05/07/2026 | News release | Archived content
La 34e édition du prix Reporters sans frontières (RSF) pour la liberté de la presse se déroulera le 1er Juin au palais du Pharo à Marseille, en France, à l'occasion de la 77e édition du Congrès mondial des médias d'information. Dans le cadre de ce rendez-vous international, co-organisé par la WAN-IFRA et CMA Media, 26 journalistes, photographes, défenseurs de la liberté de la presse et médias du monde entier seront mis à l'honneur et concourront au prix RSF dans cinq catégories : les prix du courage, de l'impact, de l'indépendance, de la photo Lucas Dolega-SAIF et du journalisme d'investigation africain RSF-Mohamed Maïga.
Le 1er Juin prochain, la cérémonie de remise des prix RSF pour la liberté de la presse se tiendra à Marseille, au palais du Pharo, dans le cadre du 77e Congrès mondial des médias d'information, coorganisé par la WAN-IFRA et CMA Media.
Lors de ce rendez-vous majeur, qui rassemblera des médias du monde entier pour réfléchir, entre autres, au futur du journalisme, le prix RSF rendra hommage aux héros et héroïnes de l'information. Sont en lice, cette année, 19 journalistes et photojournalistes, cinq médias, un défenseur du droit à l'information et un collectif de défense des journalistes de 25 pays différents. Ils seront mis à l'honneur pour leur importante contribution à la défense et à la promotion de la liberté de la presse dans le monde et concourent dans cinq catégories : les prix du courage, de l'impact, de l'indépendance, mais aussi, depuis 2023, de la photo Lucas Dolega-SAIF et, depuis 2024, du journalisme d'investigation africain RSF-Mohamed Maïga.
Le prix du courage récompense un journaliste, un média ou une organisation qui a fait preuve de courage dans l'exercice, la défense ou la promotion du journalisme, dans un environnement hostile et en dépit du danger pour sa liberté ou sa sécurité.
Elnaz Mohammadi (Iran)
La journaliste iranienne incarne un courage exceptionnel face à la répression systématique de la liberté de la presse en Iran. Responsable du desk société au sein du journal réformiste Han-Mihan - suspendu en 2026 par le régime pour sa couverture des manifestations dans le pays -, elle a joué un rôle crucial pour mettre en lumière les conséquences sociales du mouvement "Femmes, vie liberté" qui a suivi la mort de Mahsa Amini en 2022. En février 2023, elle a été arrêtée et condamnée à trois ans de prison, en représailles de son travail journalistique, ciblée pour avoir donné la parole au peuple, comme sa sœur jumelle Elaheh Mohammadi. Malgré le harcèlement judiciaire, l'emprisonnement et sa démission forcée, la journaliste a continué à travailler et à défendre le droit à l'information.
Sai Zaw Thaike (Birmanie)
Le photojournaliste, qui documente les violations des droits humains en Birmanie depuis 2012, figurait parmi les journalistes les plus menacés à la suite du coup d'État militaire de 2021. Malgré les risques, il a choisi de rester pour continuer à documenter la répression violente menée par la junte. Contraint de se déplacer sans cesse et de vivre dans la clandestinité, il risquait d'être arrêté à chaque instant. En mai 2023, lors d'un des cyclones les plus puissants jamais enregistrés dans le pays, le photojournaliste s'est rendu dans l'État de Rakhine dans l'ouest du pays pour rendre compte des ravages. Il a alors été arrêté puis condamné par un tribunal militaire à 20 ans d'emprisonnement avec travaux forcés. Il est actuellement détenu à la tristement célèbre prison d'Insein, à Yangon, où il est torturé par les autorités pénitentiaires.
Carlos Correa (Venezuela)
Fervent défenseur du droit à l'information au Venezuela, le directeur d'Espacio Público, ONG de défense de la liberté de la presse et des droits humains, a été victime d'une disparition forcée en 2025. Enlevé à Caracas, il a été détenu au secret pendant plusieurs jours, avant d'être libéré sous la pression internationale. Son cas est devenu emblématique de la répression croissante envers les journalistes et les défenseurs de la liberté de la presse dans le pays, mettant en évidence le recours à la détention arbitraire et à la disparition forcée comme moyens d'intimidation. Malgré cela, Carlos Correa poursuit son travail de documentation de la censure et des attaques contre la presse.
