10/20/2025 | News release | Archived content
Le 30 septembre 2020, la décision est prise de créer une spécialité Planification et conduite des opérations aériennes (PCOA) au sein de l'armée de l'Air et de l'Espace (AAE). Depuis, et alors que le Command and Control(C2) est plus que jamais au centre des opérations aériennes, différents profils ont émergé.
L'année 2025 est l'année des anniversaires pour le Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA). Après les 80 ans de la défense aérienne, les 60 ans du radar de Bretagne ou encore les 25 ans du Centre national de ciblage (CNC), c'est désormais à la spécialité PCOA de souffler ses bougies.
Entré dans l'armée de l'Air en 1987, le général de brigade aérienne Jean-Paul Besse fait partie des pionniers du Command and Control en France. Breveté pilote de chasse en 1989, c'est au cours d'une mutation aux États-Unis en 2002 sur un bâtiment de l'US Navy qu'il est confronté pour la première fois au C2 interarmées et multinational. « Après plusieurs séjours chez les Anglo-Saxons, j'étais devenu l'avocat de la création de cette spécialité, nous confie le général. Ce que j'avais surtout retenu du modèle américain et britannique, c'était qu'il existait chez eux une spécialité C2 à part entière. Je savais donc que si nous voulions professionnaliser notre C2, ce qui était absolument nécessaire compte tenu des enjeux, il fallait créer une spécialité à part entière. »
Il faudra attendre le 30 septembre 2020 pour voir officiellement se créer une spécialité PCOA, dans un contexte où les besoins opérationnels de l'AAE nécessitaient une professionnalisation du C2. Mais cette création de spécialité n'est finalement que le début du chemin. « Il ne s'agit pas de simplement créer une entité et coller une étiquette dessus pour avoir une capacité, insiste le général. Avoir une capacité cela suppose d'avoir du personnel, des processus, des formations et de la continuité. Dans notre montée en puissance vers la haute intensité, un C2 permanent, résilient et robuste, repose sur une ressource humaine formée, entraînée et en progression constante. »
« Nous sommes les architectes de l'ombre »
Embrasser la carrière de PCOA, c'est à la fois travailler au profit du C2, devenir Flight Dispatchers (en français, régulateur de vol) et assurer la préparation de missions au profit d'une unité de transport, intégrer les opérations bases ou encore réaliser des missions en tant qu'Air Surface Integration (en français, intégration air-surface) et ainsi coordonner le contrôle tactique des missions d'appui aérien. Une infinité de possibilités qui ont conquis l'aspirant Mélanie, jeune officier PCOA au sein de la division stratégique du Centre Air de planification et de conduite des opérations et de défense aérienne (CAPCODA). Après un début de carrière en tant que réserviste et une tentative avortée d'intégrer les commandos parachutistes de l'air, elle trouve finalement sa voie dans la planification aérienne. « La spécialité PCOA, c'est le cœur battant des opérations, résume l'aspirant Mélanie. Nous sommes les architectes de l'ombre : on planifie, on coordonne, on suit l'exécution des missions, qu'il s'agisse d'une opération de défense aérienne, d'un ravitaillement en vol ou d'une mission interalliée. Être PCOA, c'est être au carrefour de la stratégie et de l'action, avec une vision globale et une réactivité permanente. »
Qu'ils soient, comme le général Besse, venus d'une autre spécialité pour apporter leur expertise ou bien, comme l'aspirant Mélanie ab initio, issus du civil et formés spécifiquement pour le C2, la liste de profils est large pour cette spécialité encore si jeune. « Nous avons autant besoin de personnels qui arrivent tout neufs dans le monde de l'AAE par le C2, mais également d'autres qui, dès le départ, ont déjà ce savoir-faire, explique le général. La planification aérienne a une vocation naturelle à encaisser le premier choc. Nous avons donc tout intérêt à avoir des personnels qualifiés à poste supplémentés par des processus qui fonctionnent en permanence. »
Avec seulement cinq années d'existence, la spécialité de PCOA en est encore à ses balbutiements. Pourtant, ces officiers, sous-officiers et militaires du rang qui la composent ont su se rendre indispensables à la bonne conduite des missions. « À travers mon parcours, j'espère à mon échelle contribuer au développement de cette filière encore jeune, et pourquoi pas, faire partie de celles et ceux qui en écriront les prochaines pages », conclut l'aspirant Mélanie. Une jeunesse motivée et des profils encourageants comme celui du général Jean-Paul Besse sont pleins d'espoir, prouvant que la spécialité PCOA offre des perspectives de carrière riches et variées, où l'expertise et l'engagement sont récompensés.