11/03/2026 | Press release | Distributed by Public on 11/03/2026 08:31
Paris, le 3 novembre 2026 - Si 52 % des Français interrogés citent la France parmi les pays les plus avancés en oncologie, 74 % estiment que tous les patients atteints de cancer n'ont pas le même accès aux médecins et aux traitements selon leur lieu de résidence. Une perception qui s'accompagne d'une forte attente en matière de financement : 91 % souhaitent davantage d'investissements de l'État dans la recherche de traitements innovants, tandis que seuls 22 % jugent la recherche contre le cancer suffisamment financée.
Ces résultats sont issus d'une enquête1 réalisée par l'Institut BonaFidé, en collaboration avec le collectif Cancers & Citoyenneté -qui rassemble 15 associations de patients en oncologie aux côtés d'autres acteurs du système de santé-, avec le soutien institutionnel de Pfizer. « A l'approche de la présidentielle, Français et patients ont un sentiment d'inégalités dans l'accès aux traitements et à l'innovation dans la lutte contre le cancer. Malgré un contexte budgétaire contraint, ils sont unanimes à demander à l'État plus de moyens pour la recherche et la prise en charge de la maladie. », explique Samuel JEQUIER, président de l'Institut BonaFidé.
Ces enseignements témoignent aussi d'une réalité qui change. Vivre plus longtemps avec certains cancers chroniques ou métastatiques, grâce aux progrès de la recherche, c'est aussi faire face à de nouveaux besoins : maintien et retour dans l'emploi, accès équitable aux essais cliniques, aux tests génomiques et aux soins de support sur l'ensemble du territoire, mais aussi accompagnement des proches et des aidants.
À l'occasion des 6èmes Rencontres Cancers & Citoyenneté, le collectif dévoile les résultats de cette enquête et présente ses propositions pour mieux répondre aux besoins des personnes vivant avec un cancer chronique ou métastatique, tout au long de leur parcours.
1. Le cancer n'est pas seulement un enjeu de santé. C'est un enjeu de sociétéLe cancer fragilise bien au-delà de la maladie. Pour les personnes atteintes de cancer comme pour les Français interrogés, lutter contre le cancer ne se résume pas au traitement : préserver la qualité de vie des malades est une priorité. Parmi les attentes exprimées figurent notamment le soulagement de la douleur, cité par 74 % du grand public et 65 % des patients, ainsi que la limitation des effets secondaires des traitements, mentionnée respectivement par 53 % et 63 %.
Les conséquences sociales du cancer occupent également une place importante. Pour 73 % des Français et 83 % des personnes atteintes de cancer interrogées, améliorer la prise en charge des patients isolés est aussi une priorité. La lutte contre la précarité est également largement citée par 69 % des Français et 79 % des patients interrogés. Une réalité observée au quotidien par les associations de patients. Caroline MERCIER, directrice générale de l'association RoseUp, souligne qu'il s'agit d'« un sujet qui remonte systématiquement dans les Maisons RoseUp », face à une « action publique limitée sur les territoires ».
2. Les Français de plus en plus prêts à participer aux essais cliniques mais demandent plus d'informations et de moyens pour garantir l'égalité d'accès aux essais cliniquesL'intérêt pour les essais cliniques progresse : 60 % des Français interrogés seraient aujourd'hui prêts à participer à un essai clinique contre le cancer, contre 46 % en 20102, et jusqu'à 85 % parmi les personnes atteintes de cancer. Pourtant, seuls 21 % du grand public et 15% des patients interrogés estiment que les essais cliniques sont suffisamment expliqués aux patients. Cette évolution s'accompagne d'une forte attente en matière d'information et d'égalité d'accès : 86 % des Français et 90 % des patients interrogés souhaitent davantage de moyens pour garantir l'égalité d'accès aux essais cliniques. Par ailleurs, 57 % des Français sont favorables à des campagnes d'information auprès du grand public.
Ce décalage entre l'intérêt pour la recherche et les difficultés à s'y retrouver est également souligné par Laure GUEROULT ACCOLAS, fondatrice de l'association Patients en réseau : « La population générale et les patients ont conscience que les essais cliniques représentent le premier moyen d'accéder à un nouveau traitement innovant. Mais lorsqu'on y est confronté, il est difficile de les comprendre, d'y accéder et de bénéficier d'un accès équitable sur l'ensemble du territoire ».
3. Une recherche reconnue, mais de fortes attentes en matière de financement et d'accès aux innovationsUne très nette majorité de Français et de patients attendent plus de moyens pour lutter contre le cancer : 91 % des Français et 99 % des patients interrogés pensent que l'État devrait investir davantage dans la recherche de traitements innovants en oncologie. Et seuls 22 % des Français interrogés jugent la recherche médicale sur le cancer suffisamment financée. Chez les patients, ils ne sont que 11 % à le penser.
Un paradoxe se dessine : alors que la France est largement perçue comme l'un des pays en pointe dans la recherche contre le cancer, celle-ci reste jugée insuffisamment accessible en matière d'information et pas assez soutenue financièrement. 52 % des Français citent la France parmi les pays les plus en pointe en oncologie, derrière les États-Unis (66 %). Chez les patients interrogés, ces chiffres atteignent respectivement 51 % et 80 %. A l'inverse, 79% des patients et 74% des Français interrogés pensent que tous les patients n'ont pas le même accès aux médecins et aux traitements dont ils ont besoin selon leur lieu de résidence.
Mais être à la pointe de la recherche ne suffit pas : encore faut-il que ses avancées soient pleinement disponibles. En France, parmi les 56 médicaments oncologiques autorisés en Europe entre 2021 et 20243, seuls 38 % sont disponibles dans le cadre du remboursement public sans restriction d'accès, et 30 % le sont sous certaines conditions ou restrictions. "Malgré les progrès de la recherche, l'accès aux traitements et aux innovations reste limité sur notre territoire français. On ne peut se satisfaire d'un accès aux innovations en retrait par rapport à nos voisins européens comme l'Allemagne, l'Italie ou l'Espagne. Il est essentiel que ces avancées thérapeutiques se traduisent plus rapidement par un accès dans le droit commun pour les patients.", souligne Laurent GILLOT, président de l'association Association Française des Malades du Myélome Multiple (AF3M).
4. Présidentielle 2027 : la lutte contre le cancer, une attente forte des Français et des patientsÀ l'approche de l'élection présidentielle de 2027, l'enquête montre que la lutte contre le cancer constitue une attente forte : 71 % des Français et 86 % des patients interrogés déclarent qu'ils accorderont de l'importance aux propositions des candidats en la matière. Cette attente dépasse ainsi les seules personnes directement touchées par la maladie.
Pour le collectif Cancers & Citoyenneté, ces résultats appellent à faire de la lutte contre le cancer un enjeu pleinement intégré aux politiques publiques, de la prévention et de la détection précoce jusqu'à l'accès aux soins et aux innovations, en prenant également en compte les conséquences sociales de la maladie.
« Cette enquête envoie un message clair ! Les associations de patients comptent parmi les acteurs auxquels les personnes interrogées font le plus confiance, aux côtés des scientifiques, des chercheurs et du corps médical. Cette confiance doit se traduire par une meilleure prise en compte de leur expertise dans les politiques publiques de lutte contre le cancer. », conclut Olivier CUSSENOT, Président de l'Association Nationale des Malades du Cancer de la Prostate (ANAMACAP).
Face à ces attentes, le collectif porte des propositions autour de quatre priorités : garantir un accès équitable aux innovations, accompagner les parcours dans la durée, préserver la place des personnes malades dans la société, et mieux prendre en compte les réalités du cancer chronique dans les politiques publiques. Parmi les mesures défendues : pérenniser le financement des tests génomiques, améliorer l'information et l'accès aux essais cliniques, renforcer le financement des soins de support, et mieux adapter le travail aux traitements au long cours.
À propos du Collectif Cancers & CitoyennetéLe collectif Cancers & Citoyenneté rassemble 15 associations de patients, aux côtés d'autres acteurs du système de santé, autour d'une ambition commune : faire entendre la voix des personnes vivant avec un cancer chronique ou métastatique et adapter les politiques publiques à la réalité de leurs parcours.
Le collectif réunit l'Association Française des Malades du Myélome Multiple (AF3M), ANAMACaP, ALK ROS1 France Cancer Poumon, CerHom, Patients en Réseau, le Collectif 1310 (comprenant l'Association LIFE, EUROPA DONNA France, Collectif Triplettes Roses, Association Étincelle, Juris Santé, Vivre comme Avant et l'association OSE !), RoseUp, Espoir Pancréas et Espoir Voies Biliaires, avec le soutien institutionnel de Pfizer.
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