Edmond Sassine (Liban)
Ce journaliste libanais de Al-Araby TV et anciennement de la chaîne LBCI, est connu pour son travail au plus près des combats. Il couvre sans relâche les conséquences de la guerre avec Israël depuis son déclenchement au Liban en 2026 et reste en première ligne, face caméra, avec son gilet de presse et son casque, pour raconter au monde ce qui se passe. Le 13 octobre 2023, il se trouvait à une vingtaine de mètres lorsqu'une frappe a visé un groupe de journalistes, blessant plusieurs de ses confrères et tuant Issam Abdallah, journaliste de l'agence Reuters.
Georgia Fort et Don Lemon (États-Unis)
La journaliste indépendante, qui occupe le poste de vice-présidente de la section locale de l'Association nationale des journalistes noirs, et le journaliste indépendant, ancien présentateur de CNN, ont été arrêtés pour avoir couvert une manifestation contre le service de l'immigration et des douanes des États-Unis (ICE) dans une église dans le Minnesota. Alors qu'ils filmaient et interviewaient manifestants et fidèles, ils ont été interpellés puis inculpés, aux côtés des premiers, en vertu d'une loi, dévoyée ici, et destinée originellement à protéger les cliniques de santé reproductive contre des attaques violentes. Combatifs face à cette violation flagrante de la liberté de la presse, Georgia Fort et Don Lemon ont continué à couvrir l'actualité et l'action de l'administration Trump. Don Lemon a été la cible d'attaques en ligne de la part de responsables de l'administration et d'influenceurs pro-Trump.
Le prix de l'impact récompense un journaliste, un média ou une organisation dont le travail a permis une amélioration concrète pour la liberté, l'indépendance et le pluralisme du journalisme ou une prise de conscience sur ce sujet.
La rédaction de la radio Elle FM (RDC)
Créée en 2022 à Goma en République démocratique du congo (RDC), la radio ELLE FM cémet dans les provinces du Kivu. Elle diffuse des contenus principalement en lien avec les droits des femmes. La radio a notamment diffusé plusieurs enquêtes dénonçant les abus sexuels dans les écoles, contribuant à la demande de justice des victimes. L'équipe qui compte dix journalistes a aussi réalisé des magazines de sensibilisation et de mobilisation communautaires sur le genre et la prévention de la violence sexuelle dans les écoles, des spots éducatifs sur des instruments nationaux et internationaux de lutte contre les violences et les abus sexuels et destables rondes sur la prise en charge psychosociale des victimes de telles violences.
Ziarul de Garda (Moldavie)
Ce média d'investigation indépendant joue un rôle crucial dans la protection de l'espace informationnel moldave face aux ingérences étrangères. À l'approche des élections législatives de septembre 2025, sa rédaction a révélé l'existence d'une "armée numérique" de faux comptes diffusant de la propagande pro-Kremlin pour influencer le scrutin. Cette enquête majeure a permis de mettre au jour un vaste dispositif de manipulation de l'opinion et d'alerter citoyens, autorités et partenaires internationaux sur l'ampleur des ingérences informationnelles visant la démocratie moldave. Malgré les campagnes de discrédit et les intimidations politiques, dont des menaces directes, l'équipe poursuit son travail avec détermination. Dans un contexte marqué par la désinformation, Ziarul de Garda incarne un journalisme d'intérêt public essentiel à la démocratie.
Alt News (Inde)
Ce média de fact checking a été fondé en 2017 par Mohammed Zubair et Pratik Sinha pour contrer la menace croissante des fake news en Inde. Une mission de haute voltige dans un pays devenu une plaque tournante mondiale de la désinformation, et où une grande partie des fausses informations diffusées proviennent de réseaux affiliés à l'idéologie suprémaciste hindoue (hindutva), proches du parti au pouvoir, le BJP (Bharatiya Janata Party). Avec une équipe de 15 personnes réparties entre ses deux bureaux, à Ahmedabad et à Calcutta, le média, organisation à but non lucratif seulement financée par des dons provenant d'Inde, est en première ligne pour dénoncer les discours et crimes de haine.
Carlitos Cadangue (Mozambique)
Ce journaliste de la chaîne privée Soico Televisao (STV) à Chimoio, au centre du pays, enquête depuis trois ans sur les effets dévastateurs de l'extraction minière illégale, entre autres la pollution, les récoltes perdues et les risques pour la santé. Alors que son travail gagne en visibilité, les autorités réagissent. Le 30 septembre 2025, Maputo suspend l'activité minière dans la province. À partir de cette date, plusieurs entreprises contactent le journaliste sur un ton menaçant, l'accusant d'être à l'origine de l'arrêt de leurs activités en raison de ses reportages. Le journaliste, qui découvre que certaines entreprises continuent malgré tout de fonctionner, reçoit des avertissements, jusqu'à des menaces directes de la part de dirigeants locaux. Il échappe à une tentative d'assassinat le 4 février 2026.
