IMF - International Monetary Fund

02/12/2026 | Press release | Distributed by Public on 02/12/2026 11:52

Le Conseil d’Administration du FMI achève la cinquième revue de l’accord au titre de la Facilité Élargie de Crédit et conclut les consultations de 2025 au titre de l’article IV[...]

Washington, DC - Le Conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé la cinquième revue de l'accord au titre de la Facilité Élargie de Crédit (FEC) avec l'Union des Comores et a conclu les consultations de 2025 au titre de l'article IV.[1] Les autorités ont consenti à la publication du rapport des services préparé dans le cadre de ces consultations.[2] La décision du Conseil d'administration autorise un décaissement immédiat de 3,56 millions de DTS (environ 4,92 millions de dollars américains), portant le total des décaissements effectués au titre de l'accord à environ 28,62 millions de dollars américains. L'accord FEC, d'une durée de quatre ans, a été approuvé le 1er juin 2023 pour un montant total de 32,04 millions de DTS (environ 43 millions de dollars américains).

Lors de l'achèvement de la revue, le Conseil d'administration a également approuvé la demande des autorités concernant des dérogations pour non-respect des critères de performance quantitatifs relatifs au solde primaire intérieur à fin juin 2025, ainsi que du critère de performance continu concernant la non-accumulation d'arriérés extérieurs.

Bien que des progrès notables aient été accomplis dans la réalisation des objectifs du programme - notamment grâce à l'adoption récente de mesures correctives et aux efforts visant à honorer le service de la dette extérieure - des efforts soutenus de mise en œuvre resteront nécessaires afin de maintenir l'élan des réformes jusqu'à la fin du programme en 2027. Malgré les revers récents, les autorités ont réitéré leur ferme engagement en faveur du programme soutenu par la FEC. Les performances du programme ont été globalement satisfaisantes : trois des cinq critères de réalisation quantitatifs ont été respectés à fin juin 2025, et 13 des 15 repères structurels (RS) prévus entre fin juin et fin décembre 2025 ont également été atteints.

Le programme de réformes économiques des Comores, soutenu par l'accord au titre de la FEC, vise à réduire la fragilité et à renforcer la résilience économique en reconstituant des marges de manœuvre budgétaires, en réduisant les vulnérabilités liées à la dette, en renforçant le secteur financier et en améliorant la gouvernance. Les priorités de politique économique du programme demeurent inchangées et comprennent notamment: (i) la mobilisation des recettes intérieures par des réformes visant à renforcer les administrations fiscale et douanière et à rationaliser les exonérations fiscales; (ii) la stabilisation du secteur financier, notamment par la restructuration de la banque postale publique SNPSF et par le renforcement des capacités de supervision bancaire et de résolution de la Banque centrale; et (iii) le renforcement de la gouvernance à travers des réformes de la gestion des finances publiques et de la lutte contre la corruption.

Les conditions économiques demeurent globalement stables, bien que des risques persistent. La croissance est estimée à 3,8 % en 2025 et devrait s'accélérer pour atteindre 4,1 % en 2026, soutenue par l'investissement public et une reprise progressive du crédit intérieur. L'inflation a continué de reculer en 2025, s'établissant à 1,9 % en glissement annuel en octobre, contre un pic de 7,3 % en mars, sous l'effet de la baisse des prix à l'importation et de l'amélioration des conditions d'offre intérieure. En conséquence, l'inflation moyenne pour 2025 a été révisée à la baisse, passant de 3,8 % à 3,5 %. La consolidation budgétaire a été plus faible que prévue au premier semestre de l'année, principalement en raison de dépenses de transferts non planifiées. Toutefois, un ajustement plus marqué a été programmé pour le dernier trimestre de 2025 et pour 2026, soutenu par des mesures correctives, notamment des mesures de politique fiscale de haute qualité. La position extérieure demeure stable, le déficit du compte courant étant estimé à environ 3,0 % du PIB, tandis que les réserves internationales devraient couvrir plus de 8 mois d'importations en 2025 et rester adéquates à moyen terme.

