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07/09/2026 | Press release | Distributed by Public on 07/09/2026 15:27

Ukraine: « il n’y a pas de solution militaire à cette guerre », reprennent en chœur des délégations à la suite de l’appel de Mme Rosemary DiCarlo

10191e séance - matin
CS/16408
9 juillet 2026

Ukraine: « il n'y a pas de solution militaire à cette guerre », reprennent en chœur des délégations à la suite de l'appel de Mme Rosemary DiCarlo

« Un cessez-le-feu immédiat, complet et inconditionnel ne saurait être davantage différé », s'est impatientée, ce matin au Conseil de sécurité, Mme Rosemary DiCarlo. La Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix était venue présenter les derniers développements à cette réunion sollicitée par l'Ukraine, demande soutenue par les membres européens du Conseil (Danemark, France, Grèce, Lettonie et Royaume-Uni), à cause de « l'intensification d'actes terroristes contre les civils ukrainiens ».

Cette nouvelle séance, la huitième sur le conflit ukrainien en sept semaines, fait suite à deux récentes attaques à grande échelle de missiles et de drones russes contre l'Ukraine au cours de la semaine dernière, comme l'a expliqué Mme DiCarlo.

Exaspérée, comme la majorité des intervenants, après quatre ans et demi de conflit et cette nouvelle escalade, Mme DiCarlo a martelé qu'il n'existe pas de solution militaire susceptible d'apporter une paix durable. Ce n'est que par le dialogue, inclusif et constructif, et des négociations que l'on pourra inverser la dangereuse trajectoire actuelle, a-t-elle argué. Un avis partagé par nombre de délégations, dont la République démocratique du Congo (RDC), la Grèce, la Somalie, le Pakistan, les États-Unis ou Bahreïn, attachés à « la seule voie » de la diplomatie.

« Cette escalade n'apportera pas la paix, et une augmentation du nombre de victimes civiles ne mènera pas à un règlement durable », a averti à son tour le Panama. La Russie est le seul membre au sein du Conseil de sécurité à ne pas avoir appelé à un arrêt des combats, s'est emportée la France.

Une escalade sans pareil

La Secrétaire générale adjointe DiCarlo a fait le récit des trois vagues massives de frappes aériennes russes, la semaine dernière, qui ont visé Kyïv et d'autres villes ukrainiennes, dont la dernière a eu lieu la nuit dernière. Selon elle, ces attaques montrent un schéma clair car elles ont ciblé des centres urbains à forte population civile et détruit ou gravement endommagé des bâtiments résidentiels, avec des conséquences dévastatrices pour les habitants.

Ainsi, dans la nuit du 8 juillet, des attaques par missiles et drones ont été signalées à Kyïv, Kharkiv et Odessa, faisant des victimes civiles. Ces événements ont fait suite à une attaque aérienne massive menée contre Kyïv dans la nuit du 6 juillet. La capitale et sa région auraient été visées par des dizaines de missiles -notamment des missiles balistiques, de croisière et hypersoniques- ainsi que par des centaines de drones. Au moins 28 personnes, dont un garçon de 12 ans, auraient trouvé la mort, et au moins 90 personnes, dont au moins 7 enfants, auraient été blessées.

Mme DiCarlo a aussi signalé les attaques ukrainiennes de drones ayant frappé des infrastructures pétrolières, industrielles et militaires en Russie, dont certaines auraient fait des victimes civiles et des dégâts aux infrastructures civiles, y compris résidentielles. En République autonome de Crimée (Ukraine) temporairement occupées par la Fédération de Russie, une frappe attribuée à l'Ukraine aurait tué une personne le 6 juillet et provoqué des coupures d'électricité généralisées dans toute la péninsule. Les autorités russes ont signalé que 250 civils avaient été tués et 1 596 blessés en Fédération de Russie au cours du premier semestre 2026. Les Nations Unies ne sont pas en mesure de vérifier ces informations, a précisé Mme DiCarlo.

De plus, selon elle, « les civils vivant dans les territoires ukrainiens sous occupation temporaire de la Fédération de Russie continuent de subir ce qui s'apparente à des violations généralisées et systématiques des droits humains de la part des autorités d'occupation ».

La Russie s'est exprimée avec fermeté pour donner sa version des faits et retourner contre l'Ukraine les accusations la ciblant. En faisant le bilan des attaques ukrainiennes contre elle, la Russie a rejeté l'approche du « deux poids, deux mesures » suivie selon elle par le Secrétaire général de l'ONU. « Nous attendons toujours la réaction d'António Guterres aux photos et vidéos du site de la tragédie de Starobilsk, ainsi qu'aux dépositions remises à Vladimir Kuznetsov, Directeur du centre d'information des Nations Unies à Moscou », a dit la déléguée russe.

De son côté, l'Ukraine a réfuté les « allégations fallacieuses de la Russie » en citant George Orwell : « les trois slogans d'un État totalitaire: la guerre, c'est la paix, la liberté, c'est l'esclavage et l'ignorance, c'est la force ».

Les civils ciblés de part et d'autre

Toute attaque contre des civils et des infrastructures civiles, où qu'elle ait lieu, constitue une violation claire du droit international humanitaire et doit cesser immédiatement, a lancé, une énième fois, la Secrétaire générale adjointe. Son collègue, le Sous-Secrétaire général aux affaires humanitaires et Coordonnateur adjoint des secours d'urgence par intérim, a qualifié de profondément alarmantes l'ampleur et l'intensité des hostilités dans les grands centres urbains ukrainiens, à savoir Dnipro, Kharkiv, Kherson, Kyïv, Sumy et Zaporizhzhia, qui se soldent par un lourd bilan humain.