Collectif Ave Fénix (Mexique)
Le collectif Ave Fénix est un groupe fondé entre 2023 et 2024 à Veracruz par des proches de journalistes tués ou disparus, en réponse à la violence persistante contre la presse au Mexique. Il soutient les familles de victimes en quête de justice, à travers des temps de soutien psychologique, des formations juridiques ainsi qu'un suivi collectif des dossiers de leurs proches disparus ou tués. Il organise également des hommages afin de maintenir vivantes les histoires de ces journalistes. En transformant le deuil en action collective, le groupe met en lumière l'impunité entourant ces crimes et le coût humain des attaques contre le journalisme, illustrant ainsi l'impact de la mobilisation citoyenne dans la défense de la liberté de la presse.
Le prix de l'indépendance récompense un journaliste, un média ou une organisation pour sa résistance aux pressions (financières, politiques, économiques, religieuses, etc) ou les valeurs et les règles qui lui permettent d'y résister (refus des conflits d'intérêts, résistance à la mainmise économique).
Syrian Investigative Reporting for Accountability Journalism (SIRAJ) (Syrie)
Depuis 2017, ce média indépendant enquête sur les violations commises par le régime Assad et ses alliés en Syrie. Il a notamment publié, en 2022, une enquête sur le trafic illégal de phosphate de la Syrie vers l'Europe, au profit d'une société russe proche de Vladimir Poutine. Après la chute de Bachar al-Assad, le média ne cède toujours à aucune pression et, grâce à ses enquêtes, contribue à rendre la justice possible aujourd'hui.
Leila Saralaeva (Kirghizistan)
Journaliste d'investigation reconnue et correspondante de RSF, Leila Saralaeva documente depuis plus de vingt ans les évolutions politiques du Kirghizistan. Après avoir travaillé pour de grands médias internationaux, elle a fondé le média indépendant Novye Litsa et poursuit aujourd'hui son travail d'analyse et d'enquête en ligne. Alors que le pays connaît un recul rapide de la liberté de la presse, ses articles lui ont valu pressions et poursuites judiciaires, la forçant à l'exil. Malgré ces obstacles, elle continue de documenter les dérives du pouvoir et de défendre le journalisme indépendant kirghiz, incarnant une voix déterminée face au rétrécissement de l'espace médiatique.
Julia Mengolini (Argentine)
Journaliste et fondatrice du média indépendant Futurock, elle a été la cible d'une campagne d'intimidation de grande ampleur en 2025 : diffusion de contenus pornographiques truqués (deepfakes), menaces de mort et de violences sexuelles, harcèlement en ligne, ainsi que des poursuites pour diffamation engagées par le président de la république Javier Milei - une affaire toujours en cours qui pourrait aller jusqu'au procès. Son cas est devenu emblématique de l'escalade des attaques contre les professionnels de l'information dans le pays. Malgré ce harcèlement persistant, elle continue de s'exprimer publiquement et de poursuivre son travail journalistique. Son cas a contribué à mettre en lumière les mécanismes d'intimidation coordonnée visant la presse et illustre le rôle du journalisme dans la lutte contre les menaces systémiques à la liberté d'informer.
Maryam Naibkhil (Afghanistan)
La journaliste a été présentatrice puis reporter pour la chaîne de télévision Zan TV, média fait par et pour les femmes, dont la diffusion a été suspendue après le retour des talibans en 2021. Malgré les risques, Maryam Naibkhil a repris la direction du média, en ligne, et a couvert en 2022 plusieurs sujets considérés comme "sensibles" par les talibans, notamment sur les questions de genre. Craignant pour sa sécurité, la journaliste a finalement dû se réfugier au Pakistan puis en France, d'où elle poursuit, en exil, son travail pour Zan TV. Malgré de nombreuses menaces et tentatives d'intimidation, elle a toujours maintenu sa ligne sans compromis à l'égard des talibans et de leur politique.
The Daily Star (Bangladesh)
Fondé en 1991, alors que le Bangladesh s'engageait dans la démocratie parlementaire, il s'est imposé comme l'un des journaux indépendants en langue anglaise les plus lus du pays, sous la direction de Mahfuz Anam. Il s'est toujours efforcé de défendre un journalisme progressiste et factuel, et a mené de nombreux projets d'investigation. La Première ministre Sheikh Hasina, aujourd'hui destituée, l'a régulièrement critiqué et a tenté de le faire fermer, notamment par des pressions financières. Ses journalistes ont également été la cible de pressions en raison de leurs reportages critiques sur la corruption du gouvernement à différentes époques. En décembre 2025, le journal a été attaqué par une foule qui a incendié le bâtiment et pillé les locaux.
