Les Engagés - Action Solidaire asbl

09/02/2026 | News release | Distributed by Public on 09/02/2026 02:48

Notre Mouvement défend un Plan National Narcotrafic : « Il faut transformer l’urgence en stratégie permanente »

62 fusillades en 2023, 92 en 2024, 102 en 2025, déjà 69 depuis janvier, auxquelles s'ajoutent 22 explosions. Pendant que certains cherchent encore à qui incombe la faute, les Bruxellois, eux, comptent les échanges de tirs.

Les mesures prises ces derniers jours vont dans la bonne direction, en particulier la réunion du Comité régional de sécurité et la mise en place d'un commandement opérationnel commun aux six zones de police. Mais il faut aller encore plus loin.

« Les Bruxellois n'ont que faire de savoir qui, du PS ou du MR, remportera la bataille de la responsabilité. Chacun doit assumer ses compétences, mais surtout accepter de travailler avec les autres. La sécurité doit passer avant les clivages, les intérêts de parti et la particratie. Fin de la récréation » , insiste notre députée bruxelloise Sofia Bennani.

« Les premiers pas sont là. Maintenant, il faut transformer l'urgence en stratégie permanente. Bruxelles ne peut pas fonctionner avec quinze jours de mobilisation après chaque série de fusillades, puis revenir à la normale » , souligne Victor Wiard, notre président des Engagés Bruxelles.

Au niveau fédéral : viser l'argent, remplir les cadres, sécuriser la rue

Le trafic de stupéfiants représente environ 50 milliards d'euros de flux annuels en Belgique. C'est là que se trouve le point faible des réseaux. La priorité, c'est de frapper l'argent.

« Le narcotrafic, c'est d'abord de l'argent. Follow the money. Le parquet national financier, que nous avons obtenu et dont la mise en place est en cours, doit aussi servir à cela : remonter les flux, saisir les véhicules, les immeubles et les avoirs criminels, démanteler les sociétés-écrans. On ne fera pas reculer un réseau en arrêtant un guetteur. On le fera reculer en lui prenant sa trésorerie » , explique notre député fédéral Ismaël Nuino.

En septembre 2025, notre député fédéral présentait un plan en six axes contre le narcotrafic :

  • un fonds alimenté par les avoirs confisqués,
  • le gel administratif des biens sur le modèle antiterroriste,
  • un régime carcéral de haute sécurité empêchant les chefs de réseau de piloter depuis leur cellule,
  • l'aggravation des peines en cas de recrutement de mineurs comme guetteurs ou courriers,
  • la sécurisation des ports,
  • et la généralisation des chambres de traitement de la toxicomanie.

« Il y a déjà eu des avancées : l'aggravation des peines en matière de narcotrafic, le déblocage par le fédéral de 20 millions d'euros pour améliorer la couverture caméra dans les grandes villes. Nous devons maintenant poursuivre le travail en matière de régime carcéral et surtout en mettant en place les chambres de traitement de la toxicomanie. Elles doivent permettre au juge d'imposer des mesures sanitaires en guise de peine. C'est de ça dont ont besoin ceux qui sont addict » , poursuitIsmaël Nuino.

Nous soutenons l'objectif de 80 membres supplémentaires à la Police judiciaire fédérale à Bruxelles. Mais l'effort doit être mené des deux côtés de la chaîne : il faut aussi renforcer les magistrats. Le président du tribunal de première instance francophone alerte depuis janvier que le système judiciaire bruxellois a atteint sa limite, avec 1.015 dossiers stupéfiants en 2025 contre 598 en 2020.

« Renforcer les enquêteurs sans renforcer les magistrats, c'est déplacer le problème, pas le résoudre. Aujourd'hui, on arrête plus vite qu'on ne juge. Les cadres de la police judiciaire fédérale, du parquet et du tribunal de Bruxelles et de la cour d'appel doivent être remplis. Nous devons renforcer toute la chaîne, pas seulement le bleu en rue », insiste Ismaël Nuino.

« La lutte contre le narcotrafic doit être menée comme celle contre le terrorisme. Nous devons mettre l'ensemble des services de renseignement et de sécurité autour d'une même table et s'assurer que l'information circule », expliqueIsmaël Nuino.

Sur la présence de militaires dans la rue, notre position est claire. « Lorsqu'un commissariat est mitraillé à l'arme de guerre, c'est l'État qui est visé, et l'État doit se défendre. Nous sommes favorables au déploiement de militaires en plus grand nombre sur le territoire bruxellois, sous le contrôle de la police et aux frais de la Défense. Ce n'est pas une réponse en soi. C'est un moyen de rendre des policiers à leur métier : enquêter », affirme Ismaël Nuino.

Au niveau régional et communal : reprendre le terrain

Nous demandons le retour de brigades de type Koban dans les quartiers les plus touchés et le renforcement d'une véritable police de proximité. Ces unités permettaient à des policiers durablement affectés à un périmètre de connaître les habitants et les commerçants, mais aussi les dealers, les points de vente et les dynamiques criminelles locales.

« Les opérations coup de poing sont nécessaires, mais elles ne suffisent pas. Le narcotrafic s'installe dans les vides que nous lui laissons. Il faut remettre durablement des policiers dans les quartiers et avancer sur la réforme de la norme KUL, afin que Bruxelles dispose d'effectifs correspondant à sa réalité », souligne Sofia Bennani.

Nous demandons également un audit régional complet du parc de vidéosurveillance, commune par commune et zone par zone : nombre, ancienneté, état de fonctionnement, qualité des images, accessibilité pour les enquêteurs, couverture des points de deal et des hotspots. Cet audit doit déboucher sur un plan pluriannuel de modernisation, priorité aux quartiers les plus exposés.

« Nous ne voulons pas simplement plus de caméras. Nous voulons les bonnes caméras, au bon endroit, avec des images réellement exploitables par les enquêteurs », pointe Sofia Bennani.

En 2024, la Région a engagé 27,6 millions d'euros pour les Plans locaux de Prévention et de Proximité. Nous demandons que safe.brussels renforce l'évaluation de ces plans, commune par commune, avec une attention particulière au recrutement des jeunes par les réseaux et aux assuétudes.

« Nous ne voulons pas moins de prévention, mais une prévention plus forte et plus efficace. Près de 28 millions d'euros sont mobilisés. Le contrôle des factures est nécessaire ; l'évaluation des résultats l'est encore davantage », insiste Sofia Bennani.

Un système contre un système

Aucune mesure ne suffira isolément. La réponse doit articuler police de proximité, capacité judiciaire, prévention, lutte contre le recrutement des mineurs, économie de quartier, vidéosurveillance et traque de l'argent criminel. Les communes, les six zones de police, la Région et le fédéral doivent travailler dans la même direction, avec des objectifs communs et des résultats évalués.

« L'intérêt des Bruxellois doit passer avant les clivages politiques et la particratie. Le narcotrafic, ce n'est pas seulement une affaire de sécurité. Ce sont également des impacts économiques. Le narcotrafic est un système. Notre réponse doit en être un aussi » , conclut Victor Wiard.

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