01/13/2026 | Press release | Distributed by Public on 01/14/2026 04:20
Bonjour ou bonsoir, bonne année et bienvenue au premier point de presse de l'OMS de 2026.
Vendredi dernier, cela a fait 1000 jours que la guerre civile a éclaté au Soudan. Près de trois ans de violence continue ont provoqué dans le pays la pire crise humanitaire au monde.
On estime que 33,7 millions de personnes auront besoin d'aide humanitaire cette année et que 13,6 millions de personnes sont déplacées. La crise au Soudan est donc celle qui entraîne le plus de déplacements au monde.
Les mauvaises conditions de vie, la surpopulation, le manque d'accès à l'eau potable et aux moyens d'assainissement et d'hygiène, ainsi que l'arrêt de la vaccination systématique, favorisent les flambées épidémiques.
L'OMS soutient la riposte aux flambées de choléra, de dengue, de paludisme et de rougeole.
Mais c'est au moment précis où le peuple soudanais en a le plus besoin que le système de santé a été gravement touché, à cause d'attaques visant les services de santé, de la pénurie de fournitures médicales essentielles, ainsi que d'un manque de personnel de santé et de financement.
Malgré les efforts soutenus de l'OMS et de ses partenaires pour rétablir et relancer les services de santé, plus d'un tiers des établissements de santé ne sont toujours pas opérationnels.
L'OMS appelle à ne pas restreindre l'accès aux régions du Soudan et y à assurer la sécurité afin que l'accès aux services de santé soit rétabli.
Elle appelle à protéger des attaques les civils, y compris les personnels de santé, les travailleurs humanitaires et les patients.
Et elle appelle toutes les parties à mettre fin au conflit au Soudan.
Comme nous ne cessons de le répéter, le meilleur remède est la paix.
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Passons maintenant à la principale nouvelle du jour.
Comme vous le savez, au cours de l'année écoulée, un recul soudain et drastique de l'aide a gravement perturbé les systèmes et les services de santé dans de nombreux pays.
L'OMS aide les pays à maintenir les services de santé essentiels à court terme, tout en mobilisant des ressources nationales afin, qu'à long terme, ils ne dépendent plus de l'aide et soient durablement autonomes.
L'une des meilleures façons d'y parvenir est d'instaurer des taxes sur les produits nocifs pour la santé, comme le tabac, l'alcool et les boissons sucrées.
Il est prouvé que les taxes sur les produits nocifs pour la santé font baisser la consommation de ces produits et contribuent ainsi à prévenir les maladies et à alléger la charge qu'elles représentent pour les systèmes de santé.
Parallèlement, elles constituent une source de revenus que les pouvoirs publics peuvent utiliser pour investir en faveur de la santé, de l'éducation et de la protection sociale.
L'année dernière, l'OMS a lancé l'« initiative "3 d'ici à 2035" », qui vise à aider tous les pays à utiliser les taxes les produits nocifs pour la santé pour faire augmenter les prix réels du tabac, de l'alcool et des boissons sucrées d'ici à 2035.
Cependant, il ne suffit pas d'instaurer ces taxes. Il faut aussi bien les concevoir et les ajuster régulièrement pour qu'elles soient efficaces.
Depuis 2008, l'OMS publie régulièrement des données sur la fiscalité du tabac dans son rapport biennal sur l'épidémie mondiale de tabagisme. Elle publie aujourd'hui de nouveaux rapports concernant les taxes sur l'alcool et les boissons sucrées,
qui montrent que, dans la plupart des pays, ces taxes sont trop basses pour être efficaces et mal pensées, qu'elles ne sont pas ajustées régulièrement et qu'elles répondent rarement aux objectifs de santé publique.
Par conséquent, l'alcool et les boissons sucrées sont devenus plus abordables, même si les maladies et les traumatismes associés à leur consommation continuent de peser de plus en plus lourd sur les systèmes de santé, les familles et les budgets.
Les taxes sur les produits nocifs pour la santé ne sont pas une solution miracle et ne sont pas simples à instaurer. Elles sont parfois impopulaires et suscitent l'opposition de secteurs puissants et riches qui ont beaucoup à perdre.