Le prix du journalisme d'investigation africain RSF-Mohamed Maïga récompense un journaliste africain pour son travail exemplaire d'investigation travaillant sur des thèmes chers au journaliste malien à qui le prix rend hommage, Mohamed Maïga, comme les droits humains, l'environnement ou encore l'éducation et le droit à l'information.
Gazali Abdou Tasawa (Niger)
Gazali Abdou Tasawa est correspondant de Deutsche Welle (DW) au Niger depuis près de 15 ans. En 2025, il a été convoqué par les autorités six jours après avoir réalisé un reportage en langue haoussa, diffusé par DW, sur les conditions de vie des migrants et réfugiés nigérians dans la capitale nigérienne, Niamey. Ce reportage donnait la parole à des dizaines de personnes, en grande majorité des femmes et des enfants, dont certaines avaient fui les attaques du groupe jihadiste Boko Haram au Nigeria. Le 7 mai 2026, après plusieurs mois de détention, le journaliste a été remis en "liberté provisoire", d'après la télévision locale nigérienne Gaskia.
Hugues Comlan Sossoukpè (Bénin)
Directeur du média d'investigation béninois Olofofo, connu pour ses enquêtes sur les autorités béninoises, le journaliste, réfugié au Togo depuis 2021, est enfermé, en raison de son travail à Cotonou depuis juillet 2025. Alors qu'il était en mission en Côte d'ivoire, invité à Abidjan par les autorités du pays pour couvrir un salon régional consacré à l'innovation numérique, il a été interpellé, au deuxième jour de son séjour, le 10 juillet 2025, par des policiers. Il a été enlevé, selon une enquête de RSF, puis transféré directement à Cotonou (Bénin), où il est toujours détenu.
Habib Marouane Camara (Guinée)
Le journaliste, administrateur général du site d'information Le Révélateur 224, aurait été enlevé le 3 décembre 2024 par des hommes armés portant des uniformes de la gendarmerie guinéenne, alors qu'il se trouvait dans sa voiture avec un collègue. Il a été extrait de force du véhicule, puis frappé à coups de matraque jusqu'à perdre connaissance, avant d'être conduit vers une destination inconnue. Selon RSF, il faisait l'objet d'une surveillance des autorités avant sa disparition; Les autorités, elles, nient toujours être responsables de son enlèvement. À ce jour, il est toujours porté disparu.
Fati Amadou Ali (Niger)
Fati Amadou Ali, directrice de La Voix de la Tapoa dans le sud-ouest du Niger, couvre les inégalités et les violences fondées sur le genre malgré les difficultés que cela implique dans un contexte sécuritaire totalement dégradé, en donnant autant que possible la parole aux victimes. Dans un documentaire de RSF, elle raconte le double combat d'être une femme journaliste dans une zone à risque, entre réunions nocturnes, normes sociales défavorables et harcèlement quotidien.
Honneur-David Safari (RDC)
Le rédacteur en chef du groupe de presse La Prunelle RDC a été enlevé le 28 décembre 2025 à Bukavu, capitale de la province orientale du Sud-Kivu. Le 31 décembre, il a été retrouvé dans un état préoccupant, dans un terrain vague près de Nyantende, dans le territoire de Kabare. Il aurait été détenu par l'AFC/M23, la coalition armée qui contrôle Bukavu depuis février 2025 - ce que ses représentants contestent. Depuis la prise de la ville, Honneur-David Safari continue de travailler de manière indépendante et impartiale, donnant la parole aux civils dans les villes de Goma, Bukavu et Uvira.
Abdul Hakim Abu Riash (Palestine)
Gaza's Agony: War, Hunger, and Loss (Gaza, 2025)
Dans cette série, Gaza's Agony: War, Hunger, and Loss, ("L'agonie de Gaza: guerre, famine et deuil") réalisée à Gaza en 2025, le photojournaliste montre la crise humanitaire qui déchire l'enclave palestinienne, marquée par des bombardements de l'armée israélienne, des hôpitaux débordés et une grave crise alimentaire, où les secours poursuivent leurs recherches de personnes disparues dans les décombres malgré le manque de moyens.
