Ministry of Europe and Foreign Affairs of the French Republic

02/05/2026 | Press release | Distributed by Public on 02/06/2026 01:30

Conférence de presse conjointe de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, et de Netchirvan Barzani, président du gouvernement régional du Kurdistan[...]

Merci beaucoup, Monsieur le Président, cher Netchirvan, pour votre accueil à Erbil, dans ce Kurdistan qui a une place toute particulière pour la France.

Chacun ici connaît la force de notre lien historique. Chacun sait que c'est à l'initiative de la France que fut votée la résolution 688 du Conseil de sécurité, avec sa zone d'exclusion aérienne assurée par les pilotes français, qui mit fin au massacre des Kurdes par Saddam Hussein et ouvrit la voie à l'autonomie du Kurdistan. Chacun garde en mémoire les combats communs des forces armées françaises et des valeureux peshmergas, auxquels la ville de Paris a rendu hommage récemment, mais aussi des forces démocratiques syriennes pour arrêter Daech aux portes d'Erbil et de Kobané. Le président Hollande fut d'ailleurs le premier chef d'État à se rendre à Erbil pour manifester notre solidarité à nos frères d'armes, mais aussi à nos sœurs d'armes. Car chacun se souvient du courage et des sacrifices de ces héroïnes, qui ont fait face victorieusement aux barbares pour défendre leur terre, le Kurdistan.

Dans l'épreuve, la France et le Kurdistan ont toujours fait cause commune. Aujourd'hui encore, alors que les tensions de la Syrie et de l'Iran secouent le Moyen-Orient, nous nous sommes réunis pour manifester notre étroite concertation et notre mobilisation conjointe.

J'aimerais ici exprimer ma reconnaissance à l'égard des autorités de la région autonome du Kurdistan pour le rôle qu'elles ont joué ces dernières semaines. En Syrie d'abord, Monsieur le Président, vous avez joué personnellement un rôle déterminant pour mettre fin à l'escalade entre Damas et les forces démocratiques syriennes. Alors que la France est également mobilisée sans relâche dans ses efforts de médiation, avec une implication personnelle du Président de la République, je veux vous remercier pour l'étroite coordination que nous avons vue, au cours de ces dernières semaines, qui a permis d'éviter un bain de sang, de faire advenir un cessez-le-feu, et de faciliter la conclusion d'un accord, le 29 janvier dernier. Un accord qui met fin aux combats et qui doit être pleinement mis en œuvre pour apporter des garanties politiques et sécuritaires d'intégration des Kurdes à une Syrie unie, et qui doit être pleinement mis en œuvre comme doit être pleinement mis en œuvre le décret présidentiel reconnaissant leurs droits linguistiques, culturels et éducatifs.

La reconnaissance de l'identité des Kurdes est une condition du relèvement de la Syrie, comme elle l'a été en Irak. Nous sommes et resterons mobilisés pour soutenir la mise en œuvre de cet accord, et au-delà, pour soutenir la transition politique en cours, dans le but de faire émerger une Syrie unie, souveraine et pacifique, qui inclut et respecte toutes ses composantes. L'horizon des Kurdes de Syrie ne doit pas se borner à leur région : ils ont vocation, comme en Irak, à prendre toute leur part à la vie politique syrienne.

S'agissant de l'Iran, j'ai rappelé la ferme condamnation par la France de la violence d'État qui s'est abattue sur le peuple iranien. Nous sommes attentifs à la situation intérieure préoccupante et aux risques d'escalade régionale. Nous savons les dangers qui pèseraient sur la région autonome du Kurdistan si un conflit qu'elle n'aurait pas choisi venait à se déclencher. Nous avons pu le constater par le passé, et nous ne pouvons ni l'accepter ni nous y résigner. J'ai assuré le président Barzani de la poursuite de l'engagement de la France aux côtés des Kurdes pour la sécurité et la stabilité de la région que nous savons intimement liée à la nôtre.

Mon déplacement a également été l'occasion, un peu plus tôt aujourd'hui, d'échanger avec les militaires français présents en Irak, notamment au sein de la coalition internationale contre Daech. Ce dispositif se restructure, en réponse à l'évolution de la menace du terrorisme, contre lequel nous restons résolument engagés, côte à côte, comme nous le faisons depuis des années. Et à nouveau, je veux remercier nos amis Kurdes pour la confiance qu'ils nous accordent et notre excellente coopération dans ce domaine.

Il va sans dire que notre relation doit bien au-delà et se décline sur tous les plans, économiques, culturels, migratoires ou en faveur de l'environnement. Elle s'incarne dans des projets concrets, au service de la population kurde - par exemple, pour la gestion de l'eau.

Nous allons continuer de développer cette coopération. À cet égard, je veux très sincèrement remercier les autorités du Kurdistan d'Irak de leur décision, prise hier soir, de soutien à l'évolution de notre emprise diplomatique à Erbil. C'est un geste très généreux dont nous apprécions pleinement la portée et qui témoigne de la force de nos liens indéfectibles.

Je souhaite évoquer, pour terminer, les développements politiques en cours, tant au sein de la région autonome du Kurdistan que dans le reste de l'Irak. Face à l'ampleur des défis auxquels sont confrontés la région et le pays, il est dans l'intérêt de tous que les principaux acteurs politiques kurdes conduisent un dialogue constructif. Il est également dans l'intérêt de tous que la politique de diversification, de développement et d'ouverture engagée ces dernières années en Irak se poursuive et aille encore plus loin.

Monsieur le Président, je poursuivrai ma visite demain et j'aurai le plaisir et l'honneur de retrouver Massoud Barzani, avec qui j'évoquerai les défis nombreux de la région et les moyens d'y faire face ensemble. Ce sera aussi l'occasion de rappeler la solidarité et l'amitié qui nous lie depuis si longtemps. Car déjà, en 1967, Mustafa Barzani écrivait au général de Gaulle les mots suivants : « Sachez que vous représentez pour nous, peuple à l'existence niée et menacée, victime d'une guerre longue et cruelle, la seule instance internationale susceptible d'apporter les éléments d'une solution juste et pacifique. »

Monsieur le Président, cher Netchirvan, fidèle à cette histoire partagée, la France se tient et se tiendra toujours aux côtés du peuple kurde pour qu'il soit respecté dans ses droits.

Merci encore pour votre accueil.

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