Mais de nombreux pays ont montré que, bien mises en œuvre, ces taxes sont un outil efficace en faveur de la santé.
Par exemple, aux Philippines, une importante réforme de la fiscalité sur le tabac et l'alcool effectuée en 2013 a multiplié les recettes par plus de cinq, ce qui a permis à plus de 15 millions de familles pauvres de bénéficier de l'assurance-maladie nationale.
En Lituanie, une importante augmentation des taxes sur l'alcool en 2017 a entraîné une baisse de près de 5 % de la mortalité toutes causes confondues l'année suivante.
Au Royaume-Uni, une taxe sur les boissons sucrées instaurée en 2018 a fait baisser la consommation de sucre, généré 338 millions de livres sterling de revenus en 2024, et a été associée à des taux d'obésité plus faibles chez les filles de 10 et 11 ans, en particulier dans les zones les plus défavorisées.
De nombreux autres pays suivent ces exemples.
L'année dernière, la Malaisie, Maurice, la Slovaquie, Sri Lanka et le Viet Nam faisaient partie des pays qui ont instauré des taxes sur le tabac, l'alcool ou les boissons sucrées, ou ces trois produits, ou les ont augmentées.
Et cette année, l'Inde a instauré un nouveau droit d'accise sur le tabac et l'Arabie saoudite a instauré un droit d'accise sur les boissons sucrées, dont le taux dépend de la teneur en sucre.
L'OMS souhaite aider davantage de pays à instaurer des taxes sur les produits nocifs pour la santé afin qu'ils puissent protéger la santé, ne plus dépendre de l'aide et être durablement autonomes.
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Enfin, nous célébrons ce mois-ci le mois de la sensibilisation au cancer du col de l'utérus.
Bien qu'étant l'un des cancers les plus faciles à prévenir, le cancer du col de l'utérus coûte encore la vie à de nombreuses femmes, principalement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
Nous disposons des outils pour faire du cancer du col de l'utérus le premier cancer à éliminer : des vaccins, des tests et des traitements.
C'est pourquoi j'ai lancé en 2018 un appel mondial à l'action pour éliminer le cancer du col de l'utérus, qui a été suivi en 2020 par une Stratégie mondiale comportant les cibles 90-70-90 :
90 % des filles seront vaccinées ;
70 % des femmes bénéficieront d'un dépistage ;
et 90 % des femmes atteintes d'un cancer du col de l'utérus ou de lésions précancéreuses seront traitées, d'ici à 2030.
Depuis, près de 60 pays ont introduit le vaccin anti-HPV, et 162 pays l'intègrent désormais dans leurs calendriers nationaux de vaccination.
75 % des filles dans le monde vivent désormais dans un pays où le vaccin anti-HPV figure dans le calendrier vaccinal. Elles devraient être plus de 80 % dans les mois à venir, à mesure que de plus en plus de pays, dont l'Inde, incluent le vaccin anti-HPV dans leurs programmes.
De nombreux pays, aux niveaux de revenu variables, montrent qu'en intégrant vaccination, dépistage et traitement, il est possible d'éliminer ce cancer.
À la fin de l'année dernière, l'Australie a annoncé qu'aucun cas de cancer du col de l'utérus n'avait été diagnostiqué chez les femmes de moins de 25 ans en 2021. Plusieurs pays d'Europe sont en passe d'atteindre cet objectif.
Le Rwanda vise à atteindre les cibles 90-70-90 d'ici à 2027, soit avec trois ans d'avance, et a déjà vacciné 77 % des filles, effectué un dépistage chez 31 % des femmes et traité 81 % des femmes atteintes de cancer du col de l'utérus ou de lésions précancéreuses.
Du Bhoutan au Brésil, du Chili à la Chine, du Pakistan à la Papouasie-Nouvelle-Guinée, de la Sierra Leone à Saint-Vincent-et-les-Grenadines et du Timor-Leste à la Tanzanie, des dizaines de pays étendent la vaccination, le dépistage et le traitement.
Ils montrent que l'élimination du cancer du col de l'utérus n'est pas un rêve irréalisable, mais est tout à fait possible.
Christian, je vous rends la parole.