parce que nous avons des intérêts dans les régions concernées, singulièrement proches au Moyen-Orient, des ressortissants, des emprises militaires. Soit surtout parce que ces deux conflits génèrent des menaces hybrides. L'énergie et les cyberattaques étant évidemment les plus évidentes. La particularité du Proche et du Moyen-Orient, c'est que ça peut générer une forme de terrorisme. Enfin, soit du terrorisme, soit une nouvelle forme de terrorisme. Là on est évidemment dans un moment religieux particulier, Pâque juive, Pâques chrétiennes, nous sommes Jeudi saint, donc le ministre de l'Intérieur a donné des instructions à l'ensemble des préfets pour rehausser la sécurité évidemment sur l'ensemble des lieux de culte parce qu'il y a une réalité, c'est que ce conflit au Moyen-Orient peut avoir un effet direct en matière de terrorisme sur le territoire national. Et puis de fait, vous l'avez rappelé, il y a aussi une tentation/tentative, par les services iraniens, potentiellement, d'instrumentaliser des proxys, et pas forcément des proxys comme on pourrait l'entendre d'habitude pendant la guerre froide, plutôt des réseaux de criminalité organisés, parfois, comme me disaient les professionnels, bas du spectre, en clair, des délinquants, parfois qui ne sont pas forcément des gens toujours très connus d'ailleurs des services de police et de justice, qui peuvent être activés plus ou moins à distance, plus ou moins d'ailleurs de manière immédiate ou différée. Donc oui, l'énergie n'est pas le seul impact de cette guerre. Et donc c'est une guerre qui est particulière dans la mesure où on a du mal à comprendre les effets finaux recherchés de certains acteurs, c'est le moins que l'on puisse dire. Un risque d'escalade verticale et horizontale, on voit ce qui est fait et nos initiatives sur le Liban, sur la région, mais ça serait mentir de dire qu'il n'y a pas d'impact sur le territoire national et c'est un sujet de préoccupation majeure évidemment pour les services de l'État.
Matthieu DESMOULIONS
Bonjour Monsieur le Premier ministre. Matthieu DESMOULINS pour TF1-LCI. Vous disiez il y a quelques minutes que le contexte international, en cette fin de quinquennat, impose des réponses urgentes. Pour beaucoup de Français, ça se traduit très concrètement par ce qu'ils constatent à la pompe, cette envolée du prix des carburants. Vous aviez annoncé des premières aides à hauteur de 70 millions d'euros pour le mois d'avril. Mais il y a beaucoup de professions qui ne peuvent pas se passer de leur voiture qui trouvent ça largement insuffisant ou qui en sont exclus. Je pense aux aides à domicile, je pense aux infirmières, même à ces Français qui aujourd'hui ne peuvent pas se passer de leur voiture. Allez-vous débloquer des aides supplémentaires ? Vous aviez ouvert la voie il y a quelques jours.
Sébastien LECORNU
Non, mais je pense qu'il faut, là aussi, il n'y a rien à cacher. La réalité, c'est que cette guerre est particulière et qu'on a du mal évidemment à établir des scénarios très crédibles sur l'évolution de celle-ci. 1) déjà sa durée. 2) d'une guerre purement de circulation maritime sur Ormuz, on voit bien qu'on a une dérive, potentiellement, vers une guerre qui pourrait s'en prendre aux outils de production de la région, avec donc un effet beaucoup plus durable. Donc moi, je l'ai toujours dit, la gestion de cette crise en externe comme en interne avec le président de la République, on l'adapte en conduite. La première des choses, il fallait jouer sur les stocks stratégiques, on l'a fait. La deuxième des choses, il fallait réaugmenter nos capacités à raffiner, on l'a fait. La troisième des choses, il fallait s'assurer qu'il n'y ait pas un effet d'aubaine sur les marges de distributeur, on l'a fait. La quatrième des choses, il fallait s'assurer que les personnes les plus fragiles puissent accéder rapidement à leur chèque énergie, les anciens tarifs sociaux, comme on disait jadis. On l'a fait. Et ensuite, cinquièmement, vous avez évidemment un enjeu que vous avez rappelé dans votre question, qui est l'activité. Les pêcheurs, les agriculteurs, les transporteurs, pour ne citer que ceux-là, s'il n'y a pas d'aide, c'est l'activité qui s'arrête. Si c'est l'activité qui s'arrête, c'est donc aussi un problème pour notre économie et notre croissance. Thomas a été ministre du Budget, il connaît ces sujets par cœur.
