06/15/2026 | News release | Distributed by Public on 06/16/2026 08:19
Réuni lundi à Genève, le Conseil des droits de l'homme a longuement évoqué les conséquences économiques et humanitaires du conflit déclenché fin février par des frappes israélo-américaines sur des installations militaires et nucléaires iraniennes. Téhéran a riposté par une série d'attaques visant des intérêts et alliés américains dans le Golfe persique, entraînant un embrasement régional. La perturbation du trafic maritime qui en a résulté dans le détroit d'Ormuz a profondément désorganisé les chaînes d'approvisionnement à l'échelle planétaire.
© Unsplash/Planet Volumes Une image générée par ordinateur du détroit d'Ormuz, entre l'Iran, au Nord, et Oman, au Sud.Dans la ville suisse, la Haute-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l'homme, Awa Dabo a souligné combien cette situation affecte le transport aérien, ralentit l'acheminement de l'aide humanitaire et menace l'approvisionnement en engrais, un élément essentiel pour la production agricole dans de nombreuses régions du monde.
« Les économistes avertissent que, si le détroit n'est pas rouvert, certaines des économies les plus vulnérables du monde pourraient sombrer dans le chaos, aggravant la pauvreté et la faim pour des millions de personnes », a-t-elle averti.
Face à ces risques, Mme Dabo a appelé à faire en sorte que les agences spécialisées des Nations Unies puissent disposer des moyens nécessaires pour contenir les conséquences de la crise, à commencer par le Programme alimentaire mondial (PAM) et l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).
Le détroit d'Ormuz constitue l'un des principaux points de passage du commerce international. En temps normal, environ un quart du pétrole mondial acheminé par voie maritime et d'importants volumes de gaz naturel liquéfié et d'engrais y transitent. Au point que sa paralysie partielle a rapidement provoqué des inquiétudes bien au-delà du Moyen-Orient.
Cette mise en garde intervient alors que les Nations Unies ont accueilli favorablement l'annonce d'un accord entre Washington et Téhéran, qui devrait faire l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève.
Dimanche, le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a salué une « étape cruciale » vers un règlement pacifique du conflit. Selon son porte-parole, l'accord conclu prévoit un cessez-le-feu immédiat et permanent, la réouverture du détroit d'Ormuz, ainsi qu'un cadre destiné à poursuivre les négociations de paix, en particulier concernant les modalités du programme nucléaire iranien.
Également présent à la réunion de lundi à Genève, le chef des droits de l'homme de l'ONU, Volker Türk, a appelé les parties à transformer cette avancée diplomatique en règlement durable.
« En ce moment fragile, toutes les parties doivent faire preuve de la plus grande retenue et s'employer à consolider le cessez-le-feu afin de le transformer en un accord de paix global », a-t-il déclaré.
De son côté, le chef de l'Organisation maritime internationale (OMI), Arsenio Dominguez, a estimé que le volet de l'accord concernant le détroit d'Ormuz devrait permettre de rétablir la sécurité des gens de mer et des navires dans ce couloir maritime vital, ainsi que de préserver le principe fondamental de la liberté de navigation.
« L'accord permet également à l'OMI de faire avancer son plan d'évacuation des milliers de gens de mer bloqués dans la zone », a-t-il spécifié.
Le conflit a éclaté le 28 février après des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran. Téhéran a riposté en visant Israël ainsi que plusieurs États du Golfe alliés de Washington. Le Liban a également été entraîné dans les hostilités après des tirs du Hezbollah contre Israël.
À Genève, les débats ont toutefois montré que les divergences demeurent profondes.
Le représentant permanent des Émirats arabes unis auprès des Nations Unies, Jamal Al Musharakh, a affirmé que son pays avait subi plus de 3 000 attaques menées à l'aide de missiles balistiques, de missiles de croisière et de drones depuis le début de la guerre.
De son côté, l'ambassadeur iranien Ali Bahreini a défendu l'action de son pays en invoquant le droit à la légitime défense et dénoncé les « bombardements aériens indiscriminés » subis par la population iranienne.
« Si l'Iran a finalement accepté le cessez-le-feu, malgré ses imperfections et les difficultés qui ont suivi, c'est par un profond sens des responsabilités envers les dirigeants de la région et la sécurité collective », a-t-il affirmé.
Selon Volker Türk, les frappes américaines et israéliennes en Iran auraient fait plusieurs milliers de morts parmi les civils, « dont des centaines d'enfants », et détruit des hôpitaux, des écoles et de nombreuses infrastructures civiles.
Le chef des droits humains a également demandé la publication des conclusions de l'enquête américaine sur l'attaque de l'école de Minab, survenue au premier jour du conflit et qui a fait plus de 156 morts.