01/22/2026 | News release | Distributed by Public on 01/22/2026 11:56
A Genève, lors d'une conférence de presse, Srinivasan Muralidhar, Président de la Commission d'enquête sur le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et Israël, a rappelé que la tâche de sa commission consistait « à enquêter sur les violations des droits de l'homme ».
La Commission a été créée par les 47 États membres du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies en mai 2021.
En septembre dernier, la Présidente de la Commission d'enquête de l'époque, Navi Pillay, a déclaré qu'Israël avait commis un génocide contre les Palestiniens dans la bande de Gaza, dans le cadre de sa réponse aux attaques sanglantes du Hamas qui ont tué quelque 1 200 personnes en Israël en octobre 2023. Israël a fermement nié cette accusation.
« Nous devons enquêter sur les violations des droits de l'homme commises par tous les responsables et dans les deux territoires », a affirmé M. Muralidhar. « Nous examinerons même les attaques menées par les milices armées palestiniennes contre d'autres personnes dans ces deux territoires... Nous tenons à souligner qu'il s'agit d'un organisme d'enquête indépendant ».
Répondant à des questions sur le Conseil de la paix, il a dit espérer que le plan de paix « tiendrait compte des intérêts de toutes les personnes vivant dans la zone de conflit ».
En novembre dernier, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté la résolution 2803 saluant la décision de créer un Conseil de la paix pour la reconstruction de Gaza.
« Le Conseil de sécurité a approuvé la création de ce Conseil de la paix spécifiquement pour les travaux relatifs à Gaza, et nous continuons bien entendu à respecter cette résolution. L'avenir nous dira ce qu'il en sera », a dit, mercredi, le porte-parole adjoint du Secrétaire général de l'ONU, Farhan Haq, en réponse à une question d'un journaliste.
« De nombreuses organisations, qu'il s'agisse d'organisations régionales, d'alliances de défense ou autres, ont coexisté avec les Nations Unies au cours des 80 années d'existence de l'ONU. Il est encore trop tôt pour prédire à quoi ressemblera le Conseil de la paix », a-t-il ajouté.
Lors de sa conférence de presse à Genève, le groupe d'experts indépendants a condamné la mort de trois journalistes à Gaza lors d'une frappe aérienne israélienne mercredi.
« Lorsque vous tuez un journaliste, cela signifie que vous avez quelque chose à cacher, car si vous n'avez rien à cacher, vous allez appeler le journaliste pour qu'il examine ce qui se passe et le dise au monde entier », a déclaré l'un des membres de la Commission, Florence Mumba.
« Car sans les journalistes, beaucoup de gens dans d'autres endroits du monde ne sauraient pas ce qui se passe. Nous sommes donc préoccupés par cette perturbation du travail des journalistes et, en tant que Commission, nous espérons que les journalistes ne se laisseront pas intimider ».
La Commission d'enquête a également réagi à la destruction spectaculaire du siège de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) à Jérusalem-Est mercredi, soulignant son rôle clé dans le soutien aux Palestiniens depuis des décennies.
« Israël doit réfléchir très attentivement avant de rejeter le travail accompli par l'UNRWA, un travail important qui a déchargé Israël de ses obligations », a fait valoir Chris Sidoti. « Bien sûr, cela aura des conséquences sur les droits humains... Les enfants ont droit à l'éducation, et tous les êtres humains ont droit au meilleur état de santé physique et mentale possible ».
Mme Pillay a pris sa retraite en octobre dernier à l'âge de 83 ans, suivie par ses collègues enquêteurs Chris Sidoti et Miloon Kothari. En novembre dernier, une nouvelle commission a été nommée par le Conseil des droits de l'homme, réintégrant M. Sidoti, ainsi que ses collègues juristes M. Muralidhar, de l'Inde, et Mme Mumba, de la Zambie.
Par ailleurs, le Président de la Commission a fait remarquer que le manque de financement avait empêché le groupe d'experts d'enquêter sur la fourniture d'armes et la violence des colons, bien que cela fasse partie de son mandat confié par le Conseil des droits de l'homme.
De son côté, le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) a signalé que depuis le 19 janvier, quelque 25.000 habitants de la zone H2 de Hébron, en Cisjordanie, vivent sous couvre-feu et restrictions drastiques de mouvement, imposés par une opération israélienne de grande ampleur. L'accès à la nourriture, aux soins de santé et à l'éducation est gravement entravé, révélant une réalité quotidienne d'asphyxie civile.
Selon l'OCHA, des forces israéliennes ont été déployées dans la zone, fermant « au moins six routes internes avec des monticules de terre, des barrières et des barrages routiers, et arrêté au moins huit Palestiniens ».
Depuis lors, plus de 7.000 élèves de 18 écoles de la zone et des environs sont passés à l'enseignement en ligne.
Le couvre-feu a été temporairement levé hier mercredi de 17 h à 20 h, permettant aux habitants d'acheter des produits de première nécessité. Pendant ces trois heures, quatre boulangeries, épiceries et pharmacies ont été autorisées à ouvrir et les piétons ont pu circuler, mais la circulation automobile restait interdite.
La situation à Hébron survient dans un climat plus général « d'attaques, menaces et intimidations incessantes des colons » en Cisjordanie. Entre le 6 et le 19 janvier 2026, l'OCHA indique avoir recensé au moins 55 attaques de colons israéliens contre des Palestiniens qui ont fait des victimes, causé des dommages matériels, ou les deux.
Au cours de la même période, les attaques des colons ont entraîné des déplacements à grande échelle dans cinq communautés des gouvernorats de Ramallah, Jérusalem et Jéricho.
Au cours des multiples attaques perpétrées par les colons au cours des deux dernières semaines de janvier, les colons israéliens ont pris pour cible des infrastructures liées à l'eau et à l'éducation.