À l'issue de la discussion du Conseil d'administration, M. Nigel Clarke, Directeur général adjoint et Président par intérim, a fait la déclaration suivante :

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La politique budgétaire demeure axée sur une consolidation fondée sur la mobilisation des recettes afin de réduire les vulnérabilités liées à la dette, tout en préservant l'espace budgétaire nécessaire aux dépenses prioritaires. Les autorités sont déterminées à mettre en œuvre des mesures correctives pour remédier au léger dérapage budgétaire observé en 2025, reposant sur un ensemble de mesures fiscales crédibles visant à ramener la trajectoire de consolidation budgétaire sur la voie programmée. Les mesures destinées à traiter les arriérés, ainsi que les réformes de la gestion des finances publiques visant à renforcer la crédibilité et la transparence budgétaires et à améliorer la gestion de la dette, demeurent essentielles.

La politique monétaire continue d'être ancrée par le régime de change arrimé à l'euro, soutenant la stabilité des prix et la position extérieure. La transition vers des opérations de liquidité à taux fixe et à adjudication intégrale renforcerait la transmission de la politique monétaire et permettrait de mieux ancrer les anticipations. Le renforcement de la supervision et de la réglementation du secteur financier, des plans de résolution, des bilans bancaires, ainsi que de la pleine opérationnalisation de la banque postale (BPC), seront déterminants pour renforcer la stabilité financière.

Les autorités demeurent engagées à renforcer la gouvernance, la transparence et la redevabilité, à améliorer le climat des affaires et à faire face aux risques liés au changement climatique. Les mesures importantes comprennent l'opérationnalisation du cadre de déclaration de patrimoine, la réduction des lacunes du dispositif de LBC/FT, et l'amélioration de la transparence des contrats de passation des marchés publics. Des progrès continus en matière de gouvernance des entreprises publiques et d'administration douanière restent essentiels pour réduire les risques budgétaires et renforcer la supervision du secteur public. Un renforcement de la protection sociale, notamment par une réforme des retraites, contribuerait à atténuer la pauvreté et l'insécurité alimentaire.»

Évaluation du Conseil d'administration[3]

Les Administrateurs ont souscrit aux principales conclusions de l'évaluation des services du FMI. Ils se sont félicités du fait que la reprise a gagné en dynamisme et que la performance du programme a été globalement satisfaisante, avec des progrès dans la mise en œuvre des réformes. Tout en notant les risques baissiers importants pesant sur les perspectives, les Administrateurs ont souligné la nécessité de politiques macroéconomiques prudentes et du maintien d'un élan soutenu des réformes afin d'éviter de nouveaux dérapages, de renforcer la résilience, d'assurer la viabilité de la dette et de générer une croissance plus forte et plus inclusive. La mise en œuvre d'un appui bien ciblé en matière de développement des capacités, fourni par le FMI et les autres partenaires au développement, demeure essentielle.

Soulignant la performance mitigée du programme, les Administrateurs ont salué l'engagement des autorités à corriger les dérapages budgétaires et à mettre en œuvre une consolidation budgétaire afin de réduire les vulnérabilités liées à la dette et de créer des marges pour les dépenses prioritaires. Ils ont accueilli favorablement l'accent mis sur une mobilisation robuste des recettes et ont exhorté les autorités à tirer parti du développement des capacités en cours avec le FMI pour mettre en œuvre rapidement les mesures prévues. Les Administrateurs ont souligné la nécessité d'approfondir les réformes de la gestion des finances publiques afin de renforcer la crédibilité et la transparence budgétaires et d'améliorer la gestion de la dette. Ils ont insisté sur l'importance de mesures visant à résorber les arriérés et à prévenir leur réapparition.

