FTDA - France Terre d’Asile

06/30/2026 | Press release | Distributed by Public on 06/30/2026 03:58

Tribune - Il est urgent d'accélérer l'accès à l'emploi des réfugié·es en France

Cette tribune a été publiée initialement dans Le Monde, le 25 juin 2026

En 2026, 2,28 millions de postes sont à pourvoir, dont près de la moitié sont jugés comme recrutements difficiles. Pourtant, les personnes réfugiées sont nombreuses à chercher un emploi, déterminées et compétentes. Depuis 10 ans, parfois davantage, les associations du collectif Work With Refugees ont développé des solutions d'accompagnement et d'accès à l'emploi pour les personnes réfugiées et exilées. Elles interviennent ainsi sur toute la chaîne de l'inclusion économique : accompagnement, mentorat, formations qualifiantes, entrepreneuriat, recrutement, à travers le territoire. Elles ont accompagné plus de 15 000 personnes, parmi lesquelles des réfugiés, des primo-arrivants et, de façon plus générale, des personnes exilées. En moyenne, plus de 70 % d'entre elles trouvent un poste ou une formation certifiante suite à ces dispositifs.


En France, 600 000 personnes bénéficient d'une protection internationale, contraintes de fuir leur pays car elles y risquent des persécutions du fait de leur race, de leur religion, de leur nationalité, de leur
appartenance à un certain groupe social (lié au genre ou à l'orientation sexuelle, par exemple) ou de leurs opinions politiques, ou font face à des violences graves (guerres…). En France, elles bénéficient de la protection internationale en accord avec la convention de Genève de 1951.


Une fois le statut de réfugié obtenu, ces personnes sont autorisées à résider durablement en France et à travailler dans les mêmes conditions qu'un Français, sans besoin de visa. le paradoxe est le suivant : malgré une motivation très forte, des compétences avérées, le constat est qu'un réfugié sur deux est encore au chômage ou en inactivité trois ans après son arrivée dans le pays.
En parallèle, 74 % des employeurs français déclarent faire face à une pénurie de talents.


Pourquoi tant d'entreprises restent-elles à l'écart ? Pas par mauvaise volonté. Parmi les entreprises qui ne
recrutent pas de réfugiés, 44 % citent le manque d'information et 31 % le manque d'opportunités comme principaux freins. Les freins pour les entreprises sont réels certes - la langue, l'administratif, la reconnaissance des diplômes - mais ils sont surmontables.

Métiers en tension

De nombreuses opportunités existent également dans les villes moyennes et les territoires ruraux, où les besoins de recrutement sont importants et où l'accès au logement peut être plus favorable. Encore faut-il accompagner la mobilité et la découverte de ces territoires par les personnes réfugiées.


C'est là où les associations accompagnent chaque étape : formation aux codes du marché du travail, apprentissage du français (à visée professionnelle ou généraliste), préparation aux entretiens, suivi après l'embauche et levée des freins périphériques à l'emploi. Elles accompagnent également les entreprises : sensibilisation et formation, préqualification des candidats, accompagnement lors du recrutement puis de la phase d'onboarding, accompagnement sur les freins périphériques - logement, mobilité, démarches administratives, santé, garde d'enfants... - qui se poursuit une fois la personne recrutée afin de sécuriser son parcours professionnel.


Au-delà de nos convictions en termes de solidarité et d'inclusion, nous affirmons qu'il est urgent, économiquement, d'accélérer l'accès à l'emploi des réfugiés. En effet, les personnes issues de l'immigration occupent déjà une place déterminante sur le marché du travail français. Elles contribuent déjà à de nombreux secteurs de l'économie française, des métiers en tension aux emplois qualifiés, dans des domaines aussi variés que la santé, le numérique, la restauration, l'industrie, le bâtiment,
la logistique ou encore l'entrepreneuriat. Et ce rôle ne fera que croître. Le choc démographique a commencé. Dès 2027, en France, les décès seront plus nombreux que les naissances.


Au-delà de répondre à un besoin de recrutement, c'est un pari gagnant pour les entreprises. 73 % des employeurs ayant recruté des réfugiés constatent un turnover plus faible que pour leurs autres salariés. Les équipes où plusieurs nationalités cohabitent sont plus créatives, plus flexibles, plus performantes, une réalité confirmée par l'Organisation internationale du Travail.
Et parmi les entreprises partenaires du collectif WWR, la majorité constate un impact positif sur leur performance globale.


C'est une solution gagnante pour les personnes réfugiées : un emploi stable, un logement, une dignité, une vie qui repart, mais aussi our les finances publiques : sur les programmes d'accompagnement direct à l'emploi, l'association each One a calculé que pour chaque euro investi, l'État économise 4,30 euros. Un autre rapport de France terre d'asile estime quant à lui que si les personnes étrangères pouvaient travailler plus tôt après leur arrivée, le gain pour la société serait de 139 millions d'euros.
La question n'est plus de savoir si les entreprises ont besoin de ces talents, mais comment nous pouvons vous leur ouvrir la porte.

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