Ministry of Europe and Foreign Affairs of the French Republic

03/10/2026 | Press release | Distributed by Public on 03/11/2026 02:18

Entretien de Pascal Confavreux, porte-parole du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, avec « France 2 » (Paris, 10 mars 2026)

Q - C'est un défi logistique auquel sont confrontés les services de l'État, mais aussi les compagnies aériennes. Des milliers de Français, touristes ou résidents sont toujours coincés en raison de la guerre au Moyen-Orient. On va faire le point ce matin avec vous, Pascal Confavreux. Bonjour.

R - Bonjour.

Q - Vous êtes le porte-parole du ministère des affaires étrangères. Au onzième jour du conflit, combien de nos ressortissants sont déjà rentrés ?

R - Les chiffres sont à peu près les suivants. On avance sur deux jambes. Avec la reprise des vols commerciaux, on estime qu'ils sont un peu plus de 15.000 à avoir pu revenir. C'est extrêmement important, parce que c'est ça qui va faire du volume. Et là, nous agissons sur deux choses. D'une part, vis-à-vis des États, pour que quand des slots, quand les espaces aériens ne sont pas toujours ouverts, comme aux Émirats, ces slots, ils les donnent à la France pour que nous puissions avoir des vols directs vers la France. Et deuxièmement, vous avez des compagnies aériennes locales ou nationales qui prennent ces slots pour effectuer ces vols, avec une grande vigilance sur les prix, notamment.

Q - On va y revenir, oui.

R - La deuxième jambe, ce sont des vols affrétés ou facilités. Ce sont soit des vols militaires, soit des vols civils qu'on va affréter nous-mêmes, soit des places réservées dans des vols commerciaux.

Q - Vous réquisitionnez des avions ?

R - On va louer des avions et on va les réserver aux personnes qui sont vulnérables. Là, il y a eu neuf vols depuis mardi dernier. Il y en a deux aujourd'hui qui vont atterrir, sept encore d'ici vendredi prochain.

Q - Les sept dont parlait hier le Ministre ne comptent pas les deux qui vont arriver aujourd'hui.

R - En fait, on en ajoute au fur et à mesure des jours.

Q - Donc là, on en est à neuf vols d'ici la fin de la semaine ?

R - Il y en a deux aujourd'hui, sept encore à venir. Ça fait à peu près 1.100 personnes qui ont atterri, disons, depuis. Il y en aura environ 350 aujourd'hui qui vont atterrir. Et puis, on sera à peu près, à un peu plus de 2.000 à 2.100 d'ici la fin de semaine. Donc ça, c'est pour les vols affrétés, facilités par la puissance publique, et qui sont réservés aux personnes vulnérables. Donc ça va être les femmes enceintes, les personnes malades, les personnes âgées qui ont besoin de revenir le plus vite possible en France.

Q - Qu'on comprenne, ce sont des Français qui résident au Moyen-Orient ou qui étaient en vacances en ce moment au Moyen-Orient ?

R - Il y a tout un éventail de situations. On estime qu'on a à peu près 400.000 Français, ressortissants français, qui sont dans la douzaine de pays concernés par la situation actuelle. Dans ces 400.000, il y en a 40.000 qui étaient de passage. Ils étaient de passage pour du tourisme, ils étaient de passage pour du business. Il y a des étudiants, parfois. Les situations sont très variables. Et au sein de ces 400.000, il y en a 7.500 qui sont venus vers nous à travers ce qui s'appelle le Fil d'Ariane ou la relation avec les ambassades ou les consulats, pour nous demander de l'aide pour revenir. Donc voilà. Et après, il y a des situations un peu, c'est du cousu main. Ça va être parfois quand les espaces aériens sont fermés, comme par exemple au Qatar. On va faciliter des cars ou des bus pour aller au pays d'à côté, en Arabie saoudite par exemple, où l'espace aérien est ouvert, à partir duquel ils pourront soit prendre un vol commercial, soit un vol affrété ou facilité.

Q - Vous nous dites donc 7.700 demandes d'assistance à ce jour. Vous espérez pouvoir ramener tout le monde d'ici à quelle échéance ?

