06/09/2026 | News release | Distributed by Public on 06/09/2026 22:22
Dans le sud du Liban, un nouvel ordre de déplacement émis par Israël pour l'ensemble de la ville de Tyr, y compris les camps de réfugiés palestiniens, menace directement près de 44.000 personnes. Selon les équipes humanitaires sur le terrain, de nombreux habitants, déplacés internes et réfugiés palestiniens demeurent toutefois sur place, faute d'alternatives viables, a indiqué le porte-parole adjoint du Secrétaire général de l'ONU, Farhan Haq, lors d'un point de presse à New York.
Les premières informations recueillies auprès des autorités locales et des partenaires humanitaires indiquent que la majorité des familles ont choisi de rester malgré les risques. Certaines auraient trouvé refuge plus au nord, notamment dans la ville de Saïda et dans le district du Chouf, au Mont-Liban.
Aucun mouvement massif n'a été observé dans les camps de réfugiés palestiniens au cours de la journée. Cependant, environ 10.000 personnes avaient déjà rejoint des centres d'hébergement de l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) dans la région de Saïda et dans le nord du Liban à la suite d'un précédent ordre d'évacuation lancé il y a une dizaine de jours.
Les attaques continuent également d'affecter les services de santé. Lundi, une frappe aérienne près d'un centre de la Croix-Rouge libanaise à Tyr aurait fait cinq morts et huit blessés, dont quatre secouristes, a déclaré M. Haq.
Parallèlement, la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) a observé une intensification des activités militaires dans sa zone d'opérations. Selon la mission, 48 violations de l'espace aérien libanais par Israël et neuf frappes aériennes ont été recensées en une seule journée. Les Casques bleus ont également signalé des centaines de tirs provenant de positions israéliennes ainsi que plusieurs projectiles tirés depuis le nord vers le sud.
Malgré l'insécurité, la FINUL a facilité sept missions humanitaires à Tyr et dans ses environs en coordination avec les agences humanitaires.
Alors que les combats se poursuivent, l'ONU a également publié une première estimation des dégâts causés dans les régions de Beyrouth et du Mont-Liban. Réalisée par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), cette évaluation estime les dommages directs aux bâtiments à plus de 365 millions de dollars.
Au total, 146 bâtiments ont été entièrement détruits et 264 partiellement endommagés. Plus de 3.100 logements ont été rasés et près de 4.500 autres ont subi des dégâts. Les débris générés sont estimés à près de 649.000 mètres cubes.
Dans la bande de Gaza, les autorités israéliennes ont rouvert mardi le point de passage de Kerem Shalom, seul point d'entrée actuellement autorisé pour les cargaisons approuvées, a noté le porte-parole adjoint du chef de l'ONU.
L'ONU et ses partenaires poursuivent leurs opérations malgré les obstacles administratifs et le manque de financements. Au cours de la semaine écoulée, des milliers de familles ont reçu des tentes, des bâches, des couvertures, des vêtements et des kits ménagers, tandis que des réparations d'urgence ont été effectuées sur des abris de fortune, a-t-il précisé.
Mais les besoins restent considérables. Des dizaines de milliers de familles vivent toujours dans des abris surpeuplés, des bâtiments endommagés ou à ciel ouvert. Avec la hausse des températures, les tentes deviennent souvent inhabitables pendant la journée, a noté M. Haq.
L'accès à la nourriture se dégrade également. Fin mai, 80 cuisines communautaires distribuaient environ 678.000 repas par jour, contre 170 cuisines et 1,5 million de repas quotidiens à la mi-mars. Selon les Nations Unies, les contraintes budgétaires réduisent de plus en plus la capacité des organisations humanitaires à répondre à l'ampleur des besoins.