09/17/2026 | Press release | Distributed by Public on 09/16/2026 22:22
Près de 269 000 tentatives d'intrusion en une semaine : les chiffres communiqués par Nicolas SORET, maire de Joigny et président de la Communauté de communes du Jovinien, illustrent l'ampleur de la menace cyber à laquelle sont désormais confrontées les collectivités territoriales. Si les dispositifs de sécurité ont permis d'éviter des conséquences importantes, cet épisode rappelle la nécessité, pour les petites villes, de renforcer leur niveau de protection et leur préparation face au risque cyber.
Entre le 2 et le 9 septembre, les systèmes informatiques de Joigny et de la Communauté de communes du Jovinien ont enregistré 268 795 tentatives d'intrusion, provenant de près de 100 000 adresses considérées comme malveillantes. Un chiffre impressionnant, qui doit néanmoins être interprété avec précaution : une part importante de ces tentatives est liée à des systèmes automatisés qui parcourent Internet à la recherche d'équipements présentant des vulnérabilités.
L'épisode n'en demeure pas moins sérieux. En effet, si aucune donnée personnelle n'a été dérobée et aucun service public n'a été interrompu, cette situation met en lumière le risque constant d'une attaque informatique sur les infrastructures numériques des collectivités de toutes tailles. La menace est d'autant plus forte dans un contexte de tensions internationales et de mutation des méthodes d'ingérence étrangères. Si certains serveurs utilisés lors de l'attaque de Joigny ont été localisés en Russie, l'attribution géographique d'une cyberattaque reste difficile à établir, les auteurs pouvant facilement modifier leur géolocalisation.
Au-delà des chiffres, le cas de Joigny illustre surtout l'importance de l'anticipation. La collectivité avait précédemment réalisé un audit de cybersécurité afin d'identifier les vulnérabilités de son système d'information. Élus et agents avaient également participé à un exercice de gestion de crise organisé avec les services de l'État, la gendarmerie et l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI), simulant notamment l'indisponibilité des outils informatiques municipaux.
Cette préparation prend une importance croissante alors que les collectivités sont devenues des cibles régulières. Elles disposent de nombreuses données sensibles et assurent des services publics dont l'interruption peut avoir des conséquences immédiates pour les habitants. L'APVF s'est engagée, aux côtés de ses partenaires La Poste, SFR, Orange et Cybermalveillance.gouv.fr, pour proposer aux élus les moyens de s'informer et d'agir pour améliorer leur défense et identifier leurs vulnérabilités.
Pour les petites villes, la question est d'autant plus prégnante que les moyens humains, techniques et financiers consacrés à la cybersécurité demeurent souvent limités. La cybersécurité ne constitue plus seulement un enjeu informatique : elle est désormais une composante à part entière de la continuité du service public et de la gestion des risques locaux.