03/06/2026 | Press release | Distributed by Public on 03/06/2026 03:15
Chaque jour, les femmes font la une des journaux. Le réseau de trafics sexuels au cœur des dossiers Epstein. Les viols et les violences commis sur Gisèle Pelicot par des dizaines d'hommes. L'utilisation de l'intelligence artificielle pour créer des images pornographiques de femmes et de jeunes filles sans leur consentement.
Certaines personnes ignorent ces gros titres et font l'autruche. D'autres disent que l'égalité entre les femmes et les hommes « est allée trop loin ». D'autres encore ne se gênent pas pour déclarer que les femmes devraient « savoir rester à leur place ».
Or, dans le monde, une femme est tuée toutes les 10 minutes par quelqu'un qu'elle connaît. En Europe, une femme sur trois est confrontée à des violences de la part de son partenaire. Une sur six fait l'expérience de violences sexuelles. Et ces chiffres ne concernent que les cas qui sont signalés.
Je ne crois pas en un monde où les femmes n'ont que des droits limités tandis que leur peur est sans limites.
La Convention du Conseil de l'Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique (Convention d'Istanbul) est là pour renforcer notre cadre d'action collectif. Depuis son entrée en vigueur il y a 12 ans, elle a fait une réelle différence dans toute l'Europe.
Cependant, le monde change très rapidement. Les progrès technologiques considérables ont accéléré le ciblage en ligne délibéré des femmes exerçant des responsabilités politiques ou occupant des fonctions dirigeantes. Prenant souvent la forme de menaces de viol, de meurtre ou d'autres formes de violences numériques, ces actes ont contraint certaines femmes à démissionner et en découragent d'autres de se présenter, en particulier les jeunes femmes. En outre, les statistiques sur les féminicides et les violences familiales sont bien trop élevées en Europe.
Les États membres doivent travailler ensemble pour garantir la sécurité des femmes et leur capacité à participer pleinement à nos démocraties. Les normes établies par la Convention d'Istanbul ne sont efficaces que lorsque les États membres s'engagent à respecter ses principes, à les mettre en œuvre et à les faire appliquer.
Mais tous les États membres n'ont pas ratifié la Convention d'Istanbul et certains envisagent même de la dénoncer.
S'ils le font, ce n'est pas 50 % de la population européenne, mais sa totalité qu'ils abandonnent. La voix des femmes est essentielle à la vie publique, au renforcement de la démocratie et à la garantie de ses bases solides que sont les droits humains et l'État de droit.
À l'occasion de la Journée internationale des femmes, nous commémorons les progrès réalisés en matière de droits des femmes. Nous célébrons la détermination, la réussite et la résilience des femmes en Europe et au-delà. Mais nous devons aussi redoubler d'efforts pour améliorer nos normes et intensifier notre travail en faveur d'une Europe totalement inclusive, pour que les gros titres de nos journaux ne parlent plus des femmes en tant que victimes mais mettent en valeur leur capacité de dirigeantes, à égalité avec les hommes et dans tous les domaines, sans faire aucun commentaire sexiste.
La Convention d'Istanbul, qui permet de protéger les femmes contre la violence domestique en Europe