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03/11/2026 | Press release | Distributed by Public on 03/11/2026 14:47

Comment renforcer les cadres de protection juridique et défendre des droits humains des femmes âgées, s’interroge la Commission de la condition de la femme

Soixante-dixième session
6e séance plénière - matin
FEM/2251*
11 mars 2026

Comment renforcer les cadres de protection juridique et défendre des droits humains des femmes âgées, s'interroge la Commission de la condition de la femme

Ce matin, la Commission de la condition de la femme a tenu la deuxième table ronde ministérielle de sa session annuelle, les délégations devant réfléchir à comment « réaliser l'égalité des genres et l'autonomisation de toutes les femmes âgées ». Alors que le nombre de personnes âgées de 60 ans ou plus devrait quasiment doubler d'ici à 2050, passant de 1,2 milliard à 2,1 milliards, les ministres et hauts dignitaires d'États Membres ont recherché dans quelle mesure les changements démographiques, la transformation des structures familiales et l'allongement de l'espérance de vie redéfinissent les conditions pouvant permettre d'atteindre l'égalité des genres.

Près d'un quart des femmes dans le monde devraient être âgées de 60 ans ou plus d'ici à 2050, mais l'âgisme et le sexisme se conjuguent pour marginaliser les femmes âgées et les exclure des processus décisionnels et de la vie de la collectivité, ce qui renforce l'impression erronée de dépendance, constate l'ONU.

Les pensions de retraite plus ou moins inégalitaires selon les pays

La problématique des disparités entre les pensions de retraite perçues par les hommes et les femmes âgées a été résumée par les propos de la déléguée de la Suisse. En effet, dans le pays, les femmes gagnent 40% de moins que les hommes durant leur vie active, un écart qui se répercute durant la retraite avec des pensions plus basses chez ces dernières. Et en plus, elles ont consacré une bonne partie de leur vie d'adulte à des soins prodigués à leur proches.

Une réalité que connaissent aussi les Suédoises, qui reçoivent 74% des pensions que les hommes perçoivent chaque mois. Cela est dû au temps qu'elles ont consacré à la prise en charge des proches au cours de leur vie active, a expliqué la délégation.

En Slovaquie, les disparités de pensions entre les sexes est désormais un triste souvenir. Le Gouvernement a pris des mesures pour équilibrer les revenus des hommes et des femmes en tenant compte des heures de travail accumulées par les femmes dans les soins. Dans la même veine, et « afin de bâtir une société basée sur la résilience et la solidarité », l'Allemagne a mis sur pied des pensions pour des femmes qui ont consacré leur vie à prendre soin des proches.

Au Canada, six provinces ont pris des mesures concrètes pour garantir l'égalité salariale entre les sexes afin de combattre les disparités de pensions. Pour rattraper le retard des salaires durant la vie active, Israël a eu l'idée de permettre aux femmes de prendre leur retraite à 65 ans au lieu de 62 ans, afin qu'elles puissent compléter leurs cotisations et parvenir à des pensions égales à celles des hommes.

Le Kenya a, lui, mis en place des transferts d'argent du Gouvernement qui sont versés chaque mois à près de 740 000 femmes âgées, alors que la Nouvelle-Zélande travaille sur l'accès équitable aux connaissances financières et veille à mieux préparer les femmes à la retraite. D'ailleurs, les autorités ont constaté que les économies engrangées durant leur vie active représentent les trois quarts de celles des hommes. La situation est similaire en République dominicaine où les femmes passent la majeure de leur vie active dans le secteur informel.

Des soins de santé mieux ajustés

Alors que l'on constate une féminisation de la pauvreté au cours de la vieillesse, certaines délégations ont estimé essentiel de mettre en place des politiques qui reconnaissent le rôle des femmes dans la prestation de soins. Mais pour leur part, malheureusement, elles souffrent de soins inadéquats et de négligence. Pour y remédier, certains pays ont instauré des initiatives comme des services dédiés à la santé des femmes âgées.

La Norvège a reconnu les difficultés rencontrées pour la prise en charge sanitaire de ces femmes et a par conséquent commandé une étude sur la santé des femmes pour remédier au manque de données en la matière. Singapour a, pour sa part, indiqué avoir ouvert 200 centres destinés aux soins aux femmes âgées, tandis que Cuba a assuré accorder une attention particulière à cette tranche de la population en dépit de la pénurie de médicaments due au blocus des États-Unis.

Renforcer les cadres juridiques et les instances spécialisées

Les efforts consacrés aux femmes âgées doivent être ancrés dans le droit, comme en Ouzbékistan où la nouvelle Constitution garantit une protection à tous les citoyens, dont les femmes âgées. La Constitution algérienne de 2020 a aussi été donnée en exemple car elle a également pris en compte la protection des plus de 65 ans.

La Mongolie a, elle, renforcé son cadre juridique afin de mieux protéger les personnes âgées contre l'exploitation et la violence. Dans la même ligne, le législateur de l'Azerbaïdjan a aboli la disposition légale qui suggérait une possible conciliation entre les femmes victimes de violences et les auteurs. De plus, dans certains pays, comme la Serbie, « 75% des femmes âgées victimes de violences ne le signalent pas aux autorités ».

C'est pourquoi de nombreux États ont pris diverses mesures afin de briser le silence autour de la violence sexiste des personnes âgées. El Salvador a, pour sa part, instauré à la Cour suprême un service dédié aux affaires relatives aux personnes âgées afin d'ajuster la jurisprudence.

Au Rwanda, un forum consultatif des aînés a été mis en place. Cette plateforme permet d'entendre des citoyens expérimentés de plus de 70 ans partager leurs idées sur les grandes priorités du développement socioéconomique, a expliqué la Présidente rwandaise de la table ronde.

Au-delà de ces initiatives spécifiques des États, des discussions en cours au Conseil des droits de l'homme ont été évoquées. Elles visent à renforcer les cadres de protection juridique et à défendre les droits humains des personnes âgées, notamment en envisageant la mise en place d'un instrument juridiquement contraignant.

Des données ventilées pour une meilleure protection

D'autres problèmes concrets affectant davantage les femmes âgées que les jeunes ont été discutés. Au Mali, par exemple, les femmes déplacées par les conflits ont de la peine à accéder aux terres pour les activités agraires à cause des pesanteurs culturelles. Au Libéria heureusement, la loi foncière de 2018 dispose que les femmes peuvent désormais hériter des terres et en acquérir. En Ukraine les femmes représentent près de 60% des déplacés et réfugiés, les femmes âgées souffrant encore plus de la situation, et celles restant dans le pays font face à l'insécurité et la détresse psychologique.

En Somalie, il y a un problème de visibilité pour des femmes âgées, mais les données pour comprendre le problème sont pratiquement inexistantes. Pour y remédier, certains ministres ont évoqué l'inclusion numérique. Oman y accorde une place centrale en facilitant l'accès aux technologies numériques pour les personnes âgées.

Pour maintes délégations, la solution passe par des données et les éléments factuels ventilés par genre et par âge afin d'éclairer l'élaboration de politiques inclusives. C'est le cas du Japon. Depuis 2022, les entreprises y sont obligées de renforcer la transparence des données en publiant les écarts de salaires entre les genres.

La Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), Mme Diene Keita, a remarqué que la discussion de ce matin a mis en exergue l'importance des données, notamment quand elles sont ventilées par âge et genre. « Nous devons travailler pour nous assurer que chaque femme, à tout âge, puisse compter et être comptée. »

Retrouvez les délibérations sur: EN DIRECT: 70e session de la Commission de la condition de la femme

* En raison de la crise de liquidités qui affecte l'Organisation des Nations Unies, la Section des communiqués de presse n'a pas pu couvrir les 4e et 5e séances plénières.

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