03/08/2026 | News release | Distributed by Public on 03/07/2026 17:04
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La journée internationale des femmes trouve ses origines dans les luttes féministes du début du XXe siècle, notamment une manifestation de 15 000 femmes à New York en 1908 qui revendiquaient une amélioration des conditions de travail et des salaires féminins, ainsi que le droit de vote. La date officielle a été retenue plus tard, en hommage à la grève que les femmes de Petrograd ont organisée le 8 mars 1917 sous le slogan «Du pain et la paix». Elles réclamaient de meilleures conditions de vie et s'opposaient à la guerre, tout comme nous devons le faire aujourd'hui. Par leur grève, ces femmes ont contribué au mouvement révolutionnaire qui a renversé le régime tsariste.
Alors qu'elles sont souvent présentées comme inédites et exceptionnelles, les grèves et mobilisations féministes jalonnent notre histoire depuis bien longtemps. Se mobiliser le 8 mars, c'est ancrer nos actions dans ce passé riche d'expériences et de luttes. Les revendications d'aujourd'hui rejoignent celles d'hier, que ce soit sur le plan des conditions de vie, de travail et des salaires, ou sur celui de la participation des femmes, notamment des travailleuses, à la vie politique ou encore pour réclamer la paix, une revendication on ne peut plus actuelle, alors que le monde semble basculer dans la loi du plus fort au mépris des vies humaines.
Cette bascule se joue aussi au niveau de la violence économique, dont l'austérité budgétaire fait partie. Cette politique sert les intérêts du capital et finit par désagréger ce que les services publics représentent en termes de solidarité. Certes, nos services publics sont loin d'être exemplaires, d'autant que le «moins d'État» a fait des ravages depuis les années 1990. À l'époque, de grosses mobilisations et des grèves ont été organisées et nous ont permis de résister et de défendre des droits fondamentaux comme l'accès aux soins ou à la formation. Aujourd'hui, ces principes sont à nouveau attaqués avec des conséquences graves sur les populations déjà précarisées. Or, on le sait, les femmes sont surreprésentées parmi les populations pauvres, que ce soit les working poor, les familles monoparentales ou les retraité·es. En plus, les politiques d'austérité ralentissent, voire empêchent les mesures nécessaires pour faire avancer ou combattre les violences de genre. Couper dans les services publics, c'est priver des milliers de victimes d'une aide essentielle à leur survie. Car les écoles, les structures d'accueil pour les enfants, les hôpitaux sont souvent les premiers lieux où les violences sont détectées, nommées et prises en charge.
Le fil rouge de l'histoire de la journée internationale des femmes nous ramène aussi aux conséquences désastreuses que les guerres ont toujours eues sur les femmes, les enfants et les populations civiles. Or, le programme d'allégement budgétaire de la Confédération a officiellement comme objectif de dégager plus de moyens pour l'armée. Le Parlement prévoit d'augmenter le budget de l'armée de 4 milliards par an d'ici à 2032. Cette décision s'insère dans une course au réarmement au niveau mondial et à une (re)légitimation de la guerre et de la violence dans les discours politiques.
Dans ce contexte, notre mobilisation syndicale et féministe est indispensable pour stopper ce mouvement rétrograde et pour affirmer qu'un autre monde est possible. Et c'est probablement ce qui compte le plus: continuer à revendiquer un autre monde et travailler pour (re)créer des solidarités, là où la droite veut diviser et isoler pour mieux exploiter les salarié·es et les ressources. Faire émerger ces solidarités est indispensable pour résister à la montée des droites qui, partout dans le monde, menacent comme jamais de nous précipiter dans des temps troubles et dramatiques.