02/24/2026 | Press release | Distributed by Public on 02/24/2026 15:54
La Cinquième Commission, chargée des questions administratives et budgétaires, a entamé aujourd'hui sa première reprise de session, armée de cinq rapports du Secrétaire général, dont celui sur le recouvrement des coûts. La session, qui doit s'achever le 27 mars avec comme point principal la gestion des ressources humaines, commence sous un ciel assombri par la crise de trésorerie qui secoue l'ONU.
À ce jour, seuls 71 États Membres sur 193 ont versé la totalité de leur dû à un budget ordinaire de 3,45 milliards de dollars pour 2026. Après avoir terminé l'année 2025 avec un trou de 1,56 milliard de dollars, l'ONU espère que les États-Unis s'acquitteront d'une partie ou de la totalité de leur dette de 1,2 milliard de dollars.
Il faut ajouter à cette somme les plus de 700 millions de dollars qu'ils doivent cette année. L'autre grande contributrice, la Chine, n'a toujours pas mis la main à la poche pour s'acquitter d'une quote-part de 20% au budget ordinaire, contre 22% pour les États-Unis.
Devant une Commission connue pour ses négociations en groupes restreints, au détriment des petites délégations, plusieurs délégations, dont le Groupe des 77 et la Chine, ont appelé à un respect rigoureux du calendrier, condition sine qua non à des délibérations substantielles.
Le programme de réforme « ONU80 » et ses réductions de 15% du nombre des fonctionnaires et de 20% des autres dépenses ont suscité quelques commentaires. Aucune réforme ne saurait entraver l'exécution des mandats de l'Organisation ni compromettre ses capacités opérationnelles, ont tonné la Fédération de Russie, les Fidji, les Maldives ou encore la Chine. Ils ont insisté sur le fait que toute innovation doit obtenir au préalable le blanc-seing des États Membres.
Discipline budgétaire, responsabilité et bonne gestion des fonds ont été les instructions données à l'ONU par le Japon, le groupe CANZ (Australie, Canada, Nouvelle-Zélande), les États-Unis, le Royaume-Uni ou encore l'Union européenne.
ONU80 s'articule autour de trois axes: gains d'efficacité et améliorations à apporter au fonctionnement de l'Organisation; examen de l'exécution des mandats; et réorganisation structurelle.
De nombreuses délégations se sont attardées sur la question du recouvrement des coûts. En vertu du Règlement financier, l'ONU peut fournir des services à une vaste gamme de clients, tant internes qu'externes, où qu'ils se trouvent. La portée du recouvrement des coûts ayant augmenté au fil des ans, il est devenu indispensable d'exercer un plus grand contrôle et d'assurer une gestion active et centralisée pour garantir la solvabilité des fonds de recouvrement et des prestataires de services.
Transparence a été le mot d'ordre de l'Union européenne, des États-Unis, du groupe CANZ ou de la République dominicaine.
Reprenant à leur compte l'avis du Comité consultatif sur les questions administratives et budgétaires (CCQAB), le Groupe des 77 et la Chine ont appelé à une bonne traçabilité des coûts et à un lien plus clair entre les ressources, les indicateurs de charge de travail et les dépenses dues à la prestation de services.
Transparence aussi dans l'utilisation des soldes du recouvrement des coûts pour la planification des investissements à court et à long terme, ont encore dit le Groupe des 77 et la Chine. La classification des recettes utilisables et non utilisables doit être clarifiée, a exhorté le Groupe.
L'examen du rapport du Secrétaire général sur la stratégie Informatique et communications a donné l'occasion à l'Union européenne, à la République dominicaine, à la République de Corée et aux États-Unis de mettre en avant la nécessité de poursuivre la modernisation technologique, levier de la réforme de l'Organisation. La République de Corée a spécifiquement insisté sur la nécessité d'une gouvernance adéquate de l'intelligence artificielle afin d'y insuffler de la responsabilité.
La modernisation technologique doit renforcer et non affaiblir la supervision intergouvernementale, garantir la transparence dans les dépenses, les gains d'efficacité et une bonne évaluation de l'impact sur l'exécution des mandats, ont insisté les délégations.
Durant l'examen du rapport, l'Union européenne, le groupe CANZ et le Groupe des 77 et la Chine se sont inquiétés du faible taux de mise en œuvre des recommandations du CCI par certaines entités. Ils ont réclamé un suivi institutionnel plus rigoureux. La Fédération de Russie a salué la décision de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) d'adhérer au Statut du Corps commun d'inspection dès 2027.
Le Groupe des 77 et la Chine ont partagé la préoccupation du CCQAB quant à l'absence d'une vision stratégique globale pour le progiciel de gestion intégré, Umoja, comme le mentionne le rapport du Secrétaire général. Une perspective claire à long terme incluant les investissements prévus, les modalités de gouvernance et les bénéfices attendus est indispensable pour garantir que ce système soutienne la réforme administrative de l'ONU de manière cohérente et durable.
Le Groupe a également souligné l'importance de préserver l'intégrité, la sécurité et l'appropriation institutionnelle d'Umoja. À mesure que l'Organisation accroît son recours aux plateformes numériques intégrées et aux outils analytiques, la cybersécurité, la protection des données organisationnelles et la sauvegarde des droits de propriété intellectuelle doivent demeurer des priorités essentielles, a-t-il souligné.
Les prochaines réunions de la Commission seront annoncées dans le Journal des Nations Unies.
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