Et donc, au fond, ce qu'on essaie de faire, ce n'est pas comme d'habitude et je l'assume. J'assume de ne pas ouvrir les vannes, des milliards d'euros qui tomberaient comme ça de manière complètement indiscriminée. Et je pense que d'ailleurs, objectivement, c'est salutaire pour le pays. Et je ne crois pas d'ailleurs comprendre que les Françaises et les Français demandent cela. Après, pour répondre précisément à votre question, c'est en train de durer. C'est factuel. Et donc, j'ai passé trois commandes au Gouvernement pour les jours qui viennent la semaine prochaine. Le premier, c'est évidemment notre plan d'électrification. Je commence par le long terme, parce qu'au fond, on voit bien... J'ai vu encore les déclarations du Rassemblement national ou les tweets de Madame LE PEN. On veut toujours nous ramener de manière myope au court terme.
Les crises pétrolières, ou en tout cas, liées aux énergies faciles vont durer. Il y en aura d'autres. Donc une bonne fois pour toutes, et sans doute devons nous accélérer davantage les choses, il faut plaider coupable sur le fait que les initiatives auraient pu être peut-être prises plus rapidement ces dernières années. Et encore, on en a beaucoup fait. Mais on n'est plus du tout sur un sujet climatique, purement climatique. On est sur un sujet de sortie de dépendance. Donc le plan électrification, la première version a été présentée au début de semaine. Je vais considérer que ça n'est pas suffisamment loin pour être transparent avec vous. Donc une deuxième version me sera proposée pendant ce week-end parce que je pense qu'une bonne fois pour toutes, si on doit mettre de l'argent public, il est pour traiter le problème à la racine. La deuxième des choses, c'est un plan de sobriété. Pas pour faire la morale aux Françaises et aux Français. Ils n'ont pas besoin de nous pour savoir s'il faut éteindre la lumière, la fermer ou baisser son chauffage.
En revanche, ça a été dit par le ministre du Travail, par le ministre de la Fonction publique, il y a sûrement des modalités d'organisation de la vie du pays qui doivent nous permettre effectivement de consommer moins. C'est la deuxième commande que j'ai passée au gouvernement. Puis la troisième, oui, j'ai toujours dit. Si je ne crois pas aux aides générales et à déverser des milliards à l'aveugle, je suis favorable à ce qui est des aides ciblées. Donc les ministres ont reçu un certain nombre de commandes pour me faire de nouvelles propositions. En début de semaine prochaine, notamment, vous en avez cité peut-être quelques exemples, mais des Françaises et des Français, des concitoyens et des concitoyens qui ne peuvent pas faire autrement que de rouler et qui méritent sans doute une aide ciblée. J'ai vu le président de la FNSEA, j'ai eu des contacts avec de nombreux syndicats agricoles depuis le début de la semaine. Là aussi, tout ce qu'on a annoncé, de toute façon, c'est mensualisé pour permettre justement de faire évoluer les dispositifs. On n'abandonnera personne, mais on ne dépensera pas de l'argent qu'on n'a pas. Voilà, je pense que c'est direct, pragmatique, mais c'est comme ça qu'il faut le faire.
Loïc BESSON
Bonjour, je suis le Premier ministre Loïc BESSON, BFMTV. Il y a deux sujets dans cette crise sur lesquels le gouvernement est interpellé, parfois critiqué d'abord. Le sujet des pénuries. Il n'y en a pas à l'échelle nationale, mais il se trouve qu'il y a beaucoup de ruptures de stocks dans des stations de service. Alors que peut faire le gouvernement pour éviter ça, surtout avant le week-end de Pâques ? Et puis l'autre sujet, c'est cette fameuse cagnotte. Vous avez parlé hier matin pour la première fois d'un surplus éventuel lié aux taxes sur le carburant. Pourtant, le gouvernement disait que ça n'existait pas. Alors on en est où ?
