IMF - International Monetary Fund

06/26/2026 | Press release | Distributed by Public on 06/26/2026 18:40

Le conseil d’administration du FMI achève la consultation de 2026 au titre de l’article IV avec le Burundi

Washington, le 16 juin 2026. Le conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé la consultation au titre de l'article IV[1] avec le Burundi.

Le Burundi reste un pays fragile post-conflit aux prises avec des faiblesses institutionnelles, une pauvreté généralisée et les retombées du conflit dans la République démocratique du Congo voisine. La situation économique s'est améliorée en 2025 : la croissance a atteint 4,2 % grâce à la hausse des exportations de café et d'or, et l'inflation a fortement reculé, passant de 45 % en avril 2025 à 8,6% en avril 2026.

Les vulnérabilités extérieures restent élevées : le déficit courant est important, les réserves ne couvrent que 1,6 mois d'importations et le taux de change officiel semble nettement surévalué malgré une prime sur le marché parallèle qui s'est réduite. En janvier 2026, les autorités ont adopté un plan de stabilisation macroéconomique axé sur l'assainissement des finances publiques, un resserrement de la politique monétaire, des réformes du marché des changes et des réformes structurelles dans des secteurs clés. La politique monétaire s'est resserrée, le financement de l'État par la banque centrale ayant été gelé, ce qui a ralenti la croissance de la masse monétaire et réduit l'excès de liquidités, bien que le crédit au secteur privé ait fléchi. La politique budgétaire s'est également durcie, appuyée par une maîtrise des dépenses et une amélioration du recouvrement des impôts, mais des risques persistent en raison de l'insuffisance des recettes, de la faible exécution des investissements, des arriérés et des besoins élevés de financement intérieur. La dette publique est passée de 53 % du PIB en 2024 à 42 % du PIB en 2025. Même si la dette est jugée viable, le Burundi reste exposé à un risque élevé de surendettement extérieur et global compte tenu de ses vulnérabilités persistantes.

Les perspectives restent globalement positives malgré la guerre au Moyen-Orient, avec une croissance de 3,9 % prévue en 2026 et de 4,3 % en moyenne sur la période 2027-31, soutenue par l'électrification, l'agriculture, l'exploitation minière, l'investissement et les mutations structurelles du marché du travail. Les répercussions à court terme de la guerre devraient être limitées, compte tenu des termes de l'échange favorables et du faible niveau d'intégration dans le commerce mondial. L'inflation devrait atteindre 14,5 % en 2026 avant de fléchir à 11,5 % en 2031. Le solde extérieur devrait s'améliorer grâce à la bonne tenue des exportations agricoles et minières, tandis que les IDE liés à l'électrification soutiendront le compte financier, portant les réserves à 2,8 mois d'importations d'ici 2031. Une orientation plus restrictive de la politique budgétaire devrait permettre de ramener la dette publique à 32 % du PIB d'ici 2031. Les risques sont orientés à la baisse à court terme, du fait de dérapages budgétaires possibles à l'approche des élections de 2027 et de chocs extérieurs sur les prix à l'exportation ou à la hausse du coût des carburants ou des engrais.

Évaluation par le conseil d'administration [2]

Les administrateurs souscrivent à l'orientation générale de l'évaluation effectuée par les services du FMI. Ils se félicitent de l'amélioration de la situation économique et saluent les autorités pour l'adoption du plan de stabilisation macroéconomique. Les administrateurs prennent note des perspectives économiques globalement positives, même si elles risquent d'être orientées à la baisse. Dans ce contexte, les administrateurs soulignent qu'une prudence budgétaire soutenue, un resserrement de la politique monétaire et des réformes du marché des changes sont essentiels pour parvenir à la stabilisation macroéconomique et pour favoriser une croissance inclusive. La collaboration avec le FMI, notamment par le biais du renforcement des capacités, ainsi qu'avec d'autres partenaires, reste également essentielle.

Les administrateurs se félicitent de l'assainissement des finances publiques en cours et de l'arrêt du financement monétaire. Tout en reconnaissant le caractère ambitieux du cadre budgétaire à moyen terme des autorités, les administrateurs préconisent une trajectoire de réduction de la dette plus progressive, à même de préserver les dépenses sociales et de développement prioritaires. Ils soulignent l'importance d'une mobilisation accrue des recettes intérieures et d'une réaffectation des dépenses vers les secteurs sociaux et les infrastructures. L'amélioration de la transparence budgétaire et de la gouvernance des entreprises publiques, ainsi que le renforcement de la gestion des finances publiques et de la dette, demeurent cruciales pour atténuer les risques budgétaires.

Les administrateurs exhortent les autorités à resserrer l'orientation de la politique monétaire et à gérer activement les liquidités afin de renforcer la transmission de la politique monétaire et de préparer le terrain pour les réformes du régime de change. Dans ce contexte, ils soulignent l'importance de mesures de politique économique continues et coordonnées pour ancrer les anticipations d'inflation et soutenir la désinflation et l'ajustement extérieur.

Les administrateurs conviennent que la poursuite des réformes du régime de change reste essentielle à la stabilité macroéconomique. Notant le contexte favorable, ils encouragent les autorités à faire avancer ces réformes, grâce à une feuille de route progressive et adaptée aux besoins du pays, en vue d'établir un régime de change unifié et flexible. Une communication bien formulée sur ces réformes et la prise en compte de leurs incidences sociales et budgétaires potentielles contribueraient également à la réussite de la transition.

Les administrateurs notent que le système bancaire semble globalement résilient, même si des vulnérabilités justifient une certaine vigilance. Ils encouragent les autorités à mener une revue de la qualité des actifs, à renforcer la supervision et à faire progresser la conformité en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LBC/CFT). La mise en œuvre des recommandations découlant de l'évaluation des mesures de diligence revêt aussi une grande importance.

Les administrateurs soulignent que la poursuite des réformes structurelles et de gouvernance reste essentielle pour parvenir à une croissance durable et inclusive. À cet égard, les réformes dans les secteurs de l'agriculture, des mines et de l'électricité joueront un rôle crucial. De plus, les administrateurs insistent sur le fait que les réformes de gouvernance sont essentielles pour libérer le potentiel de croissance du Burundi et encouragent les autorités à s'appuyer sur l'évaluation diagnostique de la gouvernance de 2024 pour préparer et mettre en œuvre un plan d'action en matière de gouvernance. Combler les lacunes en matière de données devrait également rester une priorité.

Les prochaines consultations au titre de l'article IV avec le Burundi devraient avoir lieu conformément au cycle habituel de 12 mois.

Tableau 1. Burundi : Principaux Indicateurs Économiques, 2024-31

[1] Conformément aux dispositions de l'article IV de ses Statuts, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des données économiques et financières et s'entretient avec les responsables nationaux de l'évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui sert de cadre aux délibérations du conseil d'administration.

[2] À l'issue des délibérations, la directrice générale, ou le président par intérim du conseil d'administration, résume les opinions des administrateurs, et ce résumé est communiqué aux autorités du pays. Une explication des termes utilisés dans ledit résumé se trouve ici : http://www.IMF.org/external/np/sec/misc/qualifiers.htm.

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