01/16/2026 | News release | Distributed by Public on 01/16/2026 11:13
Selon une note d'analyse publiée en janvier par le bureau des affaires humanitaires, le choc financier provoqué par ce retrait précipité a entraîné un effondrement rapide des capacités humanitaires dans plusieurs provinces. En 2025, les besoins humanitaires du pays atteignaient 2,5 milliards de dollars pour venir en aide à près de 11 millions de personnes. Mais au 8 janvier 2026, seuls 605 millions de dollars avaient été mobilisés, soit à peine un quart des montants requis, en baisse de plus de moitié par rapport à l'année précédente.
Principal bailleur du pays en 2024, avec 920 millions de dollars représentant près de 66 % du plan de réponse humanitaire, les États-Unis ont ramené leur contribution à environ 142 millions en 2025, une chute de 85 %. Washington demeure le premier donateur, mais son désengagement partiel a désorganisé des secteurs entiers de la réponse humanitaire.
La santé concentre les effets les plus immédiats de ces coupes. La suspension des financements américains dans ce secteur a provoqué un effondrement systémique des capacités sanitaires dans plusieurs provinces. Plus de 1,5 million de personnes ont perdu un accès direct à des soins essentiels, et plus de dix organisations internationales ont été contraintes de réduire ou de cesser leurs activités.
Dans de nombreuses zones, des structures de santé ont fermé ou fonctionnent au ralenti. Consultations limitées, pénuries de médicaments essentiels, suspension des soins prénatals et de la prise en charge des survivantes de violences sexuelles : les effets se cumulent. Des ruptures prolongées d'antipaludiques touchent des dizaines de zones de santé, entraînant des décès liés à des paludismes non traités. Les capacités de réponse aux épidémies de choléra, de rougeole et de Mpox ont été considérablement affaiblies, notamment dans l'est du pays.
Les programmes de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme, tout comme les campagnes de vaccination et les services de santé maternelle, subissent des contraintes majeures. Le risque de mortalité maternelle et néonatale s'en trouve accru.
Les conséquences sont particulièrement lourdes pour les femmes et les filles. Les projets de lutte contre les violences basées sur le genre ont été divisés par deux, passant de plus de 730 en 2024 à environ 370 en 2025. La couverture sanitaire, elle, est passée d'environ 152 zones de santé à moins de 100 en un an, soit une baisse de plus d'un tiers.
Dans plusieurs zones de conflit, notamment en Ituri, les mécanismes formels de documentation et d'alerte des violations ont disparu. Les survivantes de violences sexuelles se retrouvent privées de soins, de soutien psychosocial et de protection juridique.
La contraction des financements touche aussi l'éducation, avec une baisse d'environ 48 % des ressources. Une partie des fonds dédiés à l'éducation en situation d'urgence a été réduite de moitié, avec des projets raccourcis et un nombre de provinces ciblées en nette diminution. Dans l'est du pays, des millions d'enfants voient leur scolarité interrompue, augmentant les risques de recrutement par des groupes armés, de travail des enfants, de mariages précoces et de violences basées sur le genre.
En 2025, la suspension des financements américains a également entraîné la fermeture de 1 178 centres de prise en charge de la malnutrition aiguë dans cinquante zones de santé. Des centaines de milliers d'enfants atteints de malnutrition aiguë sévère ou modérée ont perdu l'accès aux soins : près de 392 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère et plus d'un million de malnutrition aiguë modérée ne seront plus pris en charge.
Dans un pays où 25 millions de personnes sont en situation d'insécurité alimentaire, dont plus de 10 millions dans l'est, la réponse humanitaire se contracte alors même que les besoins continuent de croître.
Face à l'ampleur de la crise, les autorités congolaises et les partenaires humanitaires ont engagé un recentrage de la réponse. L'ONU et la RDC ont lancé un réajustement humanitaire, visant à concentrer l'aide sur les besoins vitaux les plus urgents. Le budget du plan de réponse humanitaire a été ramené de 2,5 à 1,4 milliard de dollars.
Mais ce recentrage s'apparente à une ligne de crête. Sans un sursaut rapide des bailleurs, préviennent les agences humanitaires, l'aide ne pourra plus assurer son mandat minimal : protéger les civils et préserver la dignité humaine.