UNOG - United Nations Office at Geneva

04/16/2026 | News release | Distributed by Public on 04/16/2026 12:18

L’ONU plaide en faveur d’opérations de paix flexibles et adaptables

Lors d'une réunion du Conseil de sécurité, mercredi après-midi, consacrée aux composantes militaires des opérations de paix de l'ONU, un haut responsable onusien a plaidé pour des dispositifs « flexibles et adaptables », alors que les Casques bleus font face à des environnements de plus en plus complexes et que la raréfaction des ressources complique l'exécution de leur mandat.

Pour le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, cet objectif d'adaptabilité implique de concevoir des mandats ciblés, dotés de ressources adéquates et pouvant être réajustés en fonction de l'évolution des besoins et des situations.

Une planification intégrée efficace aux niveaux stratégique et opérationnel doit permettre, selon lui, de réagir rapidement aux dynamiques changeantes, de coopérer en temps opportun avec les acteurs concernés sur le terrain et de mettre en place des mesures pour orienter les stratégies de retrait.

Anticiper les menaces

Il importe également de maintenir une forte priorité à la performance des composantes en uniforme afin d'orienter les mesures correctives, a ajouté le Secrétaire général adjoint, pour qui les opérations de maintien de la paix doivent aussi être dotées de capacités et de technologies permettant aux missions d'anticiper les menaces.

À cet égard, il a cité l'exemple de la mission de paix en République démocratique du Congo (MONUSCO), qui, confrontée aux drones armés et aux interférences GPS, a renforcé l'alerte précoce et adopté une approche de surveillance basée sur des systèmes sans pilote et l'imagerie satellitaire.

L'impact de la crise de liquidités

De même, M. Lacroix n'a pas manqué d'alerter le Conseil sur les importantes difficultés financières auxquelles font face les opérations de maintien de la paix, appelant à des « mesures d'urgence rigoureuses ».

Pour la mission de paix au Soudan du Sud (MINUSS), ces coupes budgétaires ont entraîné la fermeture de bases et réduit les capacités d'alerte précoce, a-t-il expliqué, ajoutant que, pour les mêmes raisons, la mission des Nations Unies au Sahara occidental (MINURSO) a revu à la baisse sa réactivité en matière d'évacuations sanitaires. La MONUSCO a, elle, dû réduire ses heures de vol, ce qui a eu pour effet d'accroître sa dépendance aux déplacements terrestres dans les zones à haut risque et, par voie de conséquence, d'affecter la rapidité des interventions d'urgence.

Alors que les missions s'emploient à identifier des gains d'efficacité dans le cadre de plans d'urgence, les États Membres « doivent s'acquitter intégralement et dans les délais de leurs contributions obligatoires afin de nous permettre d'exécuter efficacement les mandats qu'ils nous confient », a souligné M. Lacroix.

© UNISFA
Des Casques bleus patrouillent à Abyei (photo d'archives).

Réduction des patrouilles

Les commandants de la Force de la Mission de paix en République centrafricaine (MINUSCA) et de la Force intérimaire de sécurité des Nations Unies pour Abyei (FISNUA) participaient également à cette réunion du Conseil.

Le commandant de la force de la MINUSCA, le général Humphrey Nyone, a indiqué que le rapatriement de 4 031 employés, ainsi que la réduction des patrouilles, du soutien aérien et de la logistique, ont restreint la portée, la mobilité et la réactivité de cette force. Ces limitations risquent de compromettre la protection des civils, d'affaiblir la dissuasion et de réduire la capacité de la Mission à consolider les acquis, a-t-il mis en garde.

Même constat de la part du général Ganesh Kumar Shrestha, Chef par intérim et commandant de la FISNUA, selon lequel le nombre effectif de personnels déployé par la Force a été affecté par la mise en œuvre du plan de contingence relatif aux liquidités.

Faisant rapport de l'activité de la MINUSCA au cours de l'année écoulée, le général Nyone a souligné le rôle essentiel de cette composante militaire dans la sécurisation des élections de décembre 2025 en République centrafricaine, précisant qu'un appui similaire sera fourni pour le second tour des élections locales, le 26 avril prochain.

Il a par ailleurs relevé que les efforts de soutien au programme de désarmement, démobilisation, rapatriement et réintégration du gouvernement centrafricain ont permis de désarmer plus de 1 330 combattants depuis juillet 2025, portant le nombre total de combattants démobilisés à plus de 6 100 depuis 2019.

Si, de son propre aveu, la situation sécuritaire demeure fragile à l'échelle du pays, la MINUSCA a continué d'appuyer les Forces armées centrafricaines afin d'améliorer la sécurité au niveau national, a-t-il expliqué, notant que, dans le nord-est, l'instabilité est exacerbée par les répercussions du conflit au Soudan, notamment les mouvements transfrontaliers d'éléments armés et l'augmentation des déplacements de population.

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