08/18/2026 | Press release | Distributed by Public on 08/19/2026 10:33
Madame la Présidente du Comité d'urgence, Professeure Lucille Blumberg,
Chers membres du Comité d'urgence, Chers collègues et amis, Chères collègues et amies,
Je vous remercie une nouvelle fois pour votre participation à ce Comité.
Je remercie également les représentantes et représentants de la République démocratique du Congo, de l'Ouganda et de la France qui se joignent à nous aujourd'hui.
Il y a trois mois, j'ai estimé que l'épidémie de maladie à virus Bundibugyo en RDC constituait une urgence de santé publique de portée internationale.
Depuis, l'épidémie se propage rapidement, et le risque d'une poursuite de la propagation au niveau national et international reste élevé.
Il s'agit désormais de la deuxième plus importante épidémie de maladie d'Ebola jamais enregistrée, et elle progresse plus rapidement que toutes les flambées précédentes.
C'est pourquoi je parle d'une vitesse de propagation sans précédent.
Elle est alimentée par l'insécurité et les déplacements de populations, ainsi que par l'intensité des mouvements de populations le long des routes, des voies fluviales et des voies d'accès aux sites miniers.
Près de 5000 personnes sont désormais infectées et plus de 2300 sont décédées, dans six provinces et 55 zones de santé.
Il faut être réaliste : l'épidémie est loin d'être maîtrisée.
Elle a pris une avance considérable, et nous nous efforçons toujours de rattraper notre retard.
Ce qui m'inquiète le plus, c'est l'endroit où les personnes meurent : à domicile, au sein de la communauté, en dehors des centres de traitement et hors des listes de contacts connus.
Chaque décès de cette nature indique l'existence d'une chaîne de transmission que nous n'avons pas encore identifiée.
Tant que toutes les chaînes n'auront pas été trouvées et interrompues, l'épidémie continuera de progresser.
Le risque ne s'arrête pas aux frontières de la RDC.
L'Ouganda est déjà parvenu à interrompre la transmission après l'introduction initiale du virus, et je félicite le Gouvernement et le peuple ougandais pour leur riposte décisive.
Cependant, le mois dernier, un voyageur a introduit le virus en France. Les frontières peuvent ralentir la riposte, mais elles n'arrêtent pas un virus.
Sous la direction du Gouvernement de la RDC, de l'OMS, des CDC-Afrique et des partenaires, nous intensifions chaque étape de la riposte.
Nous renforçons la surveillance communautaire, augmentons les capacités de traitement, soutenons la mise en œuvre d'inhumations sans risque et dans la dignité, travaillons avec les communautés pour renforcer la confiance et l'appropriation des interventions, et poursuivons les essais cliniques concernant les vaccins et les traitements.
Pour la première fois, deux vaccins conçus spécifiquement pour lutter contre le virus Bundibugyo sont entrés en phase d'essais sur l'être humain.
Un autre vaccin a démontré une protection croisée dans des études menées sur les animaux, et nous préparons son passage à un essai de phase III.
Cent patientes et patients participent désormais à l'essai PARTNERS, parrainé par l'OMS.
Toutefois, la riposte nécessite encore un partage plus rapide des données, une surveillance renforcée, un financement durable, un meilleur accès et davantage de sécurité, ainsi qu'une coordination transfrontalière plus solide.
Il ne faut pas oublier non plus que la maladie d'Ebola n'est qu'une des nombreuses menaces sanitaires auxquelles sont confrontés les habitants de la RDC, parmi lesquelles figurent notamment la mortalité maternelle, les maladies diarrhéiques, la pneumonie, le paludisme, le choléra et bien d'autres.
Alors même que nous luttons pour mettre fin à cette épidémie, nous ne pouvons pas laisser la riposte perturber l'accès à d'autres services de santé essentiels.
Encore une fois, merci à toutes et tous pour votre temps et votre expertise.
J'attends avec impatience votre évaluation de la situation, ainsi que vos avis concernant les recommandations temporaires nécessaires pour arrêter cette épidémie et empêcher sa propagation à d'autres régions de la RDC et à d'autres pays.
Je vous remercie.