pharma.be - Association Générale de l'Industrie du Médicament

03/03/2026 | News release | Distributed by Public on 03/03/2026 11:32

Journée mondiale de l’obésité - Une prise en charge efficace de l’obésité exige des soins structurés, un parcours clair et des politiques ciblées

L'obésité est une maladie chronique aux répercussions majeures sur la santé, la qualité de vie et les coûts pour notre système de santé. Pourtant, de nombreux patients peinent encore à accéder à des soins appropriés et rapides. À l'occasion de la Journée mondiale de l'obésité, il apparaît plus urgent que jamais de mettre en place des soins structurels, d'offrir à chaque âge un parcours de soins clair et de développer des politiques réfléchies pour répondre à cet enjeu de santé publique.

L'obésité n'est pas un choix, la façon dont nous la prenons en charge l'est

En cette Journée mondiale de l'obésité, pharma.be attire l'attention sur l'un des plus grands défis de santé publique en Belgique : l'obésité. Près de la moitié des adultes belges sont en surpoids et près de 18 % vivent avec une obésité. Les perspectives pour 2030 sont particulièrement inquiétantes avec plus d'un homme sur quatre et près d'une femme sur cinq pourraient être concernés d'ici là[1].

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) définit l'obésité comme un état impliquant une accumulation excessive de graisse qui augmente le risque de dommages pour la santé.

L'obésité n'est pas une question de volonté individuelle, mais une maladie chronique complexe influencée par des facteurs génétiques, biologiques, psychologiques, sociaux et environnementaux et associée à plus de 200 affections possibles, dont le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires, certains cancers, l'apnée du sommeil, les maladies du foie et les problèmes musculosquelettiques[2],[3],[4]

L'obésité est une maladie qui a un large impact sur la société. Les personnes atteintes d'obésité font face, non seulement à des problèmes de santé, mais souvent aussi à une stigmatisation, une qualité de vie réduite et des obstacles dans l'accès aux soins. 69 % des adultes obèses déclarent avoir été stigmatisés par leur prestataire de soins de santé[5].

L'obésité se traduit également par une augmentation des coûts des soins de santé, une perte de productivité et une aggravation des inégalités en matière de santé. Les groupes vulnérables sont touchés de manière disproportionnée, ce qui souligne la nécessité de trouver des solutions structurelles et équitables. Les données de la Belgian Health Interview Survey (BHIS) de Sciensano montrent un gradient socio-économique prononcé : en 2023, l'obésité chez les personnes ayant un diplôme de l'enseignement secondaire inférieur (23,7 %) est presque deux fois plus élevée que chez celles ayant un diplôme de l'enseignement supérieur (13,1 %). En termes de revenus, l'écart est également très net : 19,5 % des personnes appartenant au quintile de revenus le plus bas vivent avec une obésité, contre 13,2 % dans le quintile le plus élevé[6].

En Belgique, près 3,3 milliards d'euros en moyenne sont dépensées chaque année en coûts directs supplémentaires de soins de santé liés à poids excessif. Cela représente environ 8 % du budget annuel des soins de santé. À cela s'ajoute une perte de productivité estimée à 1,2 milliard d'euros par an, due à l'absentéisme au travail associé au surpoids et à l'obésité au sein de la population active[7].

« Même après un pontage gastrique, vivre avec l'obésité reste un combat permanent : contre l'envie de manger, contre la peur de reprendre du poids, contre les préjugés (« une opération, c'est la solution de facilité ») et contre les conséquences du surpoids, que l'on continue de subir quoi qu'il arrive. »

Ines Van Houtte, coordinatrice Infobees

Dépistage et détection : pourquoi des soins intégrés et un parcours de soins clair sont essentiels pour le patient ?

La prise en charge de l'obésité débute souvent chez le médecin généraliste, mais tant en Belgique qu'à l'étranger, nous constatons que l'IMC est absent de 70 à 75 % des dossiers médicaux[8], alors qu'il s'agit d'un indicateur accessible et utile pour la détection initiale d'une accumulation anormale ou excessive de graisse[9]. De plus, peu d'individus obèses ont un diagnostic formel dans leur dossier médical et il apparaît que ces patients sont souvent déjà porteurs d'un fardeau important de maladies cardiométaboliques.