Sébastien LECORNU
Alors j'ai demandé au ministre des Comptes publics justement de... On prendra une question de Sud-Ouest juste après, ou des journalistes locaux quand même, puisqu'on est chez eux. J'ai demandé au ministre de l'Action et des Comptes publics justement demain de communiquer sur le chiffre. J'ai vu qu'il y avait beaucoup d'excitation, en effet, sur le sujet de la fiscalité sur les carburants. J'ai bien peur que cette excitation soit vite rafraîchie et douchée. De fait, mécaniquement, lorsque vous avez une augmentation des prix du carburant, en pourcentage, il peut y avoir une augmentation du volume de fiscalité prélevée. Sauf qu'en général, les Françaises et les Français ou les acteurs économiques consomment moins en volume. Donc vous avez une péréquation qui se fait de facto. Sans compter le choc macroéconomique potentiellement derrière, ça on l'évaluera plus tard. Et donc j'ai demandé à ce qu'on fasse la transparence complète, comme ça je pense que cette excitation va laisser place à un partage de la contrainte, à mon avis beaucoup plus fort, et à un principe de réalité.
Si j'ai parlé d'éventuel surplus, parce que même s'il y avait un seul euro de surplus, pour justement avoir la paix aussi sur ce sujet, j'ai décidé de l'affecter à notre plan d'électrification, c'est de se dire : au moins, puisque certains politiquement veulent introduire un doute sur cette affaire, venir abîmer d'ailleurs le consentement à l'impôt, et en faisant comme si l'État, c'était une multinationale, loin de tout le monde, l'État-nation c'est tout le monde, eh bien, au moins, on a réglé le problème de ce point de vue. Ensuite, il n'y a pas de pénurie, les mots ont du sens, et je vois aussi les formations politiques qui ont posé ces mots-là. Pénurie, ça serait une crise de volume. Il n'y a pas de crise de volume. Après, vous avez des stations-service dans lesquelles vous avez des problèmes logistiques. On en parle avec les différents réseaux, évidemment, de distribution. Au hasard, les stations-service dans lesquelles il y a un problème de disponibilité, ce sont souvent les stations-service qui pratiquent les prix les moins chers. Et ça, c'est un défi logistique. Mais laisser entendre qu'il y a une pénurie aujourd'hui de gasoil ou d'essence, c'est faux. Après, une fois de plus, on communiquera au fur et à mesure. De toute façon, j'ai demandé au ministre de faire la totale transparence sur tout. Parce que si la guerre devait durer, on prendrait au fur et à mesure, évidemment, les mesures qui s'imposent. Mais moi, j'appelle au sang-froid : on peut faire de la politique politicienne avec tout. Mais on parle de guerre, guerre en Ukraine, guerre au Moyen-Orient. Et ce que nous faisons, c'est gérer les effets d'une guerre. Donc, il faut aussi un tout petit peu de retenue, être sérieux. Et parfois, chez certains, j'ai l'impression de revivre un peu la séquence du covid dans lequel il y a eu le concours de l'épine de l'idée la plus joyeuse pour régler une crise compliquée. Et en fait, à chaque fois, quand on fait le bilan, c'est un peu pénible pour certains. Donc vraiment, je garde mon sang froid dans cette affaire et on va faire ce qu'il faut pour gérer au mieux la crise que nous connaissons.
Journaliste
[Inaudible] Monsieur le Premier ministre.
Sébastien LECORNU
Oui, avec joie.
Audrey TISON
Pardon, on a distribué le micro, donc je me permets de me lancer dans une question. Audrey TISON, France Info. Sur la Nouvelle-Calédonie, les députés viennent de rejeter d'emblée le texte. Qu'est-ce que vous pensez de cette attitude et notamment du PS qui a participé à ce rejet ? Comment vous voyez la suite, comment renouer le dialogue notamment avec le FLNKS ?