R - Au plus vite. La bonne nouvelle, c'est que, notamment aux Émirats - un peu plus de 60% de ces 7.500 demandes sont aux Émirats, 20% au Liban, 20% en Israël, si je fais à peu près les gros chiffres -, la reprise des vols commerciaux, qui a été une des priorités du ministre Jean-Noël Barrot et du ministre des transports, c'est une bonne nouvelle. Il n'y avait qu'un seul vol direct jeudi, cinq vendredi, cinq samedi, six dimanche, six hier. Donc on rétablit un peu ces capacités de vols commerciaux et c'est ça qui va nous permettre d'avoir du volume de retour.

Q - On était tout à l'heure, dans le journal, dans l'annexe de la cellule de crise du Quai d'Orsay qui se trouve à Nantes. Où nos ressortissants peuvent-ils trouver de l'aide ? Auprès de qui peuvent-ils s'adresser ? Que ce soit en France, ou j'imagine dans des antennes consulaires ?

R - Alors, effectivement, le premier réflexe, c'est d'aller voir les réseaux sociaux ou les sites Internet de nos ambassades, parce qu'il y a des situations qui sont différentes, vraiment, pays par pays, suivant que l'espace aérien est ouvert, suivant la situation sécuritaire, etc. Nous avons déjà, dans chacune des ambassades, des réponses téléphoniques de premier niveau. Quand elles sont submergées, et on a traité environ 11.000 appels depuis le début du 28 février dernier, il y a ce qu'on appelle une réponse téléphonique qui va être centralisée en France. Elle est centralisée à deux endroits : à Paris, je crois que c'était les images que vous aviez vues ; et à Nantes, où il y a une annexe aussi du Quai d'Orsay et une importante équipe. Au maximum de l'armement de cette réponse téléphonique. Il y a une cinquantaine de personnes qui peuvent répondre et traiter les demandes.

Q - Et à quels types de demandes ? Est-ce que nos ressortissants sont inquiets ? Est-ce qu'ils ont peur ? Nos confrères du Parisien évoquent notamment la communauté française de Dubaï. On a beaucoup parlé de Dubaï et des influenceurs, qu'ils aient leurs inquiétudes. Il y a les résidents qui sont sur place. Qu'est-ce qu'ils vous disent ?

R - Encore une fois, des situations très diverses. Déjà, le premier niveau, c'est de l'information brute. Qu'est-ce qui se passe ? Quelle est la situation sécuritaire ? Quelles sont les consignes ? Comment je peux sortir ? Des choses toutes bêtes qui peuvent être là. Après, il y a aussi parfois un nécessaire accompagnement psychologique qui peut être fait. Donc on a aussi une partie de cette équipe qui est avec des médecins, etc., qui peut faire du conseil à distance. Et puis, très concrètement, après, on peut les orienter, notamment vers les vols commerciaux. Si vous regardez, par exemple, notre ambassade de France aux Émirats, ce n'est pas qu'ils font de la pub pour telle ou telle compagnie, mais c'est qu'il y a ces vols-là, et en fait nous sommes intervenus pour que ces vols existent à des prix abordables.

Q - Vous pouvez, vous intervenir ? Vous pouvez forcer les compagnies aériennes à bloquer les prix ou à les réduire ?

R - On peut avoir un dialogue très, très franc et très, très direct avec les compagnies aériennes, oui.

Q - Vous obtenez gain de cause ?

R - Oui. Il y a différentes situations, mais dans pas mal de cas, vous avez des situations où, y compris avec des compagnies aériennes qui ne sont pas les nôtres, sur lesquelles on a moins de « leviers », mais elles voient aussi leur intérêt à ne pas pratiquer des prix qui soient complètement démentiels.

Q - Et quand on est rapatrié, c'est gratuit ?

R - Quand on est rapatrié, ce n'est pas gratuit.

Q - Par des avions affrétés par la France, c'est ça en fait ?

R - C'est une politique ancienne. Ça dépend, en fait. Le prix peut varier en fonction des parcours, etc. Et c'est une contribution, les partenaires européens font pareil, etc. C'est quelque chose qu'on a depuis longtemps.

Q - Et c'est combien, à peu près ?

R - Là, par exemple, sur des vols qui venaient des Émirats, des vols civils affrétés par nous, c'était aux environs de 350 euros. Donc c'est très en-deçà du « prix commercial ». Mais c'est une contribution que nous faisons. C'est classique.

Q - Merci beaucoup, Pascal Confavreux, d'avoir été avec nous ce matin.

R - Merci à vous.

Source : France 2

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