01/26/2026 | Press release | Archived content
« Le Conseil de l'Europe se trouve à moins d'une heure du camp de Natzweiler-Struthof. Pourtant, il incarne tout ce que l'Holocauste a cherché à détruire. Il est un projet de paix fondé sur un engagement solennel : plus jamais ça. Une paix reposant sur les droits humains, la démocratie et l'État de droit. »
Tels sont les mots prononcés par le Secrétaire Général Alain Berset devant la stèle commémorative située sur le parvis du Palais de l'Europe, où des couronnes ont été déposées en hommage aux victimes de l'Holocauste lors de la cérémonie marquant la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste.
« Comme l'a dit Simone Veil ici même, au Conseil de l'Europe : "La Shoah ne devait avoir ni témoin ni histoire". Alors que l'ère des témoins s'achève, elle nous exhortait à réfléchir à l'enseignement de l'Holocauste. Il est désormais de notre responsabilité de poursuivre ce travail.
Nous devons aider les jeunes générations à comprendre comment une société peut sombrer dans une telle inhumanité, et leur donner les moyens de résister à la désinformation, au déni et à la manipulation de l'histoire. L'antisémitisme n'a pas pris fin en 1945, pas plus que la haine ciblant les personnes en raison de leur confession.
Se souvenir de l'Holocauste, c'est refuser toute forme d'intolérance religieuse, ici et maintenant », a souligné le Secrétaire Général.
Témoignage d'un survivant du Kindertransport
La commémoration de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste figurait également à l'ordre du jour de la session d'hiver de l'Assemblée parlementaire, durant laquelle Lord Alf Dubs - qui a échappé à l'Holocauste en juin 1939, à l'âge de six ans, en quittant l'Europe occupée à bord d'un train du Kindertransport - s'est remémoré ce voyage en soulignant l'importance de transmettre aux jeunes l'histoire de l'Holocauste :
« Nous devons faire en sorte que la prochaine génération comprenne, car les personnes comme moi ne seront plus là - et il est important que le message continue d'être transmis à la génération suivante. »
Des responsables politiques à la cérémonie
La présidente de l'Assemblée parlementaire, Petra Bayr, a souligné : « Nous entendons souvent des appels à clore enfin ce chapitre de l'histoire - mais l'histoire n'a pas de fin. Nous avons l'obligation commune de veiller à ce que les enseignements tirés de l'Holocauste se traduisent aujourd'hui en actions politiques concrètes. "Plus jamais ça" n'est pas une expression symbolique, c'est un engagement politique à défendre la dignité humaine, à protéger les minorités et à résister partout à l'érosion des normes démocratiques. »
La présidente de la République de Moldova, Maia Sandu, a quant à elle déclaré : « Aujourd'hui, nous devons nous poser en toute honnêteté la question suivante : sommes-nous si sûrs qu'une telle tragédie ne pourra jamais se reproduire ? Le monde est sur une pente glissante. [...] Il ne suffit pas de promettre que cela n'arrivera plus jamais. Cette responsabilité, nous devons l'assumer en continu, à travers nos institutions, nos choix et notre courage. Ayons le courage d'agir avant que le souvenir ne se transforme en regret. »
Un message vidéo de Meyer Stambler (grand rabbin de la Fédération des communautés juives d'Ukraine) et des déclarations d'Anina Ciuciu (Collectif ZOR de jeunes Roms et Voyageurs, communauté des Roms et des Gens du voyage, France), de Krystian Kamiński, (Unia Równości - Union pour l'égalité, communauté LGBTI, Pologne), de Nicolas Laugel (délégué régional du Comité français pour Yad Vashem pour l'Est de la France) ainsi que des dirigeant·es des groupes politiques de l'Assemblée parlementaire faisaient partie du programme en séance, qui s'est conclu par une représentation du poème « Mon pays », écrit par Hanuš Hachenburg (1929-1944) à Theresienstadt et interprété par Rodéo d'âme (Tristan Lescêne, violoncelliste, et Marie Hattermann, comédienne).
Lire le discours du Secrétaire général dans son intégralité (uniquement en anglais)