09/22/2026 | Press release | Distributed by Public on 09/22/2026 07:25
Intelligence artificielle
Une nouvelle étude de l'OIT révèle que, dans les entreprises étudiées, l'IA est principalement intégrée dans des flux de travail hybrides, dans lesquels les personnes continuent de jouer un rôle important dans la manière dont la technologie est utilisée.
22 septembre 2026
Artificial intelligence adoption in Chinese enterprises
Productivity effects, workforce implications, and policy challenges
GENÈVE (OIT Infos) - L'intelligence artificielle génère d'importants gains de productivité dans les entreprises chinoises, selon une nouvelle étude de l'OIT qui examine la manière dont les entreprises adoptent cette technologie. Mais les résultats mettent également en évidence des préoccupations liées aux déficits de compétences, au déplacement des emplois et à l'impact de l'IA sur les revenus futurs des travailleurs.
La nouvelle note de recherche de l'OIT, Artificial Intelligence Adoption in Chinese Enterprises: Productivity Effects, Workforce Implications, and Policy Challenges, a été préparée par Ekkehard Ernst, du Département de la recherche de l'OIT, en collaboration avec des chercheurs de l'Université Renmin de Chine.
L'étude s'appuie sur des entretiens approfondis menés auprès de 21 entreprises et sur une enquête réalisée auprès de 1 591 professionnels. Les entreprises couvrent les secteurs de l'industrie manufacturière, de la finance, des services aux entreprises, de la construction, de l'éducation, des médias et du tourisme, et vont d'une jeune entreprise de huit personnes à un conglomérat employant 270 000 personnes. Toutes les entreprises interrogées utilisaient déjà l'IA ou avaient des projets concrets en vue de son adoption.
Parmi les professionnels interrogés, 56 pour cent considèrent l'adoption de l'IA comme une tendance inévitable, tandis que 47 pour cent estiment que l'IA crée davantage d'emplois qu'elle n'en supprime, une perception plus optimiste que celle observée dans des enquêtes menées dans de nombreux pays de l'OCDE. Dans le même temps, 39 pour cent s'attendent à ce que l'IA entraîne une baisse de leurs revenus.
Les entreprises qui suivent l'impact de l'IA font état d'améliorations substantielles de la productivité. Dans une compagnie d'assurance, 300 employés du service à la clientèle ont fait passer le nombre de demandes traitées chaque jour de 6 000 à 15 000. Dans un grand groupe d'assurance, la durée du cycle de recrutement est passée de 30 à 13 jours, soit une réduction de 57 pour cent. Un site de production intelligente a fait état d'une hausse de 30 pour cent de l'efficacité de la production.
Toutefois, ce type de mesure reste l'exception plutôt que la règle. La plupart des entreprises étudiées ne disposent pas de cadres systématiques pour évaluer l'impact de l'IA, en particulier au-delà des mesures conventionnelles de productivité. La note souligne la nécessité de mieux mesurer les changements en matière de qualité de l'emploi, de conditions de travail et de composition des tâches des travailleurs.
Les chiffres de productivité communiqués par les entreprises sont autodéclarés et n'ont pas fait l'objet d'une vérification indépendante. L'étude précise également que les 21 entreprises interrogées ont été sélectionnées de manière raisonnée, ce qui signifie que les résultats au niveau des entreprises ne peuvent pas être généralisés statistiquement à l'ensemble des entreprises chinoises.
Les gains signalés par les entreprises se concentrent dans les tâches répétitives et à forte intensité de données, telles que le traitement de documents, la gestion des demandes des clients, le tri des CV et la collecte de données. La note estime donc que les pressions liées au déplacement de l'emploi pourraient être particulièrement importantes pour les fonctions administratives, de bureau et de service à la clientèle comportant des tâches routinières.
Les entreprises font également état de difficultés liées à la résistance des salariés, aux compétences, à la qualité des résultats produits par l'IA, à la sécurité des données, à la réglementation et à l'intégration avec les systèmes existants. Une entreprise de technologies éducatives a identifié un écart marqué selon l'âge dans les capacités liées à l'IA chez les salariés de plus de 40 ans, tandis que d'autres entreprises ont mis en évidence des lacunes plus générales en matière de maîtrise de l'IA et de capacité à utiliser efficacement les nouveaux outils.
Malgré ces pressions, l'étude montre que le modèle prédominant reste celui de la collaboration entre les humains et l'IA plutôt que celui de l'automatisation complète. Dans les entreprises étudiées, l'IA est généralement intégrée à des flux de travail hybrides dans lesquels le jugement et la supervision humains conservent un rôle important.
«Les entreprises chinoises ne remplacent pas tant les travailleurs par l'IA qu'elles ne réorganisent le travail autour de flux de travail hybrides associant humains et IA», a déclaré Ekkehard Ernst. «Le véritable goulot d'étranglement n'est pas la technologie, mais les compétences et les capacités de gestion nécessaires pour bien l'utiliser. C'est pourquoi les politiques d'apprentissage tout au long de la vie, le soutien aux transitions et l'accès des petites et moyennes entreprises à des services d'IA abordables compteront davantage que le rythme même du progrès technologique.»
La note met en avant quatre domaines d'action pour les politiques publiques: renforcer les compétences en matière d'IA et l'apprentissage tout au long de la vie, en particulier pour les travailleurs en milieu et en fin de carrière; accompagner la transition des travailleurs vers des tâches à plus forte valeur ajoutée; élaborer de meilleurs cadres pour mesurer les effets de l'IA sur la productivité, la qualité de l'emploi et les conditions de travail; et aider les petites entreprises à accéder à l'IA grâce à des plateformes partagées, à la formation et à des services abordables.
Selon la note, ces mesures seront importantes pour faire en sorte que les gains de productivité liés à l'IA s'accompagnent d'un travail décent et soient plus largement répartis entre les travailleurs et les entreprises.
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