03/19/2026 | News release | Distributed by Public on 03/20/2026 14:24
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19 mars, 2026Lors de la réunion du Conseil d'IndustriALL pour l'Inde qui s'est tenue les 12 et 13 mars derniers, des syndicats en provenance des quatre coins du pays ont appelé au renforcement de la syndicalisation et à une unité accrue, alors que les débats ont mis en évidence la montée de l'économie informelle, l'affaiblissement des protections du travail et l'exclusion systématique des travailleuses et travailleurs des processus décisionnels. Rassemblant des affiliés de tous les secteurs, la réunion a souligné que les changements industriels et technologiques rapides risquent d'aggraver les inégalités à moins que les salariés ne soient placés au centre des politiques.
La première journée a été consacrée à la politique industrielle durable et à la Transition juste dans le contexte des changements économiques et politiques au plan international.
Les participants ont mis en exergue la manière dont les changements dans la production, les chaînes d'approvisionnement et le commerce sont en train de redessiner les contours des industries indiennes, souvent sans implication significative des syndicats.
Diana Junquera Curiel, Directrice de la politique industrielle chez IndustriALL, a indiqué que la Transition juste doit être utilisée comme un outil pour façonner les politiques et non pour réagir une fois les décisions prises. Elle a insisté sur l'obligation pour les syndicats de développer leur savoir, d'intégrer des compétences technologiques et de syndicaliser à travers les chaînes d'approvisionnement, y compris auprès des travailleuses et travailleurs du secteur informel qui demeurent largement invisibles.
Les syndicats, tous secteurs confondus, ont fait part de leurs inquiétudes concernant l'informalisation croissante, l'externalisation et le travail en sous-traitance. La diminution des emplois permanents et la faiblesse des protections accroissent la précarité, les travailleuses étant particulièrement touchées. Dans le même temps, les changements technologiques et l'IA creusent les écarts de compétences et menacent les moyens de subsistance. Les échanges ont fait ressortir un élément clé : bien que ces changements soient inévitables, les syndicats doivent intervenir pour s'assurer que la technologie profite aux travailleuses et travailleurs et pas seulement aux entreprises.
La seconde journée a résolument placé la syndicalisation au centre des priorités.
Le Secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, a relevé que près de 93 % des travailleuses et travailleurs ne sont toujours pas syndiqués à l'échelle mondiale, relevant la nécessité d'élargir les effectifs et de renforcer la négociation collective. Il a mis en avant que, bien que des cadres et des instruments mondiaux existent, leur impact dépend de leur utilisation active par les affiliés.
« La syndicalisation reste notre plus grand défi. La grande majorité des travailleuses et travailleurs évoluant encore dans l'économie informelle, il est primordial de renforcer le recrutement et la négociation collective si les syndicats veulent répondre efficacement aux changements que nous observons à l'échelle mondiale. »
Les participants ont fait ressortir le besoin de stratégies coordonnées, d'études et de données plus solides, ainsi que d'une attention accrue portée à la syndicalisation des travailleuses et travailleurs informels et précaires.
Les réformes du droit du travail sont apparues comme une préoccupation majeure, les syndicats mettant en garde contre le risque que les nouveaux codes du travail n'institutionnalisent le travail précaire.
Les participants ont également pointé le déclin du dialogue bipartite et tripartite, qui limite la capacité des syndicats à influencer les politiques et suscite des inquiétudes face à la demande croissante d'environnements « sans syndicats ».
La réunion a insisté sur l'urgence pour les syndicats d'adapter leurs stratégies, de renforcer l'inclusion des femmes et des jeunes et de s'engager de manière plus proactive face aux changements politiques et technologiques.
Alors que la transition industrielle de l'Inde s'accélère, garantir que le monde du travail puissent faire entendre sa voix quant à la direction à prendre reste un défi majeur.
Ashutosh Bhattacharya, Secrétaire régional d'IndustriALL pour l'Asie du Sud, a déclaré :
« La politique industrielle, le commerce et les changements technologiques sont déjà en train de remodeler les emplois et les industries. La question est de savoir si les travailleuses et les travailleurs auront leur mot à dire dans ce processus. Les syndicats doivent anticiper, élaborer des stratégies collectives et veiller à ce que cette transition soit façonnée avec leur contribution plutôt qu'elle ne leur soit imposée. »