UNOG - United Nations Office at Geneva

03/18/2026 | News release | Distributed by Public on 03/18/2026 14:53

Malnutrition, paludisme et maladies infectieuses : des millions d'enfants en meurent avant 5 ans

En 2024, environ 4,9 millions d'enfants de moins de cinq ans - dont 2,3 millions de nouveau-nés - sont morts dans le monde, alors que la plupart de ces décès auraient pu être évités grâce à des interventions simples et peu coûteuses et à des soins de qualité, alerte l'ONU dans un nouveau rapport.

Le document publié mercredi dresse un bilan complet sur une stagnation dans la lutte contre la mortalité infantile, alors que « les investissements dans la santé infantile figurent parmi les mesures de développement les plus rentables ».

D'après le rapport intitulé Taux et tendances en matière de mortalité infantile, si la mortalité infantile a diminué de plus de moitié depuis 2000, les progrès ont ralenti de plus de 60 % depuis 2015.

La malnutrition aiguë sévère tue plus de 100 000 enfants

Sur les 4,9 millions d'enfants morts à travers le monde, le rapport a calculé pour la première fois que 100 000 sont morts de malnutrition aiguë sévère.

« Le bilan est bien plus lourd si l'on prend en compte les effets indirects, car la malnutrition affaiblit l'immunité des enfants et augmente leur risque de mourir de maladies infantiles courantes », écrit le rapport.

Le Pakistan, la Somalie et le Soudan figurent parmi les pays qui enregistrent le plus grand nombre de décès directement liés à la malnutrition.

« Aucun enfant ne devrait mourir de maladies que nous savons prévenir. Nous observons toutefois des signes inquiétants indiquant que les progrès en matière de survie de l'enfant marquent le pas, et ce au moment même où nous assistons à de nouvelles coupes budgétaires à l'échelle mondiale », a déclaré Catherine Russell, cheffe de l'UNICEF.

FNUAP
Deux bébés couchés partagent le même lit à la maternité Al-Helal Al-Emirati de Rafah.

Prématurité et accouchement

Toujours selon l'étude, les décès de nouveau-nés représentent près de la moitié de l'ensemble des décès d'enfants de moins de 5 ans, un constat qui témoigne du ralentissement des progrès dans la prévention des décès survenant au moment de la naissance.

Les principales causes de mortalité chez les nouveau-nés sont les complications liées à la prématurité (36 %) et celles survenant pendant le travail et l'accouchement (21 %). Les infections, notamment la septicémie néonatale, ainsi que les anomalies congénitales, comptent également parmi les causes majeures de décès.

Le rapport indique en outre qu'environ 2,1 millions d'enfants, d'adolescents et de jeunes âgés de 5 à 24 ans sont décédés en 2024.

Si les maladies infectieuses et les blessures restent les principales causes de décès chez les jeunes enfants, les risques évoluent à l'adolescence, l'automutilation devenant le premier facteur de mortalité chez les filles de 15 à 19 ans, tandis que les accidents de la route dominent chez les garçons du même âge.

Rachit Arora/UNICEF
Une mère tient son nouveau-né dans l'unité de soins spéciaux pour nouveau-nés d'un hôpital de l'Uttar Pradesh (Inde).

Le paludisme, première cause de mortalité

Au-delà du premier mois de vie, les maladies infectieuses continuent de peser lourdement. Le paludisme, la pneumonie et la diarrhée figurent parmi les principales causes de mortalité, le paludisme étant à lui seul responsable de 17 % des décès chez les enfants plus âgés.

Le paludisme reste la première d'entre elles (il représente 17 % des cas dans cette tranche d'âge), la majorité des décès survenant dans les zones endémiques d'Afrique subsaharienne. Si la mortalité liée à cette maladie avait fortement reculé entre 2000 et 2015, cette baisse s'est nettement essoufflée au cours des dernières années.

Les décès demeurent concentrés dans un petit nombre de pays, notamment au Niger, au Nigéria, en République démocratique du Congo et au Tchad - où le paludisme est endémique et où les conflits, les chocs climatiques, les espèces envahissantes de moustiques, la résistance aux médicaments et d'autres menaces biologiques freinent toujours les efforts en matière de prévention et de prise en charge.

L'Afrique subsaharienne concentre 58 % des décès

Par ailleurs, les disparités régionales restent marquées. En 2024, l'Afrique subsaharienne enregistrait à elle seule 58 % des décès d'enfants de moins de 5 ans. Dans cette même région, neuf grandes maladies infectieuses étaient à l'origine de 54 % de ces décès.

Dans le même temps, cette proportion s'élevait seulement à 9 % en Europe et en Amérique du Nord ; et de 6 % en Australie et en Nouvelle-Zélande.

En Asie du Sud, une région qui enregistre 25 % de l'ensemble des décès d'enfants de moins de 5 ans, la mortalité était principalement due à des complications survenant au cours du premier mois de vie.

Les pays fragiles et touchés par des conflits continuent en outre de supporter une part disproportionnée de ce fardeau, les enfants nés dans ces contextes ayant près de trois fois plus de risques de mourir avant leur cinquième anniversaire que ceux nés ailleurs.

« Les enfants vivant dans des situations de conflit et de crise ont près de trois fois plus de risques que les autres de mourir avant leur cinquième anniversaire », s'est inquiété le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

© UNICEF/Mohammed Jamal
Une mère amène sa fille de sept mois pour la vaccination contre la rougeole dans un centre de santé soutenu par l'UNICEF à Tawila, au Darfour du Nord..

Des pays en retard sur les objectifs de survie infantile

Le Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales de l'ONU a d'ailleurs qualifié ces conclusions de « rappel brutal » du fait que de nombreux pays sont en retard sur les objectifs de survie infantile fixés dans le cadre des Objectifs de développement durable (ODD).

« Nous savons comment prévenir ces décès. Ce qu'il faut maintenant, c'est un engagement politique renouvelé, des investissements soutenus dans les soins de santé primaires et des systèmes de données plus solides pour veiller à ce qu'aucun enfant ne soit laissé pour compte », a fait observer Li Junhua.

« Des interventions éprouvées et peu coûteuses, comme la vaccination, le traitement de la malnutrition aiguë sévère et la prise en charge qualifiée à la naissance, offrent parmi les meilleurs retours en santé mondiale, en améliorant la productivité, en renforçant les économies et en réduisant les dépenses publiques futures », conclut l'étude.

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