Ainsi, malgré les connaissances et les innovations disponibles, les patients d'aujourd'hui n'ont pas toujours un accès égal et suffisamment rapide aux soins appropriés.

Les patients considèrent que la prise en charge de leur obésité représente un parcours complexe et fragmenté. Ils se heurtent souvent à des renvois lents depuis les soins primaires et à une focalisation prolongée sur les seules interventions liées au mode de vie, avant même d'accéder à une prise en charge réellement multidisciplinaire. Les obstacles financiers et la stigmatisation sociale, qui réduit l'obésité à un manque de volonté, aggravent ces retards. Il en résulte des prises en charge tardives, une progression de la maladie et un désengagement du patient, d'où la nécessité d'établir des parcours de soins clairs et d'améliorer la collaboration entre les soins primaires, les centres spécialisés et les équipes pluridisciplinaires[10].

« Seuls 5 à 10 % des personnes souffrant de problèmes de poids consultent un médecin ».

Bart Van der Schueren, professeur et docteur en endocrinologie, UZ Leuven et KU Leuven

L'innovation fait la différence dans la lutte contre l'obésité

L'innovation thérapeutique et la recherche scientifique ouvrent de nouvelles perspectives pour les personnes obèses. L'amélioration des diagnostics et une meilleure compréhension des formes complexes et rares d'obésité, ainsi que les nouveaux traitements pharmacologiques et chirurgicaux améliorés, contribuent à de meilleurs résultats en matière de santé.

Un investissement continu dans la recherche, le partage des données et des connaissances est nécessaire pour renforcer les soins et les politiques et les étayer par des preuves scientifiques.

Le secteur investit intensivement dans la recherche et le développement de médicaments innovants pour le traitement de l'obésité, en étroite collaboration avec les universités, les centres de recherche et les hôpitaux. Ces traitements sont axés non seulement sur une perte de poids durable, mais aussi sur la réduction et la prévention des complications liées à l'obésité, dans le but d'améliorer l'état de santé général et la qualité de vie des patients.

Ces résultats soulignent le potentiel des thérapies innovantes pour obtenir des gains de santé significatifs chez les personnes obèses.

Parallèlement, l'accès aux médicaments innovants contre l'obésité reste plus limité en Belgique que dans d'autres pays (Royaume-Uni, Suisse, Pays-Bas, etc.), ce qui fait que les patients ont moins de chances de bénéficier de ces avancées médicales. Reconnaître la valeur des médicaments innovants contre l'obésité est une étape essentielle vers un système de soins de santé tourné vers l'avenir, efficace et équitable, dans lequel l'obésité est traitée comme la maladie chronique qu'elle est.

Une prise en charge efficace de l'obésité repose sur un véritable partage des responsabilités et sur la mise en place de politiques intégrées

Ces dernières années, d'importants progrès ont été réalisés, notamment dans la prise en charge de l'obésité infantile. Le développement de centres pédiatriques multidisciplinaires spécialisés, ainsi que la mise en place de parcours de soins intégrés fondés sur le modèle de carrière par étapes et le système de stadification de l'obésité d'Edmonton, viennent renforcer l'offre déjà existante en première et en troisième ligne. Ensemble, ces initiatives visent à offrir aux enfants et aux adolescents des soins précoces, personnalisés et mieux coordonnés.

Cependant, pour les adultes, il n'existe actuellement aucun parcours de soins multidisciplinaire structuré et remboursé. Faute d'un tel accès, de nombreuses personnes vivant avec l'obésité demeurent pendant des années confrontées à des symptômes persistants, à l'incertitude et à un manque de soutien, ce qui entraîne une aggravation progressive de la maladie et, à long terme, des coûts plus élevés pour les patients comme pour le système de santé.

