04/20/2026 | News release | Distributed by Public on 04/20/2026 11:27
L'urgence est immédiate : 26,3 milliards doivent être mobilisés dès les 18 prochains mois pour remettre en marche les services vitaux, rebâtir des infrastructures dévastées et relancer une économie à l'arrêt. Un chantier colossal, à la mesure de l'ampleur des destructions et de la crise humanitaire.
Au-delà de l'estimation globale des besoins de reconstruction, le rapport détaille également l'ampleur des destructions causées par le conflit et qui sont estimées à 35,2 milliards de dollars. Les pertes économiques sont évaluées à 22,7 milliards de dollars, ce qui porte le montant total estimé des effets du conflit sur les biens matériels à 57,9 milliards de dollars.
Le rapport ne se limite pas aux seules pertes financières globales et précise également les secteurs les plus gravement touchés, notamment le logement, la santé, l'éducation, le commerce et l'agriculture. Près de 372 000 logements ont été détruits ou endommagés, plus de la moitié des hôpitaux sont hors service, la quasi-totalité des écoles ont été détruites ou endommagées, et l'économie à Gaza s'est contractée de 85 %.
Au-delà du constat des destructions, le rapport hiérarchise les besoins de reconstruction par secteur. Le logement arrive en tête avec 16,2 milliards de dollars.
Suivent l'agriculture et le système alimentaire (10,5 milliards de dollars), la santé (10 milliards de dollars) ainsi que le commerce et l'industrie (9 milliards de dollars). Ces secteurs représentent ensemble près des trois tiers des besoins totaux de reconstruction et constituent les « priorités les plus urgentes », selon le document.
Sur le plan géographique, ce sont les gouvernorats de Gaza et du Nord de Gaza qui ont subi les dégâts les plus importants. Par rapport aux conflits de 2014 et 2021, le niveau de destruction dans la bande de Gaza est d'une ampleur tout à fait différente.
Si les destructions se concentrent dans certaines zones, le rapport élargit le constat aux effets humains dans l'ensemble de la bande de Gaza. Il met en évidence l'impact catastrophique sur le développement humain dans toute l'enclave palestinienne, dont le retard est estimé à 77 ans. Environ 1,9 million de personnes ont été déplacées, souvent à plusieurs reprises, et plus de 60 % de la population a perdu son logement.
Près des trois quarts de la population active de Gaza avant le conflit ont perdu leur emploi, ce qui a entraîné un taux d'emploi de 9,3 %. Cette situation, combinée aux pertes d'emploi en Cisjordanie, a entraîné une baisse de treize points de pourcentage du taux combiné pour la Cisjordanie et Gaza, le plaçant parmi les plus bas de la base de données de la Banque mondiale.
Face à l'effondrement de l'emploi, le document détaille les priorités immédiates de relèvement. La lutte contre l'insécurité alimentaire, les besoins en matière de protection sociale, les questions d'accès au logement, la reprise de l'éducation, ainsi que le soutien en santé mentale et psychosocial aux populations font ainsi partie des besoins à court terme.
Le rapport identifie aussi plusieurs autres urgences immédiates, notamment la reprise des services de base tels que la santé, l'eau, l'assainissement et l'hygiène (WASH) et le déblaiement des décombres. Les coûts de déblaiement et de gestion de plus de 68 millions de tonnes de débris s'élèvent à eux seuls à plus de 1,7 milliard de dollars.
Ces priorités opérationnelles immédiates supposent toutefois des conditions sécuritaires et humanitaires minimales. Selon l'ONU et ses partenaires, un cessez-le-feu durable et une sécurité adéquate constituent des conditions minimales. « Un accès humanitaire sans entrave doit être le fondement du relèvement », insiste le rapport, relevant que la libre circulation des personnes et des biens à l'intérieur et entre Gaza et la Cisjordanie sont essentiels.
« La communauté internationale doit mobiliser des ressources de manière ciblée, séquentielle et coordonnée, et tous les obstacles au déploiement de l'expertise et des équipements doivent être levés rapidement », conclut le rapport.