United Nations Security Council

02/13/2026 | Press release | Distributed by Public on 02/13/2026 14:35

Conseil de sécurité: appels à la pleine mise en œuvre de l’accord du 30 janvier entre le Gouvernement de transition de la Syrie et les Forces démocratiques syriennes

L'Envoyé spécial adjoint pour la Syrie a salué, ce matin, l'accord historique conclu le 30 janvier entre le Gouvernement syrien de transition et les Forces démocratiques syriennes (FDS) y voyant l'ouverture d'« une nouvelle phase » sur la voie de la paix et de la stabilité en Syrie.

M. Claudio Cordone a précisé que l'accord prévoit un processus progressif d'intégration militaire et administrative, assorti de garanties concernant le retour des personnes déplacées ainsi que la protection des droits civils et éducatifs des Kurdes syriens.

À ce jour, les hostilités ont cessé et l'élaboration d'un plan de mise en œuvre progresse de manière positive, a-t-il indiqué, se disant dans l'attente d'une application intégrale et rapide de l'accord, notamment en ce qui concerne l'intégration pacifique du nord-est du pays, la protection des droits et le retour sûr, digne et volontaire des déplacés.

« Le nord-est syrien revient progressivement dans le cadre juridique de l'État », s'est félicitée la Fédération de Russie. Notant qu'il s'agit là d'une étape essentielle vers l'unité du pays, elle a insisté sur l'importance de l'intégration des structures et combattants des FDS au sein des institutions étatiques. Pour leur part, les États-Unis ont assuré qu'ils veilleraient à la bonne mise en œuvre de l'accord, « jalon important sur le chemin de la réconciliation ».

« Une victoire pour tous les Syriens »

L'accord est d'ores et déjà entré en phase de mise en œuvre, a assuré le représentant de la Syrie qui a fait savoir que l'intégration des institutions militaires et sécuritaires avait commencé, parallèlement à l'intégration progressive des structures de l'administration autonome dans l'appareil de l'État.

En outre, des élections législatives seront prochainement organisées à Deïr el-Zor, Raqqa et Hassaké. « Pour la première fois depuis l'indépendance », l'annonce des élections à Hassaké sera également faite en langue kurde, a-t-il souligné, y voyant une application concrète du décret présidentiel n°13 relatif aux droits des Kurdes, une première dans l'histoire du pays.

Le nord-est de la Syrie n'est plus « un enjeu complexe », mais « une réalisation nationale » couronnée par l'accord global de cessez-le-feu avec les FDS, s'est-il félicité. « Il n'y a ni vainqueur ni vaincu dans la nouvelle République, mais une victoire pour tous les Syriens. »

« Maintenant qu'un accord a été conclu, nous appelons à un accès sûr et sans entrave à l'aide humanitaire à l'échelle du pays », a insisté pour sa part le Royaume-Uni.

La situation humanitaire a en effet préoccupé de nombreuses délégations, à l'instar de la Directrice de la division financement et sensibilisation du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), Mme Lisa Doughten, qui a signalé que les besoins restent immenses, même si des signaux positifs attestent d'améliorations encore modestes. L'insécurité alimentaire a reculé, mais 700 000 personnes demeurent en situation d'insécurité alimentaire sévère. Et depuis décembre 2024, plus de 3 millions de réfugiés et déplacés sont retournés chez eux, tandis que 5,5 millions de personnes restent déplacées, a-t-elle indiqué.

Les femmes - grandes absentes du processus politique

Au cours de cette séance, les délégations ont été nombreuses à insister sur l'impératif d'intégrer les femmes au processus politique syrien, une représentante de la société en ayant vivement dénoncé l'exclusion, pointant la faible représentation des femmes au sein du Gouvernement de transition et dans les nominations diplomatiques.

Mme Muzna Dureid a notamment indiqué que le Mouvement politique féminin syrien avait été contraint d'organiser son Assemblée générale à Beyrouth, et non à Damas, suite au refus du Gouvernement de transition de l'autoriser à se réunir dans la capitale syrienne.

Comment peut-on élaborer des politiques inclusives si celles et ceux qui les défendent ne peuvent même pas se réunir? « Sans les femmes syriennes, la transition ne sera pas légitime », a souligné Mme Dureid qui a par ailleurs lancé un vibrant appel à la justice de transition.

Transferts de détenus vers l'Iraq

La situation des centres de détention dans le nord-est a également retenu l'attention des membres du Conseil, notamment à la suite du transfert vers l'Iraq de détenus soupçonnés d'appartenir à Daech, où ils devraient être traduits en justice.

L'Envoyé spécial adjoint a insisté sur le respect des garanties d'un procès équitable et appelé les États à accélérer le rapatriement de leurs ressortissants, prenant note des engagements pris le 9 février à Riyad par la Coalition mondiale contre Daech, à laquelle la Syrie s'est ralliée.

« Mon pays refuse de devenir un lieu de détention permanent pour des terroristes étrangers rejetés par leurs sociétés », a souligné le représentant de l'Iraq. L'acceptation de ces transferts constitue une mesure temporaire dictée par des impératifs de sécurité urgents, a-t-il ajouté, précisant que l'Iraq a accueilli environ 5 704 détenus originaires de 61 pays.

Plusieurs délégations ont appelé à la sécurisation des camps et prisons du nord-est de la Syrie afin d'éviter toute faille exploitable par Daech. « Le combat international contre Daech doit se poursuivre sans relâche, dans un contexte de résurgence de la menace terroriste en Syrie », a insisté la France, selon qui l'expertise acquise par les FDS, désormais intégrées à l'appareil sécuritaire syrien, pourrait être mise au service des enjeux communs de sécurité.

Les États-Unis ont, pour leur part, appelé à aider les Gouvernements syrien et iraquien à veiller à ce que les membres de Daech restent en détention, tout en pressant les pays concernés de rapatrier leurs combattants terroristes.

Enfin, plusieurs délégations, dont Bahreïn, la Fédération de Russie, la Somalie au nom des A3 (Libéria, République démocratique du Congo et Somalie), la Jordanie au nom du Groupe des États arabes, la Türkiye et la République islamique d'Iran, ont dénoncé les conséquences déstabilisatrices des actions israéliennes en Syrie. La Chine a appelé au respect de l'Accord sur le dégagement des forces, tandis que la France a exhorté Israël à cesser ses incursions et à saisir la main tendue d'une Syrie désireuse de pacifier ses relations régionales.

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