Les Administrateurs ont souligné que la politique monétaire devrait rester fermement ancrée sur le maintien de la stabilité des prix et la préservation de l'ancrage du taux de change. Ils ont indiqué que le renforcement du cadre opérationnel contribuerait à améliorer la gestion de la liquidité et la transmission de la politique monétaire, ainsi qu'à mieux ancrer les anticipations. À cet égard, les Administrateurs ont estimé qu'une transition vers un cadre opérationnel d'absorption par adjudication intégrale à taux fixe serait bénéfique. Ils ont exhorté les autorités à renforcer davantage les cadres de supervision et de régulation du secteur financier et ont souligné la nécessité de finaliser les plans de recapitalisation des banques ainsi que la restructuration de la banque postale. En outre, des mesures visant à renforcer les bilans bancaires et à améliorer le cadre de résolution sont essentielles pour préserver la stabilité financière. Les Administrateurs ont salué les progrès accomplis vers l'établissement d'un marché domestique des titres publics et ont recommandé que toutes les conditions préalables soient remplies avant son lancement.

Les Administrateurs ont souligné le caractère essentiel des réformes visant à améliorer la gouvernance, la transparence et le climat des affaires, ainsi qu'à faire face aux risques liés au changement climatique. Ils ont salué les efforts en cours pour opérationnaliser le cadre de déclaration de patrimoine, renforcer le dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) et accroître la transparence dans les marchés publics. Les Administrateurs ont également insisté sur l'importance de poursuivre l'amélioration de la gouvernance des entreprises publiques et de l'administration des douanes. Notant les niveaux élevés de pauvreté et d'insécurité alimentaire, ils ont souligné la nécessité de renforcer la protection sociale, notamment à travers la réforme des retraites. Ils ont également insisté sur le fait que le renforcement des capacités statistiques est essentiel pour une mise en œuvre efficace des politiques et le suivi du programme.

Il est prévu que la prochaine consultation au titre de l'Article IV avec l'Union des Comores se tienne conformément à la décision du Conseil d'administration relative aux cycles de consultation pour les pays ayant un arrangement avec le FMI.

Comores : Principaux Indicateurs Economiques (2024-27)

Population (2018, en milliers) : 856

Principaux produits et exportations : Clous de girofle, ylang-ylang, vanille

Principaux marchés d'exportation : Asie, Union européenne

2024

2025

2026

2027

Act.

proj.

proj.

proj.

Production

Croissance du PIB réel (en %)

3.3

3.8

4.1

4.1

Emploi

Chômage (en %)

s.o.

s.o.

s.o.

s.o.

Prix

Inflation, moyenne de la période (en %)

5.0

3.5

2.4

2.1

Finances de l'administration centrale

Recettes et dons (en % du PIB)

16.5

17.2

17.4

16.8

Dépenses (en % du PIB)

19.1

19.5

18.9

18.6

Solde budgétaire (en % du PIB)

-3.3

-2.3

-1.4

-1.9

Dette publique (en % du PIB)

35.1

32.9

34.1

34.3

Monnaie et crédit

Monnaie au sens large (variation en %)

5.1

6.0

5.5

7.0

Crédit au secteur privé (variation en %)

1.6

9.7

5.6

5.4

Balance des paiements

Compte des transactions courantes (en % du PIB)

-2.3

-3.0

-3.1

-3.7

IDE (en % du PIB)

0.4

0.6

0.6

0.6

Réserves (en mois d'importations)

7.0

8.4

9.3

10.0

Dette extérieure (en % du PIB)

28.2

27.0

29.1

30.2

Taux de change

KMF/USD (moyenne de la période)

454.7

Sources : autorités nationales ; estimations des services du FMI.

[1] En vertu de l'article IV des Statuts du FMI, le FMI mène des consultations bilatérales avec ses pays membres, généralement chaque année. Une mission des services se rend dans le pays, recueille des informations économiques et financières et s'entretient avec les autorités des évolutions économiques et des politiques menées. À son retour au siège, les services établissent un rapport qui sert de base aux discussions du Conseil d'administration.

[2] Conformément aux Statuts du FMI, la publication des documents relatifs aux pays membres est volontaire et requiert le consentement du pays membre. Le rapport des services sera publié prochainement sur la page www.imf.org/comoros.

[3] À l'issue de la discussion, le Directeur général, en sa qualité de Président du Conseil d'administration, résume les points de vue des Administrateurs, et ce résumé est transmis aux autorités du pays. Une explication des qualificatifs utilisés dans les conclusions figure à l'adresse suivante:

http://www.imf.org/external/np/sec/misc/qualifiers.htm

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