Depuis vendredi dernier, des attaques menées à travers l'Ukraine ont tué et blessé des centaines de civils, a déploré M. Indrika Ratwatte, se disant également préoccupé par les informations faisant état de préjudices subis par des civils en Fédération de Russie. Quel que soit le rythme des efforts politiques, les civils ne peuvent pas attendre, a insisté le responsable du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), exhortant les membres du Conseil à user de leur influence pour saisir toutes les opportunités concrètes permettant d'éviter que les civils ne souffrent davantage.

Puisque « poser un diagnostic sans offrir remède n'est pas de la diplomatie », le Libéria a proposé un moratoire immédiat et vérifiable sur les frappes contre les infrastructures civiles d'énergie, d'eau et résidentielles.

L'Ukraine a reconnu le lourd bilan à Kyïv parmi les civils et fait remarquer que « la Russie n'épargne personne ». La délégation a évoqué le sort peu enviable des habitants des territoires temporairement occupés dont certains sont même empêchés de quitter ces régions.

« Compte tenu de l'ampleur des attaques et des destructions, la seule conclusion raisonnable est que ces civils et ces biens civils sont bel et bien visés délibérément », a avancé le Danemark en exigeant, comme plusieurs délégations occidentales, que les responsables de tous les crimes commis dans le cadre de la guerre d'agression menée par la Russie en Ukraine rendent des comptes et « que justice soit faite ».

L'espoir de la diplomatie malgré tout

Fait particulièrement alarmant, les attaques russes se sont accompagnées de menaces, y compris dans cette salle du Conseil de sécurité, contre des civils, des diplomates et le personnel des organisations internationales opérant en Ukraine, s'est insurgée la Finlande, qui parlait au nom des pays nordiques (Danemark, Finlande, Islande, Norvège et Suède).

Rappelant que, dans le droit fil du G7 d'Evian, les dirigeants de l'OTAN, réunis hier à Ankara, ont affirmé leur « soutien indéfectible » à l'Ukraine, la France a annoncé que, le 13 juillet, les Chefs d'État et de Gouvernement de la Coalition des volontaires se réuniront à Paris pour consolider ces initiatives et travailler à la mise en place de « garanties de sécurité robustes ».

« Il est grand temps que la Russie comprenne que les frontières ne peuvent être modifiées par la force et que les agresseurs ne peuvent être récompensés », a averti l'Union européenne (UE). Elle a exhorté tous les pays, y compris les membres du Conseil, à cesser toute assistance directe ou indirecte à la Russie, notamment la fourniture de biens et de composants à double usage. L'UE continuera d'accroître la pression sur l'économie de guerre russe.

De leur côté, les États baltes ont exprimé leur détermination à poursuivre leur soutien militaire à l'Ukraine pour la défense de sa souveraineté. La Lituanie, qui parlait en leur nom, a tranché: la conduite de la Russie est incompatible avec sa fonction de membre permanent du Conseil de sécurité et son statut d'État Membre des Nations Unies. « La Russie devrait être éjectée du Conseil de sécurité », a d'ailleurs suggéré l'Ukraine.

« Rien ne les arrête », s'est emportée la déléguée russe devant ces annonces de soutien européen. « Argent, armes, munitions, données de renseignement, téléguidage, formations militaires, logistique », a-t-elle énuméré en estimant que les pays européens, par leur soutien, sabotent toute lueur d'espoir de négociations de paix. La déléguée a fustigé une « stratégie unifiée » visant à infliger un maximum de dégâts à la Russie par le biais des Ukrainiens.

Notant que la Russie se présente comme une victime, la Lettonie s'est exaspérée de voir que ce pays tente de se débarrasser de son statut de paria sur la scène politique internationale. À cet égard, elle a déploré la décision provisoire du Comité international olympique de lever la suspension qui frappait le Comité olympique russe. « Il ne devrait pas y avoir de tapis rouge pour la Russie pendant la chute des missiles! »

L'Ukraine utilise son droit à la légitime défense et cible des bases militaires russes et l'industrie qui soutient la guerre, les raffineries de pétrole, des pôles logistiques et des cibles militaires, a expliqué son délégué. L'Ukraine met en œuvre des frappes en profondeur et de moindre portée en essayant de contenir l'invasion russe, a-t-il ajouté.

Il a néanmoins affirmé que l'Ukraine est prête à un cessez-le-feu, comme l'a indiqué son chef d'État le 4 juin dans une lettre adressée au Président Putin. La balle est dans le camp de Moscou mais la responsabilité d'arrêter Moscou est la nôtre, a-t-il dit.

« Les deux parties doivent reprendre la négociation car il n'existe pas de solution militaire à cette guerre », ont également martelé les États-Unis. Le Président Trump a été particulièrement clair en disant que « la Russie devrait mettre fin à ces meurtres et à la guerre; le temps lui est compté », a dit le délégué américain. Pour y parvenir, la Chine a invité les parties à essayer de trouver le plus petit dénominateur commun et promouvoir une architecture de sécurité régionale.

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