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03/10/2026 | Press release | Distributed by Public on 03/09/2026 18:25

Plus de la moitié des travailleurs exposés à la violence et au harcèlement dans trois pays d’Afrique de l’Ouest, révèle une nouvelle...

Communiqué de presse

Plus de la moitié des travailleurs exposés à la violence et au harcèlement dans trois pays d'Afrique de l'Ouest, révèle une nouvelle recherche de l'OIT

Des recherches multidisciplinaires menées au Burkina Faso, en Côte d'Ivoire et au Sénégal apportent un nouvel éclairage sur les effets profonds et persistants de la violence et du harcèlement dans le monde du travail - un phénomène universel qui n'épargne aucun pays - et appellent à une action inclusive, intégrée et tenant compte des considérations de genre dans le cadre de la Convention n° 190 de l'OIT.

10 mars 2026

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GENÈVE (OIT Infos) - Plus d'un travailleur sur deux au Sénégal (65 %) et en Côte d'Ivoire (58 %), et près de la moitié au Burkina Faso (43 %), déclarent avoir subi de la violence et du harcèlement au travail, selon un nouveau rapport de l'Organisation internationale du Travail (OIT). Ces résultats font écho aux données mondiales qui montrent que la violence et le harcèlement dans le monde du travail demeurent un phénomène largement répandu à l'échelle mondiale.

Le rapport, Rendre visible l'invisible : comprendre et combattre la violence et le harcèlement au travail dans trois pays d'Afrique de l'Ouest, fournit les données les plus complètes à ce jour sur la prévalence, les formes et les effets de la violence et du harcèlement dans le monde du travail au Burkina Faso, en Côte d'Ivoire et au Sénégal. Ses constats mettent en évidence un phénomène largement invisible qui porte atteinte à la dignité, à la santé et à la productivité des travailleurs.

La violence et le harcèlement d'ordre psychologique constituent la forme la plus répandue et s'inscrivent souvent dans un continuum de violence et du harcèlement d'ordre physique ou sexuel. Si les hommes sont plus susceptibles d'être confrontés à la violence d'ordre physique, les femmes sont davantage exposées à la violence et au harcèlement d'ordre sexuel. Les jeunes travailleurs et les travailleurs plus âgés figurent parmi les groupes les plus exposés.

La violence et le harcèlement surviennent principalement sur le lieu de travail, mais s'étendent également au-delà, notamment dans les transports publics, lors d'interactions avec le grand public ou dans les environnements de travail numériques ou à distance. Des tiers - tels que des clients, des patients ou des personnes inconnues - figurent parmi les auteurs les plus fréquents.

Les effets de la violence et du harcèlement au travail sont profonds : jusqu'à la moitié des victimes signalent une détérioration importante de leur santé mentale et jusqu'à un tiers déclarent une détérioration de leur santé physique, associées à des niveaux plus élevés de dépression, d'anxiété et de stress. Ces situations affectent également la confiance, la motivation et la satisfaction au travail, tout en entraînant une augmentation de l'absentéisme et une baisse de la productivité, en particulier chez les femmes et les jeunes travailleurs.

Malgré l'ampleur du problème, seuls 60 % des victimes signalent ces incidents, les femmes étant plus susceptibles que les hommes de dénoncer, ce qui correspond aux tendances mondiales de sous-déclaration. La plupart des victimes se confient à des membres de leur famille, à des amis ou à des collègues, tandis que les mécanismes formels restent rarement utilisés en raison de la perception que les incidents ne sont « pas suffisamment graves », de la crainte de la stigmatisation ou de représailles, et du manque de confiance dans les procédures de signalement.

« La violence et le harcèlement dans le monde du travail sont restés longtemps invisibles, sous-déclarés et sous-estimés, alors même que leurs effets sont profonds », a déclaré Chidi King, cheffe du Service Égalité de genre, diversité et inclusion de l'OIT. « Cette recherche menée dans trois pays d'Afrique de l'Ouest rend visible une réalité que trop de travailleurs dans le monde ont endurée en silence. Elle fournit également les éléments de preuve nécessaires pour renforcer la prévention, la protection et les mécanismes de réparation, et accélérer l'action en faveur de la ratification et de la mise en œuvre effective de la Convention n° 190 de l'OIT. »

Bien que des mécanismes juridiques et institutionnels existent dans les trois pays, l'étude montre qu'ils sont souvent fragmentés, peu connus et difficiles d'accès - en particulier pour les travailleurs les plus vulnérables. La sous-déclaration, le recours à des solutions informelles, la crainte de représailles et les capacités institutionnelles limitées continuent d'entraver la mise en œuvre effective de mesures de prévention, de protection et de soutien.

Les résultats soulignent la nécessité urgente d'une action inclusive, intégrée et tenant compte des considérations de genre afin d'accélérer la ratification et la mise en œuvre de la Convention de l'OIT sur la violence et le harcèlement, 2019 (n° 190), tout en renforçant les mécanismes de prévention, de protection et de réparation. La Convention n° 190, ainsi que la Recommandation n° 206, constituent le premier cadre international commun visant à prévenir et éliminer la violence et le harcèlement dans le monde du travail, y compris la violence et le harcèlement fondés sur le genre. Elles reconnaissent le droit de toute personne à un monde du travail exempt de violence et de harcèlement et établissent l'obligation de respecter, de promouvoir et de réaliser ce droit.

En rendant visible l'invisible, le rapport formule 12 recommandations concrètes articulées autour de trois piliers stratégiques afin d'orienter les gouvernements, les employeurs et les travailleurs dans la prévention et l'élimination de la violence et du harcèlement au travail conformément à la Convention n° 190 de l'OIT.

Rendre visible l'invisible : comprendre et combattre la violence et le harcèlement au travail dans trois pays d'Afrique de l'Ouest rassemble les résultats clés de quatre études de recherche multidisciplinaires menées dans le cadre du projet France-OIT « Lutte contre la violence et le harcèlement dans le monde du travail & Égalité de rémunération et de carrière entre les hommes et les femmes ».

65 %

des travailleur·euse·s au Sénégal déclarent avoir été victimes de violence ou de harcèlement au travail.

58 %

des travailleur·euse·s au Côte d'Ivoire déclarent avoir été victimes de violence ou de harcèlement au travail.

43 %

des travailleur·euse·s au Burkina Faso déclarent avoir été victimes de violence ou de harcèlement au travail.

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Publication | 10 mars 2026
Lutte contre la violence et le harcèlement dans le monde du travail & Égalité de rémunération et de carrière entre les hommes et les femmes

Projet France-OIT

Lutte contre la violence et le harcèlement dans le monde du travail & Égalité de rémunération et de carrière entre les hommes et les femmes

Project | 1 novembre 2020 - 30 juin 2025
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