Université Laval

01/27/2026 | News release | Distributed by Public on 01/27/2026 14:56

Lloyd Axworthy sur le campus: un observateur aguerri de la situation internationale

L'ancien ministre des Affaires étrangères du Canada, Lloyd Axworthy, à l'amphithéâtre Hydro-Québec, le 26 janvier

- Université Laval - Yan Doublet

Le 10 janvier, la Finlande s'est officiellement retirée de la Convention sur l'interdiction des mines antipersonnel, communément appelée Traité d'Ottawa. Ce faisant, ce pays rejoignait les trois pays baltes ainsi que la Pologne. Cette convention aurait permis, depuis sa création en 1999, de sauver des centaines de milliers de vies. «Les gens disent: oh, l'ordre international ne fonctionne plus. Pourtant, il ne s'agit que de quelques pays signataires sur les 166 qui ont ratifié le traité d'Ottawa. Cette réaction de la Finlande et des autres pays est un zigzag de la politique internationale amené par l'agression russe en Ukraine.»

Ce commentaire est celui de l'ancien ministre libéral des Affaires étrangères du Canada, de 1996 à 2000, Lloyd Axworthy. Le 26 janvier, il était l'invité de marque des Grandes Conférences Brian-Mulroney, au pavillon Alphonse-Desjardins. L'événement était organisé par l'École supérieure d'études internationales de l'Université Laval. Lloyd Axworthy a répondu aux questions du directeur de l'École, le professeur Jonathan Paquin, devant une salle comble.

Dans son introduction, ce dernier a expliqué que Lloyd Axworthy est «un observateur aguerri de la situation internationale qui œuvre à bâtir un ordre international plus juste». «Avec engagement et persévérance, a-t-il poursuivi, on peut changer le cours des choses».

Pour rappel, l'ancien politicien est une figure influente dans la défense des droits de la personne, la réconciliation et la gouvernance mondiale. Il présidait jusqu'à tout récemment le Conseil mondial pour les réfugiés et la migration. Durant sa carrière, ce récipiendaire d'un doctorat en science politique de l'Université de Princeton a défendu un ordre international fondé sur la diplomatie, le respect du droit et la responsabilité des États. Il s'est fait remarquer notamment par son engagement dans l'effort pour l'interdiction des mines antipersonnel, de l'enrôlement des enfants comme soldats et de la prolifération nucléaire. Il est également reconnu comme l'un des principaux artisans du concept de sécurité humaine, une approche qui place la protection des individus au cœur de l'action diplomatique.

«Lors de notre travail sur ce concept, a indiqué Lloyd Axworthy, le soutien le plus fort est venu du Québec. Nous avons besoin de cette voix du Québec dans ce dossier, une voix puissante.»

Les droits de la personne à la Faculté de droit

D'entrée de jeu, Lloyd Axworthy a tenu à rappeler que trois premiers ministres canadiens avaient étudié le droit à l'Université Laval. «Louis St-Laurent, Jean Chrétien et Brian Mulroney ont été des leaders d'avant-garde pour ce pays et ils ont tous étudié à l'Université Laval, a-t-il dit. Qu'est-ce qui se cache derrière cet établissement? Les droits de la personne.»

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, il y a un an, le monde assiste à la transformation de l'ordre libéral international mis en place après la Seconde Guerre mondiale. Les enjeux sont complexes et interconnectés et les négociations du Canada avec les États-Unis sont rendues difficiles par la personnalité imprévisible du président américain. Lloyd Axworthy a souligné que l'une des grandes institutions internationales, l'ONU, est souvent qualifiée d'«organisation inutile». «Malgré les bouleversements et ce qui se passe en Ukraine, à Gaza, a-t-il poursuivi, annoncer la mort de l'ordre international est trop fort.»

Selon lui, le Canada a commencé à mener des actions avec d'autres puissances moyennes à l'époque du premier ministre Lester B. Pearson. Celui-ci a dirigé le pays de 1963 à 1968. Il a contribué à la création des Casques bleus de l'ONU pour le maintien de la paix.

Une question de l'auditoire a porté sur la diversification des marchés dans le contexte de la guerre des droits de douane entre le Canada et les États-Unis. Dans ce dossier, Lloyd Axworthy a recommandé aux entrepreneurs canadiens d'accorder une attention particulière aux pays des Caraïbes, de l'Amérique latine et de la Francophonie. La population des deux premiers groupes approche les 700 millions d'habitants. Quant aux pays où l'on parle français, ils constituent un bloc de quelque 70 nations.

«Le Canada devrait commencer à utiliser ses compétences, nous devrions recourir à notre diplomatie, a-t-il affirmé. Nous sommes doués pour cela.»

Antonio Gutterez, l'actuel secrétaire général de l'ONU, terminera son mandat en décembre 2026. «Le mieux que puisse faire le Canada, a soutenu Lloyd Axworthy, serait de pousser pour l'élection d'une femme à ce poste.»

Âgé de 86 ans, ce dernier a publié ses mémoires en 2024 sous le titre My Life in Politics.

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