Sébastien LECORNU
Je l'ai annoncé, on recevra l'ensemble des partis. Ça peut vous surprendre, mais je peux toujours comprendre qu'on puisse être contre un accord local, c'est déjà arrivé dans le passé, même si c'était pas la transition. Je peux comprendre qu'on veuille amender, qu'on veuille évidemment faire évoluer le texte. Le rejet préalable sans débat, c'est inédit dans l'histoire du dossier. Et c'est compliqué d'expliquer qu'il faut que tout le monde dialogue et que c'est un dossier dans lequel il faut chercher des compromis. Et qu'au sein de l'hémicycle on n'ait même pas voulu ouvrir justement la séquence du débat, pour que les uns et les autres comprennent, ce n'est pas un vote négatif à la fin des discussions, c'est juste une motion de rejet préalable en disant que le débat ne s'ouvre pas. Et je trouve au regard des événements qu'on a connus en Nouvelle-Calédonie, balayer d'un verre de main ce que les acteurs locaux, quels qu'ils soient, ont voulu faire, me semble pour le moins brutal. Donc il va falloir effectivement réunir de nouveau l'ensemble des parties et examiner les effets ainsi créés, pour reprendre la formule consacrée. Presse locale ?
Daniel BOZEC
Bonjour, Daniel BOZEC de Sud-Ouest. Alors, en attendant votre convoi, tout à l'heure, Thomas CAZENAVE nous disait : « En matière de sécurité, on attend toujours quelque chose du Gouvernement ». Est-ce que vous êtes arrivé avec ce quelque chose ?
Sébastien LECORNU
Oui, alors, pour être complètement transparent avec vous, avec Thomas, nous nous connaissons depuis longtemps, comme Parlementaires, on était collègues évidemment au Gouvernement. Tout en ne me mêlant pas trop des élections municipales, je peux maintenant confesser que j'ai quand même pris souvent des nouvelles de lui pour être transparent avec vous. Et de fait, dès son élection, il a voulu instruire quelques priorités importantes pour l'action municipale dont il peut avoir besoin de l'État. Il a pris du temps avec le ministre de l'Intérieur mardi. On s'est eu longuement au téléphone pour une réunion de travail au téléphone le week-end dernier. Je pense qu'il y a plusieurs sujets qu'on va ouvrir très vite dans la relation entre l'État. Et je salue notre préfet de région ici, le préfet GUYOT.
Le premier, c'est évidemment l'ensemble de la contractualisation entre l'État et la mairie sur toutes les politiques de sécurité locale. Le ministre pourra y revenir. Mais une demande a été faite de le réouvrir et on ne va pas tarder, on va le faire dès maintenant. Et peut-être un dossier plus emblématique parce que le contrat est un outil. Il y a un dossier sûrement plus emblématique dans le quartier des Capucins, c'est d'arriver justement à avoir un hôtel de police commun, police municipale de Bordeaux, dans lequel j'ai cru comprendre que le maire en plus voulait prendre des décisions importantes de réarmement, d'équipement, d'évolution du format et des effectifs, et d'avoir dans ce même endroit, endroit important pour les Bordelaises et les Bordelais, avoir un commissariat de police nationale, qui va permettre justement d'avoir de la synergie, d'avoir une approche beaucoup plus intégrée, on parle souvent chez les techniciens, un continuum de sécurité.
Et là, ça va se faire de manière complètement évidente. Donc des instructions ont été données en ce sens par le ministre de l'Intérieur. On va le faire très vite, avec évidemment une préfiguration, des étapes. Mais ce n'est pas un engagement, c'est une annonce, voilà. Pour répondre très directement à votre question, c'était important pour le maire de Bordeaux. D'autres discussions également ont lieu avec le préfet de région, le ministre, notamment sur la disponibilité des forces mobiles sur l'ensemble de la zone de défense pour permettre justement d'avoir une permanence [inaudible] des forces. Là aussi, le ministre aura l'occasion de confirmer tout ça. En tout cas, vous pouvez faire confiance au maire de Bordeaux, bien que girondin, pour faire le lien avec la capitale.
Merci infiniment, merci beaucoup.