03/23/2026 | Press release | Archived content
Plus de la moitié des vols de matières nucléaires et d'autres matières radioactives signalés dans la Base de données sur les incidents et les cas de trafic (ITDB) depuis 1993 sont survenus lors d'un transport autorisé, et la proportion passe à presque 70 % si l'on se concentre sur les dix dernières années. Les nouvelles données publiées aujourd'hui par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) soulignent la nécessité de maintenir une vigilance constante en matière de sécurité du transport.
Parmi les 4 626 incidents signalés dans l'ITDB entre 1993 et 2025 figurent 730 vols ou tentatives de vol de matières radioactives. Près de 55 % de ces actes malveillants ont été commis pendant un transport, ce qui représente environ 400 incidents - et dans plus de 59 % de ces incidents, les matières radioactives volées n'ont pas été récupérées.
« La sécurité des matières nucléaires et des autres matières radioactives continue d'être menacée pendant le transport, et au vu des données de l'ITDB, elle doit encore être renforcée », explique Elena Buglova, directrice de la Division de la sécurité nucléaire de l'AIEA. « L'AIEA aide les pays qui en font la demande à améliorer leurs régimes nationaux de sécurité nucléaire afin de veiller à ce que de telles matières soient gérées en toute sécurité et parfaitement protégées contre les actes criminels ou les actes intentionnels non autorisés pendant leur transport. »
L'ITDB est le système d'information de l'AIEA sur les cas de trafic illicite et les autres activités et événements non autorisés mettant en jeu des matières nucléaires et autres matières radioactives non soumises à un contrôle réglementaire. Bien que la plupart des incidents ne soient pas liés à un trafic ou à une intention malveillante, les chiffres témoignent tout de même des difficultés que continuent de poser la sécurité du transport, le contrôle réglementaire, les pratiques de mise au rebut et la détection.
En 2025, 236 incidents ont été signalés par 34 des 145 États qui contribuent à l'ITDB - un chiffre plus élevé qu'en 2024, puisque 147 incidents avaient alors été signalés, mais cette augmentation s'explique par des signalements rétrospectifs.
La Base de données répertorie tous les types de matières nucléaires, y compris l'uranium, le plutonium et le thorium, mais aussi les radio-isotopes naturels ou produits artificiellement et les matériaux contaminés par des substances radioactives se trouvant dans des déchets métalliques. Des incidents survenus sur des sites de recyclage de métaux impliquant des produits manufacturés contaminés par des matières radioactives continuent à être signalés dans l'ITDB, preuve que la sécurisation des sources radioactives retirées du service et la détection de leur mise au rebut non autorisée reste un enjeu majeur dans certains pays.
La publication de la fiche d'information concernant l'ITDB coïncide avec la tenue cette semaine de la Conférence internationale sur la sûreté et la sécurité du transport des matières nucléaires ou radioactives. D'après les estimations de l'AIEA, des millions d'expéditions de matières nucléaires et d'autres matières radioactives sont effectuées chaque année pour des applications pacifiques dans les secteurs de l'énergie, de la médecine, de l'éducation, de l'agriculture et de l'industrie.
La Conférence est l'occasion pour les acteurs du transport international de discuter des solutions possibles, des défis et des principaux facteurs à prendre en compte pour assurer la sûreté et la sécurité des matières nucléaires et des autres matières radioactives lors de leur transport. Les participants se pencheront sur les questions juridiques et réglementaires, la conception des emballages de transport, les opérations, les considérations relatives aux échanges commerciaux et à la chaîne d'approvisionnement, ainsi que sur les nouvelles technologies susceptibles d'avoir une incidence sur la sûreté et la sécurité du transport.
À propos de l'ITDB
La Base de données sur les incidents et les cas de trafic (ITDB) favorise l'échange d'informations au niveau mondial sur les incidents mettant en jeu des matières nucléaires et d'autres matières radioactives soustraites au contrôle réglementaire parce qu'elles ont été perdues, volées, mises au rebut de manière inappropriée ou ont fait l'objet d'une autre forme de négligence. Elle renferme également des informations concernant des matières remises sous contrôle réglementaire à la faveur, par exemple, de la détection de sources radioactives orphelines dans des installations de recyclage des métaux. Les données figurant dans l'ITDB sont fournies à titre volontaire, et seuls les États participants peuvent y accéder en intégralité, tandis que les organisations internationales telles que l'Organisation internationale de police criminelle (INTERPOL), l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et l'Organisation mondiale des douanes (OMD) jouissent d'un accès limité.
L'ITDB recense les incidents mettant en jeu des matières nucléaires, des radio-isotopes et des matières contaminées par des substances radioactives. En signalant la perte ou le vol de matières dans l'ITDB, les pays augmentent leurs chances de récupérer ces matières et réduisent le risque qu'elles soient utilisées à des fins criminelles. Les États peuvent également signaler les escroqueries ou les actes de désinformation dans le cadre desquels des matières sont faussement signalées comme étant des matières nucléaires ou d'autres matières radioactives.
Les États qui souhaitent adhérer à l'ITDB doivent en faire la demande à l'AIEA par les voies officielles (mission permanente, ministère des affaires étrangères ou autorité nationale compétente pour les questions de sécurité nucléaire).