01/12/2026 | News release | Distributed by Public on 01/12/2026 23:23
« La Fédération de Russie a intensifié ses attaques systématiques contre les infrastructures énergétiques de l'Ukraine », a déclaré lundi devant le Conseil de sécurité la Secrétaire générale adjointe de l'ONU aux affaires politiques, Rosemary DiCarlo.
Depuis le début de l'année, les assauts aériens à grande échelle se succèdent. Dans la nuit du 8 au 9 janvier, 242 drones et 36 missiles ont été lancés contre le pays. À Kiev, plusieurs civils ont été tués et plus d'une vingtaine blessés. Parmi eux, un ambulancier venu porter secours, touché lors d'une « double frappe », alors qu'il intervenait sur les lieux. Des centaines de milliers d'habitants ont été privés de chauffage au cœur de l'hiver.
Pour les Nations Unies, cette dynamique n'a rien d'aléatoire. « Elles s'inscrivent dans un schéma bien établi et profondément inquiétant : les attaques s'intensifient lorsque les conditions météorologiques se dégradent et que les besoins de la population en chauffage deviennent les plus aigus », a souligné Mme DiCarlo. Le ciblage répété des stations électriques, des conduites de chauffage et des stations de pompage provoque des défaillances en cascade : sans électricité, plus d'eau ; sans eau, plus de chauffage ; sans chauffage, la survie devient précaire.
Cette guerre d'attrition frappe d'abord les plus vulnérables, personnes âgées, enfants, personnes à mobilité réduite. Elle transforme le quotidien en une lutte contre le gel, bien au-delà des zones de combat.
Pour les humanitaires, la brutalité de ces frappes tient à leur récurrence. « Ce qui rend ces attaques particulièrement dévastatrices, c'est qu'elles paralysent les systèmes qui permettent aux civils de rester en vie pendant l'hiver », a averti Ramesh Rajasingham, chef du bureau des affaires humanitaires (OCHA) à Genève.
À Kryvyi Rih, des familles font fondre de la neige pour se laver et cuisiner, chauffent de l'eau à la lueur de bougies après des coupures d'électricité de plus de vingt-quatre heures. À Kiev, plus de 1 200 espaces chauffés ont dû être ouverts pour permettre aux habitants de se réchauffer, de recharger un téléphone, de reprendre contact avec leurs proches. Chaque transformateur détruit, chaque conduite endommagée, déclenche une spirale de pénuries qui met des vies en danger.
La pression militaire ne s'arrête pas aux infrastructures. Depuis le début de l'année, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a recensé 11 attaques contre le système de santé en Ukraine, causant morts et blessés. « Parmi les victimes figuraient des personnels de santé et des secouristes qui portaient assistance aux personnes touchées », a rappelé M. Rajasingham. Dans certains cas, les équipes d'urgence ont été frappées alors qu'elles intervenaient déjà sur les lieux, accentuant la terreur et freinant les secours.
À ces attaques s'ajoutent les déplacements forcés. Dans l'est du pays, des civils continuent de fuir sous les bombardements, souvent des enfants, des personnes âgées ou à mobilité réduite. À leur arrivée dans des zones plus sûres, les besoins sont immédiats : abri, soins médicaux, protection, aide hivernale. Mais l'accès humanitaire reste entravé dans les zones les plus exposées, retardant l'assistance là où elle est la plus nécessaire.
Quatre ans après le début de l'invasion à grande échelle, le constat dressé par l'ONU est implacable. Depuis février 2022, près de 15 000 civils ont été tués, dont 763 enfants, selon les chiffres vérifiés du Haut-Commissariat aux droits de l'homme. L'année 2025 a été la plus meurtrière pour les civils depuis le début du conflit. Aujourd'hui, plus de 10 millions Ukrainiens ont besoin d'une aide humanitaire urgente.
Face à cette réalité, le rappel au droit est sans ambiguïté. « Le droit international humanitaire est sans équivoque. Les civils et les biens de caractère civil, où qu'ils se trouvent, doivent être protégés », a insisté Ramesh Rajasingham, dénonçant des frappes indiscriminées et les attaques contre les systèmes énergétiques. Rosemary DiCarlo a formulé une condamnation tout aussi nette : « De telles attaques violent le droit international humanitaire. Où qu'elles se produisent, elles sont inacceptables, injustifiables et doivent cesser immédiatement ».
Au-delà de l'urgence humanitaire, une autre menace persiste : celle d'un accident nucléaire. Les frappes à proximité de la centrale de Zaporijjia, temporairement occupée par la Russie, ont ravivé les inquiétudes internationales. « Ces événements sont extrêmement alarmants », a prévenu Mme DiCarlo, appelant à la cessation immédiate de toute activité militaire autour du site afin d'éviter une catastrophe aux conséquences irréversibles.
En Ukraine, l'hiver n'est plus seulement une saison. Il est devenu un champ de bataille. Et derrière chaque panne de courant, chaque appartement glacé, se joue la survie d'habitants pris pour cible au mépris des règles les plus élémentaires du droit de la guerre.