Pour avancer, une collaboration étroite entre associations de patients, prestataires de soins, décideurs politiques, sociétés savantes et industrie est indispensable. Partout où cette coopération est déjà en place, on observe des soins plus cohérents, un meilleur accompagnement et des résultats améliorés pour les patients.

L'obésité requiert des politiques de santé ambitieuses et alignées, intégrant prévention, traitement et suivi. Il est essentiel de reconnaître et de traiter l'obésité comme une maladie chronique à part entière, et de définir des parcours de soins clairs à chaque étape de la vie afin de maximiser l'impact des innovations actuelles et futures.

Le saviez-vous ?

Chacun peut calculer son IMC très facilement grâce à l'outil de la ligue cardiologique belge.

La gravité de l'obésité ne dépend pas uniquement de l'IMC, mais également de l'impact sur la santé dans quatre domaines : les paramètres médicaux (métaboliques et physiques), la santé mentale, le'état fonctionnel et la qualité de vie.

Pourtant, il faut en moyenne six ans aux personnes obèses pour franchir le pas et demander de l'aide. Six années au cours desquelles les plaintes, la stigmatisation et l'incertitude continuent de s'accumuler.

C'est entre autres pour cette raison que l'Association belge pour l'étude de l'obésité (Belgian Association for the Study of Obesity - BASO) s'adresse à tous les décideurs politiques par le biais d'une lettre ouverte, appelant à une politique ambitieuse et cohérente en matière d'obésité, conformément au principe de la santé dans toutes les politiques.

Découvrir la lettre ouverte

La Journée mondiale de l'obésité nous rappelle l'essentiel : une attention soutenue, une collaboration et des choix courageux, afin que les personnes obèses puissent compter sur des soins opportuns, respectueux et efficaces aujourd'hui et demain.

Marie Vande Ginste
Prevention & Sustainability Advisor

[1] Enquête belge de santé 2023 (publiée par Sciensano en 2025)

[2] World Health Organization (WHO). Health service delivery framework for prevention and management of obesity. Available at: https://www.who.int/publications/i/item/9789240073234 Accessed: June 2024

[3] Lam BCC, Lim AYL, Chan SL, Yum MPS, Koh NSY, Finkelstein EA. The impact of obesity: a narrative review. Singapore Med J. Mar 2023;64(3):163-171. doi:10.4103/singaporemedj.SMJ-2022-232

[4] Yuen M, Earle R, Kadambi N. A systematic review and evaluation of current evidence reveals 236 obesity-associated disorders. New Orleans: The Obesity Society. 2016;

[5] Caterson ID, Alfadda AA, Auerbach P, et al. Gaps to bridge: Misalignment between perception, reality and actions in obesity. Diabetes Obes Metab. 2019;21(8):1914-1924. doi:10.1111/dom.13752

[6] Sciensano (2025), Belgian Health Interview Survey - Interactive Analysis, https://healthinformation.sciensano.be/shiny/hisia/

[7] Gorasso, V., Moyersoen, I., Van der Heyden, J. et al. Health care costs and lost productivity costs related to excess weight in Belgium. BMC Public Health, 2022. https://doi.org/10.1186/s12889-022-14105-9

[8] van den Hout WJ, van Peet PG, Numans ME, Mook-Kanamori DO. Recording practices of body mass index, overweight and obesity by Dutch general practitioners: an observational study. BMC Prim Care. Jan 2 2025;26(1):1. doi:10.1186/s12875-024-02696-8

[9] Rubino F, Cummings DE, Eckel RH, et al. Definition and diagnostic criteria of clinical obesity. Lancet Diabetes Endocrinol. Mar 2025;13(3):221-262. doi:10.1016/S2213-8587(24)00316-4

[10] Schreurs L, De Smedt C, Goris E, Unuane D, Schoneveld M, Steenackers N, Pazmiño S, Gies I, Van der Schueren B, De Cock D. "Just put in a little more effort": the help-seeking experience of patients living with obesity. Int J Obes (Lond). 2025 Oct;49(10):2062-2069. doi: 10.1038/s41366-025-01867-6. Epub 2025 Aug 14. PMID: 40813491.

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