01/15/2026 | Press release | Distributed by Public on 01/15/2026 18:36
À la demande des États-Unis, le Conseil de sécurité a tenu cet après-midi une réunion sur la situation en République islamique d'Iran qui, depuis fin décembre, est secouée par des manifestations meurtrières qui font craindre un embrasement régional. Washington n'écarte aucune option, a affirmé la délégation américaine tandis que la Fédération de Russie a mis en garde contre toute « aventure militaire » susceptible de provoquer un chaos sanglant.
Ces manifestations, qui ont débuté de façon pacifique pour dénoncer des difficultés économiques et financières avant de s'intensifier à Téhéran et dans plusieurs grandes villes, auraient fait des centaines, voire des milliers de manifestants entre le 8 et le 10 janvier, selon des chiffres que l'ONU n'est pas en mesure de vérifier.
De même, des organisations des droits humains ont fait état d'arrestations massives, évoquant plus de 18 000 personnes détenues à la mi-janvier 2026, a indiqué Mme Martha Ama Akyaa Pobee, Sous-Secrétaire générale pour l'Afrique dans sa présentation circonstanciée de la situation.
Décrivant une situation en évolution constante et profondément préoccupante, elle s'est inquiétée des déclarations publiques suggérant d'éventuelles frappes militaires contre le pays.
« Le Secrétaire général reste convaincu que toutes les préoccupations concernant l'Iran, y compris celles relatives à la question nucléaire et aux manifestations en cours, doivent être abordées par la diplomatie et le dialogue », a-t-elle souligné.
« L'Iran affirme être prêt au dialogue, mais ses actions prouvent le contraire. Ça suffit! », a tonné le représentant américain. C'est le manquement du régime à ses devoirs envers ses propres citoyens qui a conduit les ayatollahs à la situation dans laquelle ils se trouvent aujourd'hui, avec des centaines de milliers, voire des millions de personnes manifestant dans les rues après des décennies de négligence et d'abus.
Le délégué américain a appelé la communauté internationale à aider le peuple iranien à mettre fin à son oppression et à son assujettissement, soulignant que le régime iranien, qui déstabilise le Moyen-Orient depuis des années, devra répondre de ses actes.
Le Président Donald J. Trump est un homme d'action. Et toutes les options sont sur la table pour mettre fin à ce massacre, a-t-il averti.
Cette position a préoccupé plusieurs délégations, à l'instar de la Colombie, Bahreïn, ou encore du Pakistan qui ont appelé à la retenue, au dialogue et à la diplomatie.
« Il faut s'abstenir de jeter de l'huile sur le feu », a appuyé la Chine. « Le recours à la force ne contribuera qu'à rendre les problèmes plus complexes et ingérables et poussera la région dans un gouffre sans fond. »
Notant que la situation présente un risque d'escalade très préoccupant, la France s'est dite prête à imposer des mesures restrictives supplémentaires à l'encontre des individus et entités impliqués dans la répression des manifestations. Elle a également demandé la convocation rapide d'une session extraordinaire du Conseil des droits de l'homme, afin de charger les mécanismes dédiés d'enquêter sur les violations des droits humains.
Les A3 (Libéria, République démocratique du Congo et Somalie) ont eux aussi alerté le Conseil sur le contexte régional et international plus large, notamment les enjeux liés au dossier nucléaire et à la sécurité régionale.
Présentant sa propre version des faits, le représentant de la République islamique d'Iran a évoqué au contraire une tentative malveillante d'Israël d'entraîner Washington dans une nouvelle guerre d'agression contre son pays.
Selon lui, des manifestations pacifiques auraient été délibérément détournées par des groupes armés organisés et transformées en émeutes violentes. Et entre le 8 et le 10 janvier 2026, le peuple et le Gouvernement de son pays auraient été confrontés à des actes de terrorisme et de violence extrême, « similaires à ceux perpétrés par Daech ».
Incapables d'atteindre leurs objectifs lors de la guerre d'agression de 12 jours menée contre l'Iran en juin 2025, les États-Unis et le régime israélien cherchent désormais à parvenir aux mêmes fins par la déstabilisation politique, les troubles internes et le chaos, a-t-il accusé.
Ce qui se passe en Iran est un nouvel exemple des méthodes éprouvées des « révolutions de couleur », au cours desquelles des provocateurs armés et spécialement entraînés ont transformés des manifestations pacifiques en émeutes insensées, a renchérit la Fédération de Russie.
Selon elle, la situation actuelle s'inscrirait pleinement dans la politique de « pression maximale » exercée sur Téhéran par Washington.
Dans son intervention, le représentant de la République islamique d'Iran a également vivement dénoncé la présence, lors de cette réunion, de deux représentants de la société civile, « imposés par le représentant des États-Unis sous cette fausse étiquette », les accusant d'être tous deux payés par le Mossad.
Témoignant avoir été incarcéré et torturé pendant de nombreuses années par le « régime diabolique iranien », M. Ahmad Batebi a enjoint le Président américain à l'action: « Merci Donald Trump pour tout ce que vous faites. Mais ne laissez pas les gens qui sont descendus dans la rue seuls. Autrement ils ne pourront pas renverser le régime et le génocide se poursuivra », a-t-il dit.
Au préalable, Mme Masih Alinejad, qui a dit avoir été victime de trois tentatives d'assassinat de la part du « régime iranien », a fait observer que lorsque le régime coupe Internet pendant un carnage, c'est une volonté de détruire les preuves. Heureusement que Starlink a permis aux Iraniens de communiquer avec le monde, s'est-elle félicitée.
Elle a également accusé les Nations Unies d'avoir échoué face au régime iranien. « Pourquoi avez-vous peur de l'Iran? » a-t-elle demandé à l'endroit du Secrétaire général de l'ONU.
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