02/18/2026 | Press release | Distributed by Public on 02/18/2026 08:47
Dans le département de l'Allier, l'entreprise Imerys souhaite implanter une mine et des installations industrielles pour exploiter un important gisement de lithium à partir de 2028. L'industriel annonce sa volonté d'extraire 34 000 tonnes de lithium chaque année pendant 50 ans, ce qui permettrait de produire l'équivalent de 700 000 batteries de voitures électriques tous les ans.
Dans ce dossier, FNEretrace sa mobilisation sur ce projet annonciateur de la volonté de l'État en faveur d'un grand retour des mines en métropole.
Le projet EMILI(pour Extraction de MIca Lithinifère par Imerys, un joli prénom pour un projet bien moins joli) porté par IMERYS, annoncé en octobre 2022, est un projet industriel de grande envergure :
[Link][Link]Ce projet industriel serait réparti sur 3 sites :
Un tel projet pourrait façonner sur le long terme la dynamique socio-économique des territoires concernés, en fermant la porte à d'autres projets économiques collectifs (comme le développement d'activités touristiques).
Le projet de mine de lithium entraînerait des conséquences environnementales nombreuses et significatives :
L'État n'a jamais caché son soutien au projet : dès l'annonce du projet d'une mine qui produirait 34 000 tonnes de lithium par an en octobre 2022, Bruno Le Maire, alors ministre de l'Économie, avait déjà salué l'exemplarité du projet sur le plan environnemental. Par la suite, les déclarations de la préfète de l'Allier en faveur du projet se sont multipliées.
Ce soutien s'est concrétisé en juillet 2024 par la qualification du projet industriel en projet d'intérêt national majeur, et cela plusieurs semaines avant la fin du débat public. L'État a ainsi montré ainsi sa détermination à voir le projet aboutir coûte que coûte.
Ce projet est dans la continuité d'une volonté française et européenne, remontant à plus d'une dizaine d'années, d'encourager la réindustrialisation par l'installation d'exploitation minière.
Cette volonté s'est traduite à l'échelle européenne par le Critical Raw Materials Regulation (Loi sur les matières premières critiques), et à l'échelle française notamment par la loi Industrie Verte. Une mise à jour de l'inventaire stratégique des ressources minérales du sous-sol français confiée au BRGMen 2023 est en cours. Par ailleurs, les Permis Exclusifs de Recherche (PER) se multiplient partout en France.
Le projet EMILIalimente un modèle de généralisation du véhicule électrique individuel, alors que ces perspectives techno-solutionnistes sont insuffisantes au regard de l'urgence climatique. En effet, aucune mesure n'a été prise pour lutter contre les risques liés à la généralisation des véhicules électriques individuels lourds.
Si le projet se targue de contribuer à la transition énergétique de la France via l'électrification du parc automobile, remplacer tout le parc thermique par un parc électrique ne doit pas être la pierre angulaire de cette transition. Par ailleurs, il n'y a aucune garantie que le lithium extrait sera réservé à des véhicules à faible impact : il pourra tout à fait être destiné à des SUVélectriques, dont l'impact environnemental est significativement plus important.
Le débat public qui a été organisé a permis de poser la question du besoin réel de lithium, alors même que le pays consomme déjà deux fois trop de métaux par rapport à une limite durable de la consommation, alors que les tendances prévoient déjà un doublement de l'empreinte métal d'ici 2050. La sobriété est la seule issue : il est nécessaire de limiter au maximum possible la consommation de métaux.
À la suite du débat public, FNEa démarré en juillet 2024 une réflexion plus globale autour de la nécessité de réduire la consommation de matières métalliques et non-métalliques. Le Conseil d'administration a validé en avril 2025 une note de positionnement urgeant à la sobriété matières, face aux constats des impacts en France et dans le monde de la surconsommation de matières. FNEa formulé 10 propositions politiques pour aller vers la sobriété matières.
Parmi ces propositions, FNEappelle à concevoir une stratégie nationale de sobriété matières et à la mise en place d'un dispositif démocratique sur la souhaitabilité de la relance minière, ses modalités et plus généralement sur les conditions de gestion de notre sous-sol.
Pour en savoir plus sur la sobriété matières selon FNE, rendez-vous sur le dossier dédié (dossier à venir en mars) !
À la suite du débat public sur le projet de mine de lithium dans l'Allier, FNEa estimé que l'opportunité du projet n'était pas vérifiée pour quatre raisons :
FNEs'est fortement investie en amont, pendant et après le débat public lancé par la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) entre mars et juillet 2024. Ces liens retracent les temps forts de mobilisation :
France Nature Environnement au national est investie sur les enjeux miniers depuis plus d'une dizaine d'années, et plus encore à travers les associations de sa fédération. FNEagit pour faire de la sobriété matières une priorité au sein des institutions de décision nationales, inclure les citoyennes et citoyens dans les processus de décision et sensibiliser sur l'ensemble des problématiques.
Notre dernière victoire ? L'action en justice de FNEa permis le refus du renouvellement de la concession minière du groupe Montagne d'or en Guyane.
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