Adrienne Surprenant (Canada)
Exiled in Haftar's Libya (Libye, 2025)
À travers Exiled in Haftar's Libya ("En exil dans la Libye de Haftar") réalisée en 2025 en Libye, la photojournaliste Adrienne Surprenant documente l'exil de centaines de milliers de Soudanais en Libye depuis le début de la guerre au Soudan en avril 2023, où ils vivent dans des conditions précaires entre camps insalubres, violence et parfois la détention par les autorités libyennes.
Arthur Larie (France)
Escaping Darfur Chaos (Soudan, 2026)
À la frontière entre le Tchad et le Soudan, le photojournaliste a réalisé la série Escaping Darfur Chaos ("Échapper au chaos du Darfour") qui documente l'exode de dizaines de milliers de Darfouris après le massacre d'El Fasher en 2025 et la poursuite des violences des Forces de soutien rapide. Elle met en lumière l'ampleur de la crise et les conditions de survie dans les camps de réfugiés au Tchad, où des populations déjà touchées par des décennies de conflit vivent dans une précarité extrême.
Diego Herrera (Espagne)
Donbass, bleeding behind the slagheaps (Ukraine, 2025-2026)
Dans sa série Donbass, bleeding behind the slagheaps ("Le Donbass, une région en sang derrière les terrils") le photojournaliste montre la vie des civils confrontés à la reprise intensive des combats depuis 2022 dans cette région, où la population doit fuir sous les bombardements et l'intensification récente des attaques, notamment par drones, sur les villes telles que Kostiantynivka, Droujkivka et Sloviansk.
Mustafa Bilge Satkin (Turquie)
After the Disappearance (Syria, 2026)
Cette série photographique réalisée en Syrie, documente la vie dans un pays marqué par plus d'une décennie de guerre, des destructions massives et des déplacements de populations. Elle explore la vie dans un territoire en transition politique qui, malgré les ruines et l'incertitude, voit un retour progressif de ses habitants.
Samir Maouche (Mali)
It's Azawad, not Mali (Mali, 2025)
La série It's Azawad not Mali ("C'est l'Azawad, pas le Mali") a été réalisée clandestinement à Tinzaouatène, dans le nord du Mali, et documente le quotidien des populations touarègues et des jeunes combattants engagés dans la lutte pour l'indépendance de l'Azawad. Elle montre une région du Sahel extrêmement dangereuse, marquée par la présence de groupes armés, où la guerre façonne la vie quotidienne de jeunes combattants.
Valentina Sinis (Italie)
The Third Butterflies (Bashur, Irak, 2026)
The Third Butterflies ("Les troisièmes papillons") est une série réalisée à la frontière irano-irakienne, au sein d'une unité féminine du Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK), documentant la vie de combattantes kurdes engagées dans une lutte militaire et politique dans un contexte de fortes tensions régionales. La nuit, les combattantes racontent souvent : trois papillons aperçoivent un feu au loin. Le premier s'approche puis revient, disant que c'est de la lumière. Le second revient en disant que c'est chaud. Le troisième vole de plus en plus près jusqu'à se dissoudre dans la flamme. Il ne revient jamais. "Pour atteindre la vérité, dit une combattante, il faut être prêt à devenir le troisième papillon."
Le jury de cette 34e édition est composé d'éminents journalistes, de défenseurs de la liberté de la presse et de photojournalistes du monde entier : Rana Ayyub, journaliste indienne et chroniqueuse d'opinion au Washington Post ; Raphaëlle Bacqué, grand reporter française au journal Le Monde ; Mazen Darwish, avocat syrien et président du Centre syrien pour les médias et la liberté d'expression ; Zaina Erhaim, journaliste syrienne et consultante en communication ; Arnaud Février, représentant de La SAIF ; Erick Kabendera, journaliste d'investigation tanzanien ; Hamid Mir, rédacteur en chef, chroniqueur et écrivain ; Frederik Obermaier, journaliste d'investigation pour le journal munichois Süddeutsche Zeitung ; Mikhail Zygar, journaliste et rédacteur en chef fondateur de la seule chaîne de télévision indépendante russe, Dozhd ; Mbaye Diouf, représentant du prix du journalisme d'investigation africain RSF-Mohamed Maïga ; Gaël Turine, lauréat de l'édition 2024 du prix Photo Lucas Dolega-SAIF ; Robin Tutenges, lauréat de l'édition 2024 du prix Photo Lucas Dolega-SAIF ; Sadibou Marong, responsable du bureau Afrique de RSF. Les travaux du jury ont été dirigés par le président de RSF, le journaliste et chroniqueur français Pierre Haski.
MAJ : Cet article a été mis à jour lundi 11 mai. Le média pour lequel travaille Edmond Sassine estAl-Araby TV.