02/12/2026 | Press release | Archived content
Marrakech/Genève, 12 février 2026 - Lors de la sixième Conférence mondiale sur l'élimination du travail des enfants à Marrakech, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a exhorté les gouvernements à placer la migration et la traite des êtres humains au cœur de la lutte contre le travail des enfants, appelant à un renforcement du recueil de données, de la recherche et de la coopération transfrontalière afin de mieux protéger les enfants migrants.
Selon les dernières données disponibles de l'OIM, plus de 125 000 victimes de la traite ont été officiellement identifiées dans le monde, mais le nombre réel serait nettement plus élevé, parce que ces faits sont rarement signalés et qu'il existe des lacunes dans les systèmes de détection. Parmi les personnes identifiées, près de 30 000 sont des enfants, ce qui signifie que près d'une victime détectée sur quatre dans le monde est un enfant.
« Des millions d'enfants déplacés sont exposés à des risques très importants d'exploitation et de traite, mais ils restent trop souvent invisibles dans les politiques et les systèmes de protection mondiaux », a déclaré la Directrice générale de l'OIM, Amy Pope, dans son message vidéo. « Nous devons agir maintenant, au-delà des frontières et dans tous les secteurs, pour combler ces lacunes alarmantes en matière de protection et garantir la sécurité de tous les enfants, partout dans le monde. »
La conférence, organisée par le gouvernement marocain et l'Organisation internationale du travail du 11 au 13 février, a réuni des gouvernements, des agences des Nations unies, des entreprises, la société civile et des jeunes engagés dans cette cause afin d'accélérer les mesures visant à éliminer le travail des enfants.
Au cours de cet événement, l'OIM a souligné l'importance de disposer de données et de recherches plus solides pour mieux identifier les risques. Ces informations permettraient également de prévoir des initiatives de prévention et des réponses mieux ciblées. Des recherches récentes, notamment une étude conjointe de l'OIM et de Harvard analysant vingt ans de données sur la traite des enfants, mettent en évidence les liens complexes entre le travail des enfants, la migration et la traite des personnes. Les conclusions de cette étude établissent la nécessité de mieux aligner les systèmes de protection de l'enfance, de migration et de lutte contre la traite, et de mieux coordonner les actions entre les décideurs politiques, les chercheurs et les praticiens.
Au cours de la session « Alliance 8.7 : 10 ans de partenariat et d'action », l'OIM a souligné la nécessité de réponses coordonnées et respectueuses des droits humains. En tant que présidente du Groupe d'action sur les migrations, l'OIM a souligné que les partenariats sont essentiels pour combler les lacunes et mieux coordonner les réponses en matière de migration ainsi que la lutte contre le travail des enfants et la traite, et pour aider les pays à élaborer des approches intégrées.
L'Organisation a également mis en avant les progrès réalisés dans le cadre du Programme mondial OIM-Save the Children-UNICEF pour la protection des enfants migrants. La collaboration avec différents gouvernements d'Afrique de l'Est, de la Corne de l'Afrique et d'Afrique du Nord renforce les systèmes transfrontaliers de gestion des cas et d'orientation afin de réduire les risques auxquels sont confrontés les enfants le long des routes migratoires.
L'OIM a réaffirmé son engagement à collaborer avec les gouvernements, les partenaires des Nations Unies, la société civile et les réseaux de jeunes afin de garantir que les initiatives visant à éliminer le travail des enfants incluent les enfants migrants et s'appuient sur des données plus solides, notamment dans la perspective du Forum international d'examen des migrations.
L'Organisation a également appelé à investir davantage dans des partenariats en faveur des politiques et des programmes de prévention de l'exploitation et de protection des enfants en situation de vulnérabilité, ainsi qu'à la mise en place d'indicateurs mondiaux plus solides reflétant les réalités de la migration et de la traite des personnes.
L'OIM a en outre présenté WakaWell, une plateforme conçue par des jeunes pour les jeunes de toute l'Afrique afin de les aider à faire des choix qui ne les mettent pas en danger et à migrer en connaissance de cause, le cas échéant. La participation de l'OIM à la conférence a été soutenue par le programme « Coopération en matière de migration et partenariats pour des solutions durables » (COMPASS), une initiative pluriannuelle et multirégionale qui renforce les systèmes de gouvernance des migrations tout en défendant les droits des migrants.
Pour plus d'informations, veuillez consulter le Centre des médias de l'OIM.