03/25/2026 | Press release | Distributed by Public on 03/25/2026 05:50
Genève, le 24 mars 2026 - Depuis début mars, plus de 130 000 personnes ont traversé la frontière pour se rendre en République arabe syrienne et plus d'un million de personnes ont été déplacées à l'intérieur du Liban, alors que la guerre au Moyen-Orient entraîne une intensification des mouvements transfrontaliers et des déplacements dans toute la région.
Ces événements exercent une pression supplémentaire sur des communautés déjà vulnérables et accentuent les besoins humanitaires, a déclaré aujourd'hui l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), en se basant sur les nouvelles données issues de sa Matrice de suivi des déplacements (DTM).
« La situation actuelle nous rappelle cruellement à quelle vitesse l'instabilité peut bouleverser les schémas de mobilité à l'échelle de régions entières », a déclaré Amy Pope, Directrice générale de l'OIM. « Bon nombre de ces personnes en déplacement vivent déjà dans des conditions précaires, et à mesure que les pressions s'intensifient, les besoins humanitaires vont augmenter. Un soutien international soutenu est essentiel pour garantir que ces personnes reçoivent la protection et l'aide dont elles ont besoin, où qu'elles se trouvent. »
Les mouvements liés à la crise au Liban se poursuivent, avec plus de 130 000 personnes ayant traversé la frontière vers la République arabe syrienne entre le 2 et le 18 mars, selon la DTM Syrie, parmi lesquelles des Syriens (95 %) et des ressortissants libanais (5 %). Les besoins de ces arrivants comprennent une aide financière, de la nourriture et un abri, la plupart des personnes dépendant de solutions d'hébergement temporaires, souvent chez des proches ou des amis. La majorité des arrivants sont des familles et des jeunes hommes qui s'étaient rendus au Liban pour travailler et qui pourraient avoir l'intention de retourner dès que les conditions le permettront.
Le suivi des déplacements d'urgence a également recensé plus de 82 000 personnes arrivant dans des centaines de localités en Syrie, ce qui souligne l'ampleur géographique de ces mouvements et la nécessité d'un soutien humanitaire durable.
Au Liban, les déplacements continuent d'augmenter fortement. Selon les autorités nationales, plus d'un million de personnes déplacées à l'intérieur du pays avaient été comptabilisées au 22 mars, dont plus de 134 000 hébergées dans 644 sites collectifs. La plupart vivent toutefois chez des proches, dans des communautés d'accueil ou en location, tandis que d'autres dorment dans des voitures ou dehors, ce qui exerce une pression croissante sur les infrastructures locales, les logements et les services publics.
Dans toute la région, les schémas de mobilité suggèrent que de nombreux déplacements sont préventifs et temporaires, les personnes cherchant à se mettre en sécurité tout en suivant l'évolution de la situation, y compris en Iran. En Irak, aucun déplacement à grande échelle n'a été observé, bien qu'un petit nombre d'arrivées liées à la crise a été enregistré aux points de passage frontaliers.
Parallèlement, les mouvements de l'Iran vers le Pakistan se poursuivent, avec plus de 6 700 personnes recensées entre le 1er et le 16 mars, la plupart entrant par le poste-frontière de Taftan-Mirjaveh. La majorité sont des Pakistanais, ainsi que des ressortissants iraniens munis de visas ou de permis d'entrée valides, selon des sources gouvernementales.
Bien que les retours de l'Iran vers l'Afghanistan soient jusqu'à présent limités en raison de l'insécurité dans les deux pays, des contraintes importantes en matière de transport en Iran et de l'espoir d'une résolution rapide du conflit, cette situation devrait évoluer rapidement. À l'issue des périodes de vacances, on s'attend à une forte augmentation des retours, sous l'effet de l'instabilité croissante, des pressions, du chômage et de la détérioration des conditions de vie des Afghans sans papiers en Iran, qui risquent de déclencher à la fois des retours forcés et spontanés.
Cette situation a également provoqué le déplacement de ressortissants de pays tiers à travers la région. Des personnes provenant de plusieurs pays sont entrées au Pakistan, en Azerbaïdjan et au Turkménistan, souvent avec l'aide de leurs gouvernements respectifs, ce qui met en évidence la dimension internationale plus large de la crise.
L'OIM continue de suivre de près l'évolution de la situation, en collaboration avec les autorités nationales et ses partenaires, afin de suivre les mouvements, d'orienter la réponse et d'apporter une aide là où elle est le plus nécessaire. À mesure que les schémas de déplacement évoluent au-delà des frontières, un soutien international soutenu sera essentiel pour garantir que les populations vulnérables ne se retrouvent pas privées d'accès à la protection, aux services essentiels et à une aide humanitaire en temps opportun.
L'OIM se joint à l'appel lancé par le Secrétaire général des Nations Unies en faveur de la retenue et d'une désescalade urgente afin d'éviter de nouvelles conséquences humanitaires. Les civils, y compris les migrants et les personnes déplacées, doivent être protégés en toutes circonstances, et le droit international humanitaire doit être pleinement respecté.
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