06/15/2026 | Press release | Distributed by Public on 06/15/2026 15:34
Dans l'un des épicentres de l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC), seul un établissement de santé sur cinq dispose d'assez d'eau potable, selon de nouvelles données recueillies sur le terrain par Oxfam. Ces résultats soulèvent de vives inquiétudes quant à la propagation du virus Ebola de souche Bundibugyo - l'accès à l'eau potable restant la première ligne de défense contre la transmission- et font craindre que l'ampleur réelle des infections ne soit sous-estimée.
Les données recueillies sur le terrain par Oxfam montrent qu'à Mongbwalo, une ville de près de 140 000 habitants qui constitue l'un des épicentres de l'épidémie dans la province d'Ituri, seuls 20 % de la population ont accès à l'eau potable et 25 % ont accès à des infrastructures sanitaires et d'hygiène en état de fonctionner. De nombreuses familles sont contraintes d'utiliser de l'eau contaminée par les ruissellements chimiques provenant des activités minières.
Ces données mettent en lumière une crise plus générale qui touche l'ensemble de la province d'Ituri : des sources d'eau contaminées, des infrastructures de lavage des mains inutilisables et des centres de santé qui peinent à éliminer les déchets infectieux en toute sécurité, tandis que de nombreux agents de première ligne ne disposent toujours pas d'équipements de protection de base. Ces conditions entravent les efforts visant à endiguer la propagation du virus.
Manel Rebordosa, Coordinateur de terrain de la réponse d'Oxfam à l'épidémie d'Ebola, basé au cœur de l'épidémie en Ituri, dans l'est de la RDC, a déclaré :
« L'eau, qui constitue la première ligne de défense absolue en cas d'urgence sanitaire, fait tout simplement défaut. Les mineurs qui travaillent dans les environs n'ont ni toilettes ni points d'eau pour se laver les mains, puis rentrent chez eux dans des communautés déjà aux prises avec le virus. L'eau potable coûte deux dollars les 20 litres. Pour la plupart des familles d'ici, c'est bien au-delà de leurs moyens. »
Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) des États-Unis ont confirmé qu'il s'agissait désormais de la plus importante épidémie de Bundibugyo jamais enregistrée. Le ministère de la Santé de la RDC a confirmé 781 cas et 182 décès dans 25 zones sanitaires, mais Oxfam prévient que le bilan réel est probablement bien plus élevé. Contrairement à l'épidémie de 2018, il n'existe aucun vaccin homologué ni aucun traitement approuvé contre la souche Bundibugyo, ce qui fait de l'eau potable et de l'assainissement des éléments essentiels de la lutte contre ce virus.
Le traçage des contacts, pilier de toute riposte à Ebola, n'atteint plus qu'un taux de 43 %. Ce niveau est nettement inférieur au taux de 79 % enregistré un mois après le début de l'épidémie de 2018-2020 dans la même région.
« Un mois après le début de l'épidémie de 2018, les professionnels de santé avaient atteint des taux de traçage des contacts permettant de suivre avec succès près de huit contacts connus sur dix. Aujourd'hui, suite au retrait du financement américain destiné à la surveillance épidémiologique et face au grave manque de ressources, la recherche des contacts touche moins de la moitié des cas. Cet écart n'est pas seulement une statistique, c'est une dure réalité qui permet au virus de se propager à l'insu de tout le monde au sein des communautés », a déclaré Rebordosa.
« L'eau, qui constitue la première ligne de défense absolue en cas d'urgence sanitaire, fait tout simplement défaut. Les mineurs qui travaillent dans les environs n'ont ni toilettes ni points d'eau pour se laver les mains, puis rentrent chez eux dans des communautés déjà aux prises avec le virus. L'eau potable coûte deux dollars les 20 litres. Pour la plupart des familles d'ici, c'est bien au-delà de leurs moyens. »
Avec seulement 0,2 médecin pour 1 000 habitants et plus de 70 établissements de santé détruits par le conflit, les autorités sanitaires de la RDC peinent à détecter les nouveaux cas assez rapidement pour enrayer la transmission. Dans le Nord-Kivu, des décès sont signalés dans les communautés avant même que les patients ne soient identifiés comme atteints d'Ebola. De plus en plus de familles s'occupent de leurs proches malades à domicile, exposant ainsi, sans le savoir, d'autres personnes au virus.
Le financement humanitaire mondial destiné à la RDC a été réduit de 46 % - passant de 2,58 milliards de dollars en 2024 à 1,4 milliard de dollars en 2026 -, ce qui représente le taux de couverture le plus bas depuis dix ans et contraint les organisations humanitaires à réduire considérablement leurs activités. Selon le Forum des ONG de la RDC, les organisations locales, qui sont souvent les premières à intervenir lors d'épidémies, ont reçu moins de 6 % des fonds humanitaires alloués récemment.
Les coupes budgétaires ont contraint les organisations à réduire leurs équipes de liaison avec les communautés, privant ainsi l'intervention d'un pilier essentiel. De plus, la grave pénurie d'équipements de protection individuelle, d'installations sanitaires et d'infrastructures d'approvisionnement en eau potable continue de freiner les opérations d'intervention, rendant de plus en plus difficile la lutte contre la désinformation et la propagation du virus.
« Lorsque les équipes de liaison qui ont la confiance des communautés disparaissent, les rumeurs se propagent plus vite que le virus. Les gens craignent désormais les établissements de santé, qu'ils considèrent comme des pièges mortels. Les familles se tournent vers les remèdes traditionnels, ce qui risque de retarder les traitements et de permettre au virus de se propager davantage. Chaque jour qui passe sans financement, le virus fait de nouvelles victimes », a déclaré Rebordosa.
Tibakanya Mireille, mère de cinq enfants à Bunia, a déclaré : « J'ai emmené ma fille à l'hôpital quand j'ai remarqué qu'elle avait de la fièvre, et elle passe actuellement des tests. Nous sommes très inquiets. Ici, deux maisons ont été mises en quarantaine, et une famille a perdu plusieurs proches après s'être occupée d'un membre de la famille malade, ce qui a contaminé d'autres personnes. La maladie a déjà fait plusieurs victimes dans notre communauté de Shari, à Bunia. »
Oxfam collabore avec ses partenaires et a renforcé son intervention face à l'épidémie d'Ebola, en mettant en place un programme initial de 11,6 millions de dollars sur six mois visant à fournir de l'eau potable et des kits d'hygiène à 200 000 personnes dans la province d'Ituri et à soutenir les actions de sensibilisation menées par les communautés. Cependant, cela est loin d'être suffisant.
Fatuma Noor | [email protected] | +254 723 944 682
Yves Kalwira in Goma | [email protected] | +243 814043637
Pour des mises à jour en temps réel, suivez-nous sur X et Bluesky, et rejoignez notre WhatsApp chaîne spécialement conçue pour les journalistes